Insécurité au Burkina : « Juger le MPSR en l’espace de 100 jours, c’est de l’arbitraire » Achille Tapsoba, premier vice-président du CDP

Les femmes du parti, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), section Kadiogo, ont organisé une assemblée générale le samedi 21 mai à Ouagadougou pour remobiliser les militants et militantes à soutenir les autorités du MPSR dans la lutte contre le terrorisme. Aussi, il était question de les informer sur la vie du parti et leur faire part de la lecture du parti sur la situation nationale.

L’avènement du Mouvement pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) le 24 janvier 2022 est vu comme une libération du peuple burkinabè selon le responsable de « l’aile historique » du CDP, Achille Tapsoba, venu soutenir les femmes. Pour lui, la forte mobilisation des femmes à cette assemblée générale est un refus de la mainmise sur le CDP par Eddie Komboïgo.

C’est aussi, dit-il, un refus de renier l’histoire du parti et de renier le fondateur du CDP, Blaise Compaoré. « Ce matin nous avons la preuve que les militants et militantes sont farouchement attachés à leur CDP et à son devenir », a-t-il lancé. Il a rappelé aux militants et militantes les coups infligés au parti suite à sa déchéance. « Nous avons subi des mauvais traitements, nous avons été victimes de toutes les vexations mesquines, mais nous avons résisté face aux tentatives d’intimidation, de liquidation de notre parti. Bien qu’on nous a chassé du pouvoir en 2014, nous sommes sortis troisièmes des élections de 2015, deuxièmes en 2020 et nous serons premiers en 2025 », a-t-il laissé entendre.

Sans ambages, le vice-président de « l’aile historique » du CDP impute la responsabilité de la dégradation sécuritaire au régime de Roch Kaboré, à l’incapacité de son régime à contrer l’ennemi au Sahel, au Nord et sur toute l’étendue du territoire. « Lorsque vous avez un pouvoir qui a laissé la gangrène s’installer dans un pays pendant sept ans, ce n’est pas en six mois ni en 100 jours ni en même en une année que vous allez la soigner. On ne soigne pas une gangrène de façon immédiate, il faut engager résolument la lutte. Juger le MPSR en l’espace de 100 jours, politiquement c’est de l’arbitraire », a-t-il déclaré.

Quoi qu’on dise du MPSR sur sa gestion de l’insécurité, la donne a un peu changé, sauf pour ceux qui refusent de voir la réalité, soutient M. Tapsoba. « Dans les années passées, les terroristes attaquaient pour contraindre nos FDS à fuir en laissant armes et bagages parce que l’ennemi était en surnombre ou surarmés et les tueries ne faisaient que se multiplier dans les rangs de nos FDS, VDP et civils. Aujourd’hui, la comptabilité a changé, les terroristes sont chassés et tués et cela est significatif. Notre satisfaction ce n’est pas de gagner une bataille, c’est de gagner la guerre. Mais pour y parvenir, il faut que ceux qui sont au front soient soutenus par ceux qui sont en arrière-plan. C’est pourquoi je salue et félicite cette mobilisation pour soutenir les forces de défense et de sécurité dans la lutte contre l’hydre terroriste », a commenté Achille Tapsoba.

Abordant les tensions au sein du parti, il a rassuré que des voies et moyens sont en cours pour les apaiser. « La crise au CDP n’est pas une scission pour le moment. Même s’il y a une fraction qui est derrière Eddie Komboïgo, « l’aile futuriste » et une autre avec moi Achille Tapsoba, « l’aile historique » ».

Pour finir, le premier vice-président a exhorté les autorités de la transition à redoubler d’efforts pour atténuer le choc de la vie chère sur les ménages, notamment les plus défavorisés, les plus vulnérables.
La présidente des femmes du CDP/ Kadiogo, Béatrice Ouédraogo, a pour sa part réitéré l’engagement sans faille des femmes du parti de la province à œuvrer pour le retour de la paix, de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale au Burkina Faso en apportant leur soutien indéfectible au MPSR.

Dofinitta Augustin Khan

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