Lutte contre le terrorisme au Burkina : Les radiés de 2011 réaffirment leur disponibilité à se battre pour leur pays

Le groupe des militaires, gendarmes et policiers radiés de 2011 a animé une conférence de presse, ce mardi 21 juin 2022, pour réaffirmer sa disponibilité à participer à la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso.

Après onze ans hors des rangs de leurs corps, ils ne se découragent pas. Le groupe des militaires, gendarmes et policiers radiés suite aux mutineries de 2011 fait encore une sortie médiatique pour plaider sa cause. Ces ex hommes de tenue veulent apporter leur contribution à la lutte contre le terrorisme dans leur pays.

Pour ce groupe, « le Burkina Faso se sécurisera avec tous ses fils ». Ainsi, ils tendent la main, une fois de plus, pour défendre leur patrie. « Au regard de la situation sécuritaire très dégradée dans notre pays, mettant même en péril l’existence de notre nation, nous souhaitons une réintégration des radiés en question au nom de la réconciliation nationale qui se veut être une des priorités du pouvoir actuel », a indiqué Junior Bahoro, porte-parole du groupe.

Selon Tiéba Farama, c’est le ministère en charge de la réconciliation nationale qui doit désormais s’occuper de leur dossier

Selon Tiéba Farama, l’un des conférenciers, ils sont 778 membres de ce groupe de radiés. Au moment où ils souhaitent être rappelés dans les rangs, le gouvernement de la Transition a rappelé plutôt les retraités des 2019, 2020 et 2021. Cette décision n’est pas appréciée à 100%. « Nous avons applaudi, car ce sont nos aînés ; ils ont l’expérience. Mais il y a la fatigue qui est là, ils ne peuvent pas courir comme les jeunes », a fait observer Tiéba Farama.

Une affaire politique et non militaire

Le vendredi 2 février 2022, ce groupe a, au cours d’une conférence de presse, plaidé sa cause. Quatre mois plus tard, c’est le statu quo. « Nous avons applaudi l’arrivée du MPSR parce qu’il y avait une lueur d’espoir », a affirmé Tiéba Farama.
Regroupés sous un arbre pour donner de la voix, ces anciens hommes de tenue en veulent au récent pouvoir pour n’avoir pas débloqué leur situation. « Notre affaire était militaire mais c’est devenu politique. Si c’était typiquement militaire, il y a longtemps qu’on a rejoint les rangs », a signifié le conférencier Tiéba Farama.

« Ces centaines de radiés constituent un apport plus qu’important dans la lutte contre le terrorisme », a déclaré Junior Bahoro.

Comme preuve, Junior Bahoro et ses camarades ont brandi les faits à eux reprochés. Sur les 778 radiés, plus de 410 personnes n’ont pas de chef d’accusation, a indiqué le porte-parole du groupe. Pour ce qui concerne le viol de femmes durant les minuteries de 2011, les conférenciers font noter qu’il s’agit d’un groupuscule que les autorités connaissent bien.

Face à la presse, le groupe des militaires, gendarmes et policiers ont demandé encore pardon aux populations pour « le déraillement » survenu en 2011. Ils ont souhaité que « l’esprit de pardon » puisse habiter les autorités.

Cryspin Laoundiki

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