Présidentielle française 2022 : A l’Institut français de Ouagadougou, des électeurs expriment leurs attentes

C’est parti pour le premier tour de l’élection présidentielle française qui se déroule, ce dimanche 10 avril 2022. Plus de 48 millions de Français dans le monde sont appelés à élire le successeur d’Emmanuel, candidat pour un deuxième mandat. À Ouagadougou, le vote a débuté timidement à 8h à l’Institut français. Ce n’est qu’aux environs de 11h30 que l’affluence s’est accrue dans une atmosphère des grandes retrouvailles.

C’est dans un Institut français sous haute policière que les Français vivant à Ouagadougou se sont rendus pour accomplir leur devoir civique. Pour l’occasion, la médiathèque a été transformée pour accueillir les électeurs. Les affiches des douze candidats ont été exposées dans la cour et quelques électeurs, au cafétéria, attendaient l’ouverture des bureaux à 8h pour le vote. Selon les services de l’Ambassade de France, 2000 Français sont inscrits sur les listes électorales à Ouagadougou contre 259 à Bobo-Dioulasso.

Ousmane Ouédraogo est Franco-burkinabè. Il est aussi conseiller élu des Français de l’Étranger au Burkina. Pour lui, cette élection est un moment de retrouvailles avec des amis qu’il a perdu de vue depuis longtemps du fait des activités professionnelles des uns et des autres dans la capitale et à l’intérieur du pays. Après avoir voté, il a confié attendre beaucoup de cette élection.

“J’attends du futur président une relation beaucoup plus apaisée, empreinte d’écoute, de dialogue et de partage entre la France et l’Afrique. Nous voulons une coopération gagnant-gagnant et une relation de fraternité et de solidarité. Le pont entre la France et l’Afrique doit être renforcé sur le plan sanitaire, la formation professionnelle, l’emploi et la sécurité. On ne peut être en sécurité à Paris si à Ouagadougou, on ne l’est pas. Et vice versa”, a-t-il lancé.

Ousmane Ouédraogo, conseiller élu des Français de l’Etranger au Burkina

Jean Yves Danion, lui, œuvre dans le domaine de l’écologie au Burkina depuis 18 ans. Il est venu tôt voter en compagnie de son épouse, une Franco-burkinabè. “J’ai voté pour défendre les valeurs de l’écologie alors que les sondages annoncent que le seul candidat écologiste est crédité de très peu d’intentions de votes. Ce serait étonnant que mon candidat soit présent au second tour, mais malgré tout je veux marquer mon soutien. J’ai entendu qu’il fallait au pire choisir entre la peste et le choléra. Je n’aime ni l’un ni l’autre. Je préfère m’occuper d’écologie.

À part Anne Hidalgo qui parle d’écologie, les autres candidats mettent l’accent sur le pouvoir d’achat. Pour moi, une vision en rapport avec l’écologie et le développement durable devrait davantage passer par des économies de consommation. Or, tous ces candidats mettent en avant l’augmentation du pouvoir d’achat. C’est quelque chose que j’ai du mal à accepter”, a confié Jean Yves Danion. Il dit être indécis pour un vote lors du second tour prévu le 24 avril. “Je ne sais pas pour qui je voterai au second tour, et même si je vais me déplacer”, a-t-il déclaré.

Jean Yves Danion en compagnie de son épouse

Alain Charrier, lui, a longtemps travaillé dans le domaine des travaux publics en France avant de poser ses valises au Mali, puis au Burkina depuis une dizaine d’années pour vivre sa retraite. « Le Mali étant devenu invivable pour les Blancs, les Français, je suis venu au Burkina. À l’époque, le pays était très accueillant et je me sentais bien. Ce n’est plus le cas parce qu’il y a sans cesse des manifestations “Dehors les Français”. Ben, moi je m’en vais. J’ai mon billet de départ pour le 5 juin ».

Mais avant de retourner à Nantes, sa ville natale, Alain Charrier, venu voter, a confié qu’il ne croit pas en une non-réélection d’Emmanuel Macron. « Tant mieux pour les Burkinabè si Macron passe, car il continue dans la politique France Afrique qui ne me plait pas du tout. Mais quand je vois les autres candidats, c’est encore pire. Si Marine Le Pen passe, je crains pour vous. Même si je ne vote pas pour Macron, il reste le candidat le plus crédible. Peut-être qu’au deuxième tour, je voterai pour lui », a laissé entendre Alain Charrier.

Alain Charrier, retraité vivant au Burkina depuis une dizaine d’années

Les votes se poursuivent du côté de l’Institut français avec une file de plus en plus longue, quand nous quittions les lieux à 12h45. La fermeture des bureaux de vote est prévue à 19h.

HFB

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