« Disparition » de camions citernes et drame d’Inata : Le REN-LAC s’interroge

Le Réseau national de Lutte anticorruption (REN-LAC), face à la presse, à son siège, à Ouagadougou, s’est interrogé sur « la disparition » ou « la livraison » de camions citernes et le mutisme des autorités de la transition autour du rapport d’Inata. C’était à l’occasion d’une conférence de presse tenue ce mardi 21 juin 2022 avec pour objet, de donner sa lecture sur la situation nationale et de l’état de la gouvernance. 

« Près de cinq mois après, que retenir de l’évolution de la situation nationale et l’état de la gouvernance ? », s’est principalement interrogé Sagado Nacanabo, Secrétaire exécutif du Réseau national de Lutte anticorruption (REN-LAC).

Ainsi, après avoir dépeint un tableau noir de la situation sécuritaire et humanitaire, le REN-LAC a qualifié « de poudre jetée aux yeux la gouvernance par l’exemple loin du faste des temps de paix » annoncée par le président Damiba.

Pour le Secrétaire exécutif du REN-LAC, « il est grand temps de comprendre une fois pour toute que l’exemplarité et le sens du sacrifice doivent être le leitmotiv de l’action gouvernementale et de tous ceux qui sont appelés à assumer des responsabilités quelconques ».

De même, a-t-il fait savoir, « sans une lutte résolue et sincère contre la corruption et la mal gouvernance, la restauration de l’intégrité du territoire sera vouée à l’échec ». D’où son appel au pouvoir de transition « à s’inscrire dans la culture de la transparence, de la redevabilité et de l’exemplarité ».

« Nous ne sommes plus à apprécier des annonces ou des déclarations… »

Sur les récentes mesures prises par le gouvernement de transition en ce qui concerne les zones d’intérêts militaires, le REN-LAC dit ne plus apprécier les déclarations, mais plutôt faire le constat des conséquences de ces déclarations.

Réseau national de Lutte anticorruption (REN-LAC)
Réseau national de Lutte anticorruption (REN-LAC)

« Aujourd’hui, nous ne sommes plus à apprécier des annonces ou des déclarations. On veut voir les fruits que ces annonces vont donner. Parce qu’on a eu tellement de promesses depuis sept ans, que maintenant on ne va plus juger sur les promesses ; on attend de voir ce que ça va produire comme fruits au lieu de se mettre à admirer les fleurs », a indiqué le Secrétaire exécutif du REN-LAC.

Pour lui, l’une des conditions sine qua non pour vaincre le terrorisme, c’est de lutter efficacement contre la corruption dans les rangs des Forces de défense et de sécurité (FDS). « Si on veut réussir dans la lutte contre le terrorisme, il faut engager courageusement la lutte contre la corruption au sein des FDS », a dit M. Nacanabo.

Sur le salaire des membres du gouvernement et du président du Faso, le REN-LAC est intransigeant. « Nous ne partageons pas du tout que des gouvernants qui sont venus pour changer la donne ou moraliser la société puissent commettre un acte à contre-pied », a soutenu le Secrétaire exécutif.

Inata, détournements de citernes

Le réseau de lutte contre la corruption s’est aussi questionné sur la durée que l’on met à rendre public le rapport d’Inata. « Un simple rapport d’une inspection générale ne peut prendre autant de temps. Surtout, si on sait que le président déchu avait déjà reçu une première version du rapport qu’il a rejeté et que six mois après, ceux qui sont arrivés ont certainement eu la version du rapport rejeté et peut-être qu’ils ont reçu la version du nouveau rapport. 

Et jusqu’à présent, le peuple n’a droit à rien. Or, c’est quand même l’une des catastrophes qui a motivé leur putsch. Et ils ne sont pas pressés de dire ce qui s’est passé. On a envie de leur demander de quoi ils ont peur ? Ou bien, qu’est-ce qu’ils veulent nous cacher réellement ? », s’est inquiété Sagado Nacanabo, tout en ne cachant pas le doute des uns et des autres sur la véracité du rapport lorsqu’il sera finalement divulgué.

S’agissant de « la disparition » ou de « la livraison » des camions citernes d’essence, le REN-LAC a fait constater. « Des citernes, de par leur nature, ne peuvent pas emprunter des routes qui ne sont pas carrossables. Donc, ces citernes ne peuvent pas s’éloigner des chemins officiels », a-t-il attiré l’attention avant d’accuser le mutisme des premières autorités.

« Et pourtant, ces citernes semblent avoir disparu, et on ne dit rien là-dessus. Et on veut nous faire croire qu’elles ont vraiment disparu. Est-ce que c’est possible qu’une seule citerne disparaisse dans le désert jusqu’à être invisible ? Nous trouvons que c’est tout simplement trop gros. Et c’est encore plus gros quand l’autorité ne dit rien », a déploré M. Sagado.

Tambi Serge Pacôme ZONGO

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