Coopération militaire: le Burkina Faso convoité par la société militaire privée russe Wagner

Après le Mali et la Centrafrique, le Burkina Faso est convoité par la société militaire privée russe Wagner, selon le journal Jeune Afrique. Cette convoitise s’est fait ressentir dès les premières heures de la prise du pouvoir par les militaires. A noter que le Burkina traverse une crise sécuritaire depuis plusieurs années.

Par Tatiana Kaboré

Le Burkina Faso est dans le viseur de la société militaire privée russe Wagner, selon Jeune Afrique. Cette assertion pourrait s’expliquer par le fait que le 22 avril 2022, le Président Paul-Henri Damiba avait missionné trois officiers à Bamako, en vue d’échanger avec les autorités maliennes, sur une coopération sécuritaire et militaire entre les deux pays, assaillis par les attaques terroristes.

La délégation burkinabè était composée du chef d’Escadron  Serge Thierry Kiendrebeogo, le directeur de cabinet du Lieutenant-colonel Damiba, du Commandant du Commandement des opérations du théâtre national le Lieutenant-colonel Didier Yves Bamouni et le Lieutenant-colonel Daba Naon, Commandant de la Brigade national des sapeurs-pompiers, rappelle Jeune Afrique.

Selon le journal, ils ont rencontré les hommes forts de la junte malienne, notamment le Chef de l’Etat le colonel Assimi Goïta ainsi que les colonels Malick Diaw, président du Conseil national de la Transition, Modibo Koné, patron de la Sécurité d’Etat et Sadio Camara, ministre de la Défense.

Notre confrère révèle que durant leurs échanges, ils ont abordé plusieurs questions, notamment les moyens de renforcer la coopération opérationnelle entre les deux pays. Cette rencontre a suscité plusieurs débats notamment sur la coopération du Burkina avec les militaires de la société privée russe déjà au Mali.

L’idée a été démentie par la délégation burkinabè à Bamako. Wagner n’a même « jamais » été évoqué avec les Maliens, avait confié un officier burkinabè proche de la délégation dépêchée à Bamako toujours selon Jeune Afrique.

On se souvient qu’en janvier 2022, après la prise du pouvoir par les militaires au Burkina Faso, l’homme d’affaires russe Evguéni Prigojine réputé proche de Vladimir Poutine et soupçonné d’être lié au groupe paramilitaire Wagner, avait salué le putsch. Il l’avait même qualifié de signe d’une « nouvelle ère de décolonisation » en Afrique.

Evguéni Prigojine s’est dit prêt à partager l’expérience des « instructeurs » russes en Centrafrique, pour la formation de l’armée burkinabè, si les autorités en faisaient la demande.

Dans un document daté du 25 mai 2022, le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), se basant sur la visite des militaires burkinabè au Mali, avait signifié qu’il soupçonnait le Burkina Faso d’être « en train de jouer un double jeu ». Selon le SEAE, « La possibilité d’une reproduction du modèle malien [au Burkina Faso] à travers l’utilisation de forces à la solde de la Russie ne peut pas être exclue ».

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