Vaccination contre le Covid-19 : Encore du chemin à parcourir !

Des populations toujours réticentes à se faire vacciner, malgré les nombreux appels et invites du gouvernement et de ses partenaires au développement. Les dernières statistiques rendues publiques sont assez explicites de cette situation. Témoin oculaire d’une scène qui illustre cette réticence, nous la partageons avec vous. 

Dans ce mois de jeûne musulman, les bonnes actions ou encore de charité se multiplient au bénéfice des populations les plus démunies. Dans l’objectif de rencontrer l’un de ces bienfaiteurs, nous sommes témoin d’une scène digne d’un « harcèlement ».

En effet, il est 08h30 et le soleil commence à poindre à l’horizon lorsque nous arrivons chez notre bienfaiteur. Sur les lieux, plusieurs femmes, des enfants, certainement des Personnes déplacées internes (PDI). Quand nous allons aux nouvelles, l’on nous retorque qu’elles attendent le « Naaba ».

Vu que c’est le même personnage que nous devons rencontrer, nous décidons de prendre place sur un banc non loin du lieu. Pour ne pas trop sentir le temps passer, nous faisons comme presque tout le monde : à l’assaut de notre smartphone, direction les réseaux sociaux.

Surprise !

Après plusieurs minutes, toujours pas de présence du « Naaba ». Gouttes de sueur, yeux larmoyants et flous, la fatigue commence à se faire sentir. Hop ! Nous voilà sur pieds et les va-et-vient s’enchainent.

C’est dans ce mouvement que surgissent deux hommes, juchés sur une moto, avec à l’arrière le fond rouge, indice qui montre qu’il s’agit d’un bien de l’Etat. Omettant les civilités, ils nous dépassent après avoir garé leur engin non loin de nous. L’un d’eux se dirigent vers le groupe de femmes venus pour bénéficier des bienfaits.

Un échange s’ensuit. Et, à la question de savoir si elles sont vaccinées contre le COVID19, les femmes répondent par la négative. Elles opposent également un non, en dépit de l’insistance de leur interlocuteur à se faire vacciner. Cet « harcèlement » se poursuit avec un autre groupe de femmes, à quelques mètres seulement du premier groupe.

Notre « agent de santé » essuie le même refus. Il retrouve alors son binôme, toujours assis à l’ombre. De cette nouvelle position, la quête continue. Sont maintenant visés, les commerçants ambulants et les piétons. Tous, comme s’ils se sont concertés, refusent la vaccination qui leur est proposée. Après une quinzaine de minutes dans cet exercice, le binôme décide de repartir, certainement vers d’autres populations.

   Et pourtant !

Et pourtant… ! Nécessité de se faire vacciner, avantages de la vaccination, qualité des vaccins utilisés sont entre autres arguments mis en avant par le gouvernement pour avoir l’adhésion des populations à la vaccination contre le Covid-19. Plusieurs mois après le lancement officiel de ladite vaccination, les premières autorités sanitaires sont encore loin de leurs objectifs en termes de populations vaccinées.

Pour y remédier, elles n’hésitent pas de mettre à contribution les partenaires sociaux, notamment les Organisations de la société civile (OSC), le secteur privé, les leaders religieux et coutumiers. Mais au bout du compte, toujours loin des statistiques escomptées. Ce qui signifie que tout le monde n’est pas vacciné.

Le COVID19 éradiqué ?

Au cours d’un atelier de plaidoyer avec les OSC œuvrant pour la santé de la population pour un engagement contre le covid19, le 22 février 2022, Issa Ouédraogo, le Directeur de la prévention par la vaccination, affirme que plus de 2 millions de personnes ont été vaccinées contre 11 millions, soit un taux de moins de 10 % au Burkina à ce jour.

Peut-être aussi que c’est dû à la baisse des cas de contamination ces derniers mois, puisqu’il y a même de moins en moins de communication autour des statistiques journalières ou hebdomadaires publiées par les autorités sanitaires…

Mais en tout  état de cause, les mesures barrières sont également de moins en moins respectées dans les villes et campagnes. Même au niveau international, l’on entend parler moins des ravages du COVID19, surtout depuis la crise Russie-Ukraine. La maladie a-t-elle été déclarée éradiquée dans le monde ?

Tambi Serge Pacôme ZONGO 

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