Procès « Thomas Sankara et douze autres » : Blaise Compaoré, Gilbert Diendéré et Hyacinthe condamnés à la prison à vie

L’ex-président Blaise Compaoré, en exil à Abidjan, a été condamné, ce mercredi 6 avril 2022, à la prison à vie dans le procès sur l’assassinat de Thomas Sankara et douze de ses compagnons. Même condamnation pour le général Gilbert Diendéré et le fugitif Hyacinthe Kafando. Le président de la Chambre a prononcé la déchéance des décorations de tous les accusés condamnés ayant bénéficié d’une ou de plusieurs distinctions honorifiques.

Au terme d’un procès médiatisé de près de six mois, la chambre de jugement du tribunal militaire a rendu son verdict dans l’affaire Thomas Sankara où 14 accusés étaient jugés. Contrairement au parquet militaire qui avait requis 30 ans de prison ferme contre les fugitifs Blaise Compaoré et Hyacinthe Kafando et 20 ans contre le général Gilbert Diendéré, le tribunal militaire a condamné les trois hommes à la prison à vie . La chambre de jugement a maintenu les mandats d’arrêt décernés contre Blaise Compaoré et Hyacinthe Kafando, ce en application des dispositions de l’article 261-128 alinéa 4 de la loi n°040-2019/AN du 29 mai 2019 portant Code de procédure pénale.

En effet, la chambre de jugement a reconnu Blaise Compaoré et Gilbert Diendéré coupables des faits d’attentats à la sûreté de l’Etat et de complicité d’assassinat à la majorité absolue. Ils ont été cependant déclarés non coupables des faits de recels de cadavres. Le général Diendéré a été également reconnu non coupable des faits de subornation de témoins.

Trois accusés ont été acquittés. Il s’agit du soldat Bossobè Traoré, accusé – à tort ou à raison- par des témoins, d’être le traître parmi les éléments de la garde de Thomas Sankara. Aucune des charges de complicité d’attentat et d’assassinat n’a été retenue contre lui.

Les deux autres accusés acquittés par la chambre de jugement sont les médecins militaires, Diébré Alidou et Kafando Hamado. Ils ont été acquittés pour cause de prescription de l’action publique. Ils étaient respectivement accusés de faux en écriture publique ou authentique pour avoir porté la mention « mort naturelle » sur le certificat de décès de Thomas Sankara et « mort accidentelle » sur le certificat de décès de Bonaventure Compaoré, employé à la présidence. Ils avaient expliqué à la barre avoir agi par « humanisme » et avaient reconnu leur faute professionnelle.

Le colonel-major à la retraite Jean Pierre Palm, contre qui le parquet avait requis 11 ans de prison avec sursis, a été condamné à 10 ans de prison ferme. Même condamnation pour le colonel à la retraite Tibo Ouédraogo, commandant de l’Escadron motocycliste commando (EMC) au moment des faits, en faveur de qui le parquet avait pourtant requis l’acquittement.

L’adjudant-chef Albert Pascal Sibidi Bélemlilga et l’adjudant-chef major Diakalia Démé, tous les deux en service à l’EMC au moment des faits ont été condamnés chacun à 5 ans de prison avec sursis. Ils ont été reconnus coupables des faits de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, mais avec des circonstances atténuantes.

La chambre de jugement a suivi les réquisitions du parquet en condamnant à 11 ans de prison ferme, Yamba Élysée Ilboudo. Il était l’un des chauffeurs du commando qui a assassiné Thomas Sankara et ses compagnons. L’on se souvient que les parties au procès avaient salué sa sincérité dans la narration des faits.

Ses coaccusés Idrissa Sawadogo et Nabonswendé Ouédraogo, eux, ont pris chacun 20 ans de prison ferme. Les deux avaient été cités par Yamba Élysée Ilboudo comme faisant partie du commando. Des accusations que ceux-ci avaient réfutées qualifiant Élysée Ilboudo de fou. Pour eux, l’accusé ne jouit pas de toutes ses facultés depuis un accident qu’il a eu vers la fin des années 90.

Enfin, l’accusé Tondé Ninda Pascal a été condamné à trois ans de prison ferme pour les faits de subornation de témoin.

Fredo Bassolé

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