Journée de l’Afrique : Le Burkina Faso demande la levée de sa suspension des instances de l’Union africaine et de la CEDEAO

« Le Burkina Faso plaide pour la levée de sa suspension des instances de l’Union africaine et de la CEDEAO ». C’est l’une des doléances soumises à l’Union africaine et à la CEDEAO par le gouvernement burkinabè à travers son ministre en charge des affaires étrangères, Olivia Rouamba. C’était à l’occasion de la commémoration conjointe de la journée de l’Afrique et du 47e anniversaire de la CEDEAO, ce mercredi 25 mai 2022 à Ouagadougou.

La cérémonie officielle de célébration conjointe de la journée de l’Afrique et du 47e anniversaire de la CEDEAO a été placée sous le thème : « Bâtir une résilience en matière de sécurité nutritionnelle sur le continent africain : renforcer les systèmes agroalimentaires et les systèmes de santé et de protection sociale pour accélérer le développement socio-économique et du capital humain ».

Une occasion saisie par le ministre des affaires étrangères, Olivia Rouamba, pour émettre le vœu de voir l’opérationnalisation effective du plan d’action 2020-2024 de la lutte contre le terrorisme élaboré par la CEDEAO. Mais aussi pour souhaiter que soit opérationnel, le Fonds pour la paix de l’Union africaine.

Tout en soulignant la pertinence du thème retenu parce que d’actualité et révélateur de la situation alimentaire et nutritionnelle préoccupante du continent, Olivia Rouamba a rappelé les dernières statistiques enregistrées en Afrique par l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

À entendre la ministre des affaires étrangères, de la coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, cette double commémoration est un appel à la remobilisation des filles et des fils de l’Afrique, « berceau de l’humanité ». Surtout dans un contexte où « l’Afrique n’est pas en bonne posture pour parvenir à l’élimination de la malnutrition infantile, gage pour faire baisser le retard de croissance à 10% et l’insuffisance pondérale à 5% d’ici 2025 », a-t-elle signalé.

« Le passage d’une CEDEAO de quinze postes statutaires à sept constitue une avancée significative dans l’efficacité et la rationalisation des ressources de l’organisation de plus en plus déficitaires », a situé Olivia Rouamba, ministre des affaires étrangères

Pour elle, un tel constat requiert un changement de paradigme dans l’élaboration de politiques alimentaires qui intègrent la question de la disponibilité des micros nutriments. Mais également l’élaboration de politiques relatives à l’accessibilité économique de toutes les couches sociales à l’alimentation diversifiée en s’attaquant aux causes profondes de la pauvreté et au manque d’éducation.

Un panel sur les défis agricoles et alimentaires au Burkina Faso

Au terme de la cérémonie officielle d’ouverture de la célébration conjointe de la journée de l’Afrique et de l’anniversaire de la CEDEAO, deux communications ont été présentées. La première est celle du Dr Yacouba Sanon, consultant en ingénierie des politiques de développement agropastoral intitulée : « Les enjeux, les défis et les perspectives de l’agriculture au Burkina Faso ». La seconde quant à elle, a porté sur la thématique : « Les défis de l’alimentation et de la nutrition au Burkina Faso », présentée par le Dr Ella Compaoré, secrétaire technique chargée de l’alimentation et de la nutrition au ministère de la Santé et de l’hygiène publique.

Le Dr Yacouba Sanon interpelle la jeunesse sur son rôle à jouer pour contribuer au développement du secteur agricole

Le Dr Sanon a, lors de sa communication, fait le diagnostic de la situation agricole du Burkina Faso. Il a notamment relevé la faiblesse dans l’organisation des acteurs du secteur, la faible intensification des activités agro-sylvo-pastorales, la faible mobilisation des ressources en eau. Ce qui se traduit, selon le Dr Sanon, par une faible contribution du monde agricole à l’économie nationale (40% au produit intérieur brut). Il a indiqué que si des efforts considérables ont été consentis pour sortir des sentiers battus, les terres restent insuffisamment exploitées.

Comme réponses à ces problèmes évoqués, Dr Sanon estime, entre autres, qu’il y a lieu de travailler à réduire les vulnérabilités de la population face aux aléas climatiques tout en rendant accessibles les moyens de production aux producteurs. Il a aussi montré qu’il est important de valoriser les agropoles et de sécuriser les espaces. Le Dr Sanon a interpelé la jeunesse quant à sa contribution dans le développement du secteur agricole à travers notamment l’entrepreneuriat dans l’agriculture.

Au sujet de la communication sur l’alimentation et la nutrition, en partant de la définition des différents concepts, le Dr Ella Compaoré a mis en exergue les diverses formes de malnutrition et relevé l’importance d’une prise en charge des plus jeunes (les enfants de bas âge) parce que constituant l’avenir de toute nation. Elle a abordé les causes de la malnutrition en soulignant les interventions spécifiques à la nutrition.

Pour Dr Ella Compaoré, la réponse à malnutrition et à l’insécurité alimentaire incombe à tous

Le Dr Compaoré a également présenté une cartographie de l’ampleur de la malnutrition au Burkina Faso en faisant le lien avec la crise sécuritaire et humanitaire que traverse le pays. En réponse à ces difficultés, Dr Compaoré a mentionné que tout seul, le ministère en charge de la santé ne saurait pallier ce fléau qui nécessite l’intervention de l’ensemble des départements ministériels techniques mais aussi des citoyens pris individuellement.

En termes de défis et de perspectives enfin, Dr Compaoré a évoqué notamment l’importance d’améliorer le financement en matière de nutrition en comptant sur les ressources intrinsèques au Burkina Faso, de réduire la vulnérabilité des personnes déplacées internes et de garantir une bonne sécurité alimentaire.

Les participants à la célébration conjointe de la journée de l’Afrique et du 47e anniversaire de la CEDEAO

Le Burkina Faso, depuis son accession à la souveraineté internationale, s’est résolument engagé en faveur du processus d’intégration régionale à travers une participation active aux organisations d’intégration régionale et sous régionale. Cet engagement s’est concrétisé par son adhésion à plusieurs organisations africaines dont la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine (UA).


C’est au cours d’une conférence des chefs d’États et de gouvernement de l’UA en 2002, qu’a été décidé de retenir le 25 mai comme date de « la journée de la libération de l’Afrique » et d’inviter les pays africains à organiser des manifestations populaires à cette occasion.

Accordant Ainsi, une importance toute particulière à l’intégration sous régionale et continentale africaine, le gouvernement burkinabè a inscrit dans son agenda national, l’organisation de la célébration conjointe de la journée de l’Afrique et de l’anniversaire de la CEDEAO. Célébration qui se tient les mercredi 25 et vendredi 27 mai 2022 à Ouagadougou.

Hamed NANEMA

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