Saison pluvieuse 2022 : Les prévisions sont bonnes pour l’Afrique de l’Ouest

La saison des pluies 2022 s’annonce globalement bonne au Sahel. C’est ce qui est ressorti du forum 2022 des prévisions saisonnières des caractéristiques agro-hydro-climatiques de la saison des pluies pour les zones soudanienne et sahélienne (PRSEASS, 2022). Il a été organisé le 25 avril 2022 par le Centre régional AGRHYMET du CILSS, l’ACMAD, les services nationaux de météorologie et d’hydrologie (SNMH), avec la collaboration de l’OMM et des organismes des grands bassins fluviaux.

Pour 2022, il faut s’attendre à une saison pluvieuse humide au Sahel avec des dates de démarrage précoces à moyennes, des dates de fin tardives à moyennes, des séquences sèches courtes à moyennes dans la partie ouest et moyennes à longues dans la partie est et des écoulements globalement excédentaires à moyens dans les principaux bassins fluviaux.

Pour ce qui est de la zone sahélo-soudanienne couvrant le Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau, la Guinée, la Sierra Leone, le Burkina Faso, quelques îles du Cap vert, les parties Sud de la Mauritanie, du Mali, le Sud-ouest du Niger, les parties Nord de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo, du Benin, du Nigeria et le Centre du Tchad, il est à noter des dates de début de saison précoces à moyennes.

Il est aussi prévu des dates de fin de saison tardives à moyennes sur la bande sahélienne allant des îles du Cap vert au Tchad en passant par le Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau, la Guinée, le Burkina Faso, les parties Sud de la Mauritanie, du Mali, du Niger, du Tchad et les parties Nord des pays du Golfe de Guinée (Sierra Leone, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Benin et Nigeria).

Les prévisions font état également de durées de séquences sèches plus courtes à moyennes en début de saison sur les bandes soudanienne et sahélienne de l’Afrique de l’Ouest et du Tchad, sauf sur le sud-ouest du Niger, le nord-est du Benin et le nord-ouest du Nigeria où des séquences sèches moyennes à longues sont prévues. Vers la fin de la saison, les séquences sèches seraient également plus courtes à normales sur la moitié ouest de bande soudano-sahélienne et normales à longues sur la moitié est.

Risques d’inondations

Selon les prévisions, les pluies seront abondantes, ce qui induit un risque élevé d’inondations pouvant entraîner des pertes de récoltes, de biens matériels et en vies animales et humaines dans les localités exposées. Pour anticiper sur ces inondations et leurs conséquences, le forum a fait des recommandations. Il s’agit, entre autres, de renforcer la veille et les capacités d’intervention des agences en charge du suivi des inondations, de la réduction des risques de catastrophes et des aides humanitaires, d’éviter l’occupation anarchique des zones inondables par les habitations et les cultures, de renforcer les digues de protection et assurer la maintenance des barrages et des infrastructures routières, de curer les caniveaux pour faciliter l’évacuation des eaux de pluies, de suivre de près les seuils d’alerte dans les sites à haut risque d’inondation, notamment dans les zones du delta intérieur (au Mali) et du bassin moyen du fleuve Niger, de la Komadougou Yobé et des hauts bassins du Chari et de la Volta.

Tirer au mieux profit de la saison pluvieuse

Au regard des fortes précipitations qui sont attendues dans la zone soudano-sahélienne, le forum recommande aux agriculteurs, éleveurs, gestionnaires des ressources en eau, Projets, ONG et aux autorités d’investir davantage dans les cultures à hauts rendements tolérantes vis-à-vis des conditions humides (riz, canne à sucre, tubercules, etc.), de valoriser les situations d’écoulements moyens à excédentaires, en développant des cultures irriguées notamment dans les plaines inondables, de mettre en place des dispositifs de collecte et de conservation d’eau de ruissellement pour des usages agricoles et domestiques en saison sèche.

Il recommande également de soutenir le déploiement de techniques climato-intelligentes d’augmentation des rendements des cultures et des fourrages, face aux risques climatiques, notamment ceux liés aux excès d’eau de pluies et à la sécheresse, de renforcer les dispositifs d’information, d’encadrement et d’assistance agro-hydro-météorologiques des producteurs, de faciliter aux producteurs l’accès à des semences améliorées et des intrants agricoles adaptés à leurs besoins et de sécuriser les revenus et alléger les pertes agricoles à travers la promotion et la souscription à des assurances agricoles indicielles.

Le forum estime que compte tenu de la situation de crise alimentaire et nutritionnelle qui prévaut actuellement dans la sous-région ouest africaine, la mise en œuvre scrupuleuse de ces dispositions pourrait contribuer à alléger les difficultés auxquelles font face les populations vulnérables, à l’issue de la saison pluvieuse.
Le forum note aussi qu’en dépit du caractère globalement humide attendu de la saison des pluies 2022, il n’est pas exclu d’observer des séquences sèches relativement longues pouvant entraîner des déficits hydriques, notamment dans certaines localités de la bande sahélienne.

Pour atténuer les risques sur la croissance des cultures et des plantes fourragères, il recommande donc entre autres de choisir les espèces et variétés de cultures tolérantes au déficit hydrique, dans les zones exposées, d’adopter des techniques culturales de conservation des sols et de l’eau, de diversifier les pratiques agricoles, à travers la promotion de l’irrigation et du maraîchage pour réduire le risque de baisse de production, de prévenir la prolifération de la chenille mineuse de l’épi du mil, etc.

Synthèse de Justine Bonkoungou

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.