La Russie dénonce une attaque de drones contre une raffinerie frontalière

Moscou a plusieurs fois accusé les forces de Kiev d’avoir bombardé des localités russes frontalières. Le mois dernier, le gouverneur de la région de Koursk (Sud-Ouest) a affirmé qu’une personne était morte dans une frappe ukrainienne sur un village frontalier.

Deux drones ont attaqué, hier, une raffinerie de pétrole située dans le Sud-Ouest de la Russie à proximité de la frontière avec l’Ukraine, a déclaré son propriétaire, dénonçant un acte «terroriste» qui n’a pas fait de victime. «Deux drones ont attaqué des équipements technologiques de l’usine de produits pétroliers de Novochakhtinski, ce qui a provoqué une explosion suivie d’un incendie», a indiqué la raffinerie dans un communiqué publié sur son site. Selon la même source, un premier drone a d’abord mené une «frappe» à 05h40 GMT, provoquant une déflagration. Puis, un second appareil a visé un dépôt de pétrole brut à 06h23 GMT, causant des dégâts matériels, mais pas d’explosion. L’attaque n’a fait aucune victime, a indiqué la raffinerie. Sans accuser nommément les forces ukrainiennes, elle a dénoncé des «actes terroristes venant de la frontière occidentale» de cette région russe avec l’Ukraine, située à quelques kilomètres à peine. Auparavant, le gouverneur de la région de Rostov, où se situe la raffinerie, avait rapporté la découverte sur place de «fragments appartenant à deux drones», ce qui signifierait que les appareils se sont écrasés sur le site, volontairement ou non. Selon le gouverneur, Vassili Goloubev, l’incendie a été éteint en fin de matinée et la raffinerie sera à l’arrêt jusqu’aux conclusions d’une enquête pour évaluer l’étendue des dégâts. La raffinerie de Novochakhtinski est située à une dizaine de kilomètres de la frontière avec la région séparatiste de Lougansk, dans l’Est de l’Ukraine. Sur son site, l’entreprise se présente comme «le plus grand fournisseur de produits pétroliers du Sud de la Russie». Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, dont l’authenticité ne pouvait pas être vérifiée dans l’immédiat, montre un drone survoler une zone industrielle, peu avant une explosion accompagnée d’une boule de feu.

La Russie, qui mène depuis fin février une opération militaire contre l’Ukraine, a plusieurs fois accusé les forces de Kiev d’avoir bombardé des localités russes frontalières. Le mois dernier, le gouverneur de la région de Koursk (Sud-Ouest) a affirmé qu’une personne était morte dans une frappe ukrainienne sur un village frontalier. Et début avril, le gouverneur de la région frontalière de Belgorod a accusé l’Ukraine d’avoir mené une attaque contre un dépôt de carburants avec deux hélicoptères. Par ailleurs, l’Allemagne rejette «fermement» les menaces de représailles brandies par la Russie envers la Lituanie après que cet Etat balte a instauré des restrictions pour certaines marchandises transitant vers l’enclave russe de Kaliningrad, a indiqué hier le porte-parole du gouvernement. «Nous demandons à la Russie de ne pas prendre de mesures qui aillent à l’encontre du droit international», a ajouté Steffen Hebestreit alors que Moscou a promis de «sérieuses» représailles contre Vilnius après la mise en application de sanctions européennes liées au conflit en Ukraine. La Russie, qui commémorait, hier, l’invasion de l’URSS par les Nazis en 1941, a accusé quant à elle l’Allemagne d’alimenter aujourd’hui une «hystérie russophobe», dans un contexte de vives tensions entre Moscou et Berlin liées à l’Ukraine. «Berlin, par ses paroles et ses actes, menace les résultats des efforts fournis depuis des décennies par la Russie et l’Allemagne pour surmonter l’inimitié (…) après la guerre», a déclaré la diplomatie russe dans un communiqué publié à l’occasion des commémorations, accusant notamment des membres du gouvernement allemand de «mener des attaques quotidiennes qui alimentent l’hystérie russophobe».

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