Paludisme au Burkina : Plus de 4 000 décès en 2021, l’espoir est permis avec le vaccin

Ce lundi 25 avril 2022 est célébrée la Journée mondiale de lutte contre le paludisme. Au Burkina Faso, cette maladie demeure toujours la première cause de consultation et de mortalité. Mais le vaccin mis au point par des chercheurs burkinabè et britanniques et conférant une immunité de 77% se veut une lueur d’espoir pour les années à venir.

Malgré les efforts des autorités, le paludisme demeure encore la première cause de consultation, d’hospitalisation et de décès dans les centres de santé du Burkina Faso. Dans sa déclaration à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme 2022, le ministre de la santé et de l’hygiène publique, Dr Robert Lucien Kargougou, indique qu’en 2021, les formations sanitaires au Burkina Faso ont enregistré 12 231 036 cas de paludisme.

Parmi ces 12 millions de cas, l’on a noté 605 504 cas de paludisme grave et malheureusement 4 355 décès. En 2020, plus de 12 millions de cas de ont été enregistrés en 2020 avec 3 966 décès. Les chiffres de 2021 sont le double de ceux de 2018. En effet, selon le Bulletin épidémiologique du ministère de la Santé, le Burkina Faso comptabilisait en 2018, 5 551 000 cas de paludisme, ce qui représentait 3 % des cas de paludisme et des décès dans le monde.

En trois ans donc, les cas de paludisme ont malheureusement doublé, alors que des efforts sont faits pour lutter contre cette maladie qui fait le plus grand nombre de victimes au sein des enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes. Il s’agit notamment de la chimio-prévention du paludisme au profit des enfants de moins de cinq ans, des campagnes de pulvérisation intra domiciliaire, des luttes antivectoriennes dans les grandes villes du pays, de la distribution de moustiquaires imprégnées à longue durée d’action.

Innover dans la lutte contre le paludisme

Cette année, c’est sur le thème « Innover pour réduire la charge du paludisme et sauver des vies », qu’est commémorée la Journée mondiale de lutte contre le paludisme. De l’avis du ministre de la santé, le choix de ce thème vise à susciter la mise en œuvre d’interventions innovantes pour renforcer la lutte contre le paludisme. Selon l’OMS, dit-il « Aucun outil de la palette actuelle ne permettra à lui seul de résoudre le problème du paludisme. Il faudrait donc investir et innover pour trouver de nouvelles approches de lutte antivectorielle, de nouveaux produits de diagnostic, de nouveaux médicaments antipaludiques et d’autres outils en vue d’accélérer les progrès contre cette maladie ».

Au nombre de ces outils, il faudrait certainement compter avec la vaccination. Le 23 avril 2021, dans la revue The Lancet, un nouveau candidat-vaccin, conçu par l’université d’Oxford au Royaume-Uni a montré une efficacité de 71 % à 77 % après un an de suivi. L’essai clinique destiné à évaluer la sécurité de ce candidat-vaccin nommé R21/MM, a été conduit chez 450 enfants âgés de 5 à 17 mois par une équipe de chercheurs de l’unité clinique de Nanoro, conduite par Pr Halidou Tinto, investigateur principal du projet d’essais cliniques d’un candidat vaccin sur le paludisme. Ce vaccin qui pourrait être homologué d’ici deux ans par l’OMS, se veut une lueur d’espoir dans la lutte contre le paludisme qui tue chaque année plus de 260 000 enfants de moins de 5 ans en Afrique.

Mais en attendant le R21/MM, un autre vaccin antipaludique pour les enfants est déjà administré. Il s’agit du « RTS,S », un vaccin qui agit contre un parasite (Plasmodium falciparum) transmis par les moustiques, le parasite le plus mortel à l’échelle mondiale et le plus prévalent en Afrique. Il est fabriqué par le géant pharmaceutique britannique GSK et doit être administré à raison de 4 doses aux enfants à partir de l’âge de 5 mois pour réduire la charge de la maladie.

Le 6 octobre 2021, l’OMS a recommandé le déploiement de ce premier vaccin antipaludique chez les enfants vivant en Afrique subsaharienne et dans des zones à risque. « C’est un moment historique. Le vaccin antipaludique tant attendu pour les enfants est une percée pour la science, la santé infantile et la lutte contre le paludisme », a déclaré le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus dans un communiqué.

Depuis 2019, trois pays d’Afrique subsaharienne, le Ghana, le Kenya et le Malawi, ont commencé à introduire le vaccin dans des régions sélectionnées où la transmission du paludisme est de modérée à sévère. Deux ans après le début de ce premier test grandeur nature au monde, 2,3 millions de doses de vaccin ont pu être administrées.

Il reste alors la question du financement. Sur ce point, l’Alliance du vaccin (Gavi) a annoncé dans un communiqué qu’elle allait examiner avec d’autres acteurs, comment financer la vaccination contre le paludisme dans les pays d’Afrique subsaharienne.

Avec la vaccination qui s’annonce, l’espoir de vaincre le paludisme dans les années à venir est donc permis.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

Sources : Page Facebook du ministère de la Santé et de l’hygiène publique
www.oms.org
www.gavi.org

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