Ouagadougou : Des manifestants réclament la libération du lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana et de ses compagnons

Mis aux arrêts depuis le 10 janvier 2022 pour tentative de coup d’État, le lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana est toujours détenu à la Maison d’arrêt et de correction des armées. Pour les manifestants sortis le 7 mai 2022 pour réclamer sa libération, la justice a annulé sa mise en détention ; il n’y a donc pas de raison qu’il soit toujours en prison.

« Libérez Zoungrana ! Justice pour Zoungrana ! ». Tels étaient les slogans scandés par les manifestants sortis pour réclamer la libération du lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana et de ses compagnons, accusés de tentative de coup d’État. Pour les marcheurs du jour, la justice devrait intervenir pour mettre fin à cette « violation des droits de l’homme », car l’on ne peut emprisonner quelqu’un sans que l’on ne sache au préalable ce qui lui est précisément reproché.

« Nous ne sommes pas contents de la justice. Logiquement, pour procéder à l’arrestation de quelqu’un, il faudrait que l’on sache de quoi on l’accuse. Mais il a été démontré qu’il n’a pas tenté le coup d’État. On ne comprend donc pas pourquoi il est toujours incarcéré », s’indigne Julien Tambi Konseibo.

Par ailleurs, les manifestants estiment que la situation sécuritaire est assez délicate pour que l’on maintienne un militaire de son statut dans les geôles. Pour Jean Martin Kobiendé, l’un d’eux, « si la justice ne lui reproche rien, alors il faudrait le libérer pour qu’il rejoigne ses frères d’armes au front afin de contribuer à libérer le pays de l’emprise des terroristes. »

Il ajoute que si cela est une machination politique, « nos dirigeants devraient se ressaisir et penser à l’intérêt supérieur de la nation ». « Cette première marche est un avertissement pour les nouvelles autorités. Si rien n’est fait dans l’immédiat, nous userons de tous les moyens pour nous faire entendre », menacent les manifestants.

En rappel, le Collectif amour pour la patrie (CAP) avait qualifié cette arrestation de « règlement de comptes politico-judiciaires scandaleux », le 24 avril dernier.


Doffinita Augustin Kahn

Erwan Compaoré (Stagiaire)

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