Burkina Faso : Lookmann Sawadogo prêche la réconciliation nationale

Le journaliste et écrivain, Lookmann Sawadogo, a fait la présentation de ses œuvres « Se réconcilier ou périr : chronique d’une nation en sursis » et « Burkina, les clés d’une vraie réconciliation : entre vérité, catharsis et renaissance nationale » à l’institut français de Ouagadougou ce samedi 21 mai 2022.

Dans ces livres, Lookmann Sawadogo est beaucoup revenu sur la réconciliation nationale qui est pour lui une des alternatives pour le retour de la paix au Burkina Faso. Il a fait savoir que des gens, à entendre parler de la réconciliation, font allusion uniquement au retour de Blaise Compaoré ou la promotion de l’impunité des crimes. Il a précisé que son livre vise à montrer les enjeux réels de la réconciliation et non la réconciliation sous le prisme contentieux politique.

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A l’écouter, la réconciliation pose le problème à plusieurs niveaux. Il s’agit, entre autres, des cas des contentieux politiques, judicaires, des ruptures politiques, des conflits sociaux et religieux. En plus, pour Lookmann Sawadogo, depuis les indépendances, les prises du pouvoir ont été par des méthodes violentes avec un esprit de règlement de compte et de vengeance.

Par conséquent, en termes de diagnostic de la situation actuelle, il a fait ressortir l’inexistence de la frontière avec l’Etat républicain, des religieux et des coutumiers qui peuvent être sources de conflits.

Egalement, la fragilité de la nation avec les multiples conflits ethno communautaires, le déséquilibre dans le développement de certaines localités, la montée de l’ethnocentrisme, la stigmatisation, la présence d’une armée civile et tribale à savoir les koglweogo et les Doso, sont des conséquences de troubles dans le pays, selon l’écrivain.

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Au regard de ces signes qui empiètent sur la paix au Burkina Faso, Lookmann Sawadogo propose la réconciliation nationale comme une alternative pour le retour de la paix.

« L’absence de la réconciliation est un problème. Il faudra réussir vaille que vaille la réconciliation, l’échouer ou ne rien faire c’est prendre le risque d’emprunter le chemin de multiples périls qui seront préjudiciables à la nation. De graves situations nous attendent et nous ne pourrions qu’y tomber ou nous perdurons dans la situation actuelle de crise multidimensionnelle », a-t-il lancé.

Pour lui, il faut impérativement cristalliser les rancœurs et les désirs de vengeance. Pour revenir à la prise de pouvoir, le journaliste a proposé de désarmer les cœurs.

On est dans une spirale qu’il faut arrêter

« Si on ne désarme pas les cœurs, le risque est grand que les élections dans notre pays ne demeurent pas définitivement la voix qui conduit forcément  au pouvoir et qu’elles ne soient pas un bouclier contre la voix de fait en politique.

La non réconciliation sera le moteur de toutes les difficultés de notre pays. On est dans une spirale qu’il faut arrêter. Cette spirale se nourrit d’un ensemble de choses, notamment la rancœur, la vengeance, les querelles », a-t-il dit. Il a préconisé que le Burkina Faso essaye avec la réconciliation pour le retour de la paix.

Jules César KABORE

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