Terrorisme au Burkina : « Loin de la capitale, il se passe des choses dramatiques dont malheureusement la solution est à Ouaga » (ressortissants du Bam)

Des ressortissants des neuf communes de la province du Bam, région du Centre-nord, donnent, une fois de plus, de la voix face à la dégradation de la situation sécuritaire dans la localité (située à environ 110 km au nord de Ouagadougou). Regroupés au sein du mouvement « Bam Fâagre » ou « le salut du Bam », ils ont animé, ce mardi 26 avril 2022 à Ouagadougou, une conférence de presse sur la préoccupation.

C’est en nombre important de ressortissants, dans cette vaste cour de la Bourse du travail de Ouagadougou, que les animateurs de la conférence ont porté et exprimé le cri de détresse des populations de cette contrée du pays, à la lisière de la région du Sahel. Elle est l’une des régions les plus touchées par le phénomène terroriste. Cette sortie fait suite à celle de ressortissants de Namsiguia, un des villages de la province, sur les rudes épreuves subies par les habitants du fait des attaques terroristes. Namsiguia, situé dans la commune de Bourzanga, a fini par ployer l’échine, après plusieurs années de résistance et de sacrifices suprêmes (des pertes en vies humaines de volontaires pour la défense de la patrie).

« Loin de la capitale, il se passe des choses dramatiques dont malheureusement la solution est à Ouaga et nulle part ailleurs qu’à Ouaga qui est le centre et le cœur du pouvoir. (…). Le sentiment des fils et filles du Bam aujourd’hui est que la province a été abandonnée et se meurt et après la chute des villages qui ont beaucoup résisté à l’image de Namsiguia, Kanrgo pour ne citer que ceux-là, ce sentiment s’est légitimement renforcé. (…). Sur le tronçon Kongoussi- Bourzanga et aux alentours, les HANI (hommes armés non identifiés, ndlr) font des raids, procèdent à des contrôles de routine, jubilent sur la route nationale. Les multiples alertes ne reçoivent pas les réponses qu’il faut et la population, la mort dans l’âme, doit abandonner sa terre pour d’autres horizons. Comment comprendre que la périphérie de la ville de Kongoussi (chef-lieu de la province du Bam, ndlr) soit attaquée sans aucune intervention des FDS (Forces de défense et de sécurité) de 05h00 à 7 h00 du matin ? Deux personnes dont un policier y perdirent la vie, paix à leurs âmes. Jusque-là, notre province attend de voir les résultats de la stratégie de lutte contre le terrorisme laquelle, pour le moment, est illisible », présentent les conférenciers.
Par ce mouvement « Bam Fâagre » (le salut du Bam), ces ressortissants entendent apporter leur pierre à la lutte d’ensemble contre le phénomène en œuvrant à un retour à la sécurité, la paix puis à la prospérité dans la province du Bam.

« Le mouvement invite toutes les populations des neuf communes du Bam à se donner la main et à collaborer avec les FDS pour mettre fin à la nuisance des groupes armés et à adhérer aux initiatives des autorités dans le cadre de cette lutte qui nous occupe depuis maintenant sept ans. Nous n’avons pas la science infuse ni la solution miracle, c’est pourquoi, nous sommes ouverts aux critiques, aux conseils et toute autre contribution pour l’atteinte de notre noble objectif. Nous lançons un appel au peuple burkinabè à cerner davantage la gravité de la situation sécuritaire et à s’employer de toutes ses forces pour un retour à une paix durable. Il faut sauver le Bam et cela est une revendication et non plus un cri de cœur. Sauver le Bam commence par la sécurisation des communes et zones qui ne sont pas encore atteintes et ensuite la réinstallation des habitants qui viennent d’être délogées, tels ceux de Kanrgo, Namsiguia, Nasseré et progressivement jusqu’à ce que tous retournent dans leurs villages. L’installation d’un détachement ou une base militaire dans la zone de l’arrière-pays du lac Bam est une condition indispensable et cette revendication doit être satisfaite dans les plus brefs délais, car cette zone ne doit plus être un trou noir comme dit plus haut. Cela permettra à la population d’avoir un minimum de confiance quant à leur sécurité. Namsiguia étant un grand centre autour duquel gravitaient plus d’une dizaine de villages, sa reconquête rapide va susciter un grand espoir pour la commune de Bourzanga et toute la province », exprime le porte-parole, Boureima Niampa, décrivant la détresse des populations déplacées.

Les conférenciers appellent à la solidarité de tous les Burkinabè pour combattre ce mal, déclarant par la même occasion que Kongoussi (chef-lieu de la province du Bam) est le dernier verrou avant Ouaga.

Sur les neuf communes de la province du Bam, seulement quatre ne sont pas touchées par l’action des groupes armés. Toujours dans la quête d’une solution, ces ressortissants suggèrent (réponse à une question sur le sujet) que le Burkina fasse un état des lieux de la coopération militaire avec la France pour ensuite « tirer toutes les conséquences ».

O.H.L

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