Burkina Faso : « Nous n’avons aucun accord militaire avec la France » Abou Alifata Téguéra (Action pour une Afrique des peuples)

Une organisation de la société civile baptisée Alliance pour une Afrique des peuples (APP) a animé un point de presse, ce mercredi 30 mars 2022 à Ouagadougou, pour donner sa lecture sur la situation actuelle du pays. Crise sécuritaire, gouvernance politique, économique et la question de la réconciliation nationale étaient à l’ordre du jour des échanges.

« Je mets à défi tout Burkinabé qui a vu des accords militaires signés entre la France et l’Etat Burkinabè », a déclaré le porte-parole Abou Alifata Téguéra. Pour lui, les manifestants qui exigent l’annulation des accords militaires avec la France ne sont pas bien cultivés sur la question, pire, ils ne savent pas ce qu’ils réclament.

« Nous sommes surpris aujourd’hui que des gens sortent pour exiger l’annulation des accords militaires avec la France. Nous n’avons aucun accord militaire avec la France mais avec Barkhane et un accord de renseignements avec Afrikcom », a recadré M. Téguéra. De son entendement, à quoi bon chasser un impérialiste, la France, pour faire venir un autre, la Russie ? Pour clore ce chapitre, il a invité le peuple burkinabè à éviter de faire du copier-coller car les réalités maliennes sont différentes de celles du Burkina.

Par rapport à l’ultimatum de la CEDEAO enjoignant au président du Faso de proposer une feuille de route dans un délai raisonnable, le conférencier a rappelé que le peuple burkinabè est un peuple souverain, par conséquent prêt à assumer les conséquences de ses actes. « Il faut que la CEDEAO sache que l’agenda de la transition est une feuille de route parce qu’elle a été rédigée et adoptée par le peuple burkinabè. Nous n’avons pas besoin de leçon de la CEDEAO, nous sommes un peuple souverain et nous allons nous assumer » a-t-il martelé.

Au sujet de la libération du Président Roch Kaboré, l’AAP s’indigne contre les fausses allégations prononcées par le président du Mouvement du peuple pour le progrès, l’ex parti au pouvoir, Balla Sakandé. « Ils n’ont qu’à nous envoyer des preuves qui attestent que le président Roch Kaboré est dans des situations difficiles. »

Selon leur propos, Roch Kaboré serait tout simplement déçu de ses camarades en qui il avait placé toute sa confiance. « Il est déçu de ses camarades parce qu’ils l’ont trahi. Tout ce que je sais, c’est que Roch Kaboré refuse de voir des gens surtout venant de son parti, son clan » a laissé entendre M. Téguéré.

Pour finir, l’APP met en garde le président du MPP, Balla Sakandé contre son activisme politique qui, pour eux, est de nature à semer des troubles au sein des populations. « Il faut que Balla sache qu’ils ont géré ce pays sept ans de la manière la plus chaotique possible. Donc, il ferait mieux de la fermer » menace Assad Ouédraogo de l’APP.

A l’entendre, où étaient les membres du (MPP) aux premières heures du coup d’Etat ? « Trop c’est trop ! Il faut que ces politiciens véreux se tiennent à carreaux car c’est fini pour l’activisme politique au Burkina Faso. S’ils s’entêtent, ils auront à faire à nous » fulmine-t-il en tapant du poing sur la table. Pour ce faire, il a exigé la suspension des partis politiques pour une période de deux ans.

Lefaso.net

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