Burkina Faso : « Ce n’est ni un Russe, ni un Français, ni un Américain qui viendra sauver notre pays », Gabin Korbéogo de l’ODJ

A l’occasion de la clôture du troisième congrès ordinaire de l’Organisation démocratique de la jeunesse du Burkina Faso (ODJ), samedi 18 juin 2022 à Ouagadougou, les congressistes ont mis en place le nouveau bureau exécutif de l’organisation, fait le point des acquis engrangés et élaboré de nouvelles perspectives. La rencontre a été aussi l’occasion pour les membres de l’ODJ de se prononcer sur les questions d’actualité. Ce troisième congrès s’est tenu du 16 au18 juin.

C’est un congrès qui a réuni 252 congressistes venant de 37 sections provinciales sur les 45 que compte l’Organisation démocratique de la jeunesse du Burkina Faso (ODJ). Il s’est agi, durant ces 72 heures d’échanges, d’analyser principalement le contexte international, africain et national, et d’examiner la vie de l’ODJ depuis le deuxième congrès tenu en 2018.

Sur la vie de l’organisation, plusieurs acquis ont été enregistrés, selon les congressistes. A les entendre, l’ODJ a pu s’implanter dans plusieurs localités du Burkina. Selon le président de l’ODJ, Gabin Korbéogo, l’organisation est présente dans les 45 provinces du pays avec 37 sections et huit comités d’initiative de section, contre 30 en 2018. Il y a 226 sous-sections contre 140 en 2018, a-t-il ajouté.

Contrairement à 2018 où le nombre de cellules féminines était de 33, poursuit-il, il est rehaussé à 64 en 2022. En plus, l’ODJ dispose d’environ 800 comités de village et de secteur. En outre, il y a aussi la mise en place d’une section ODJ en France et des initiatives en cours pour d’autres pays qui est à mettre à l’actif des efforts de l’organisation. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt, souligne le président de l’ODJ.
Comme insuffisances, il a noté la faible implantation de l’organisation dans certaines grandes villes du pays. A cela s’ajoute aussi la non tenue des Journées anti-impérialistes (JAI), notamment en 2020 et 2021.

« On ne peut pas remplacer une puissance impérialiste par une autre puissance impérialiste », Gabin Korbéogo, président de l’ODJ.

Toutefois, indique-t-il, la lutte doit se poursuivre. En perspective, l’ODJ envisage d’améliorer, entre autres, le fonctionnement et le suivi des structures ; de poursuivre la mise en place des sections étrangères, la mise ne place des coordinations régionales, l’organisation des activités de sensibilisation. L’ODJ compte aussi améliorer l’organisation et la mobilisation de la jeunesse et améliorer la mobilisation féminine.

A l’issue de cette activité, le congrès a pris deux motions pour condamner les menées impérialistes et dénoncer la remise en cause des libertés. Il a ensuite lancé un appel à la solidarité à l’endroit des personnes déplacées internes.

Le point d’orgue a été la mise en place du nouveau bureau exécutif national constitué de 22 membres, pour un mandat de quatre ans. Lors de cette cérémonie de clôture, un hommage a été rendu « au camarade » Blandine Balima décédée le 21 octobre 2020.

« Le MPSR s’est résolument orienté vers la restauration des anciens caciques du CDP… »

Après avoir dépeint l’actualité internationale marquée par les « agressions et pillage des ressources naturelles entre des néocolonies », les congressistes ne sont pas allés du dos de la cuillère pour fustiger le régime en place. « Le MPSR s’est résolument orienté vers la restauration des anciens caciques du CDP et la remise en cause des libertés démocratiques, pendant que la situation sécuritaire devient chaotique », a lancé Gabin Korbéogo, président de l’ODJ.

Rasmata Zida a lu la motion de condamnation des menées impérialistes.

Pour lui, le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), arrivé au pouvoir par un coup d’Etat le 24 janvier 2022, est incapable de trouver des solutions à la crise sécuritaire, ce pourquoi il a fait le coup d’Etat. « La partie de la population qui a toléré à ses débuts ce nouveau régime militaire a vite fait de déchanter face à son incapacité à lutter efficacement contre le terrorisme et à résoudre les préoccupations pressantes des populations », a-t-il martelé.

Sur la question du choix des partenaires, il a laissé entendre que seule la mobilisation des Burkinabè sera la solution au problème de l’insécurité. « Ce n’est ni un Français, ni un Américain, ni un Russe qui viendra sauver notre pays », a-t-il déclaré, appelant la jeunesse à une prise de conscience réelle. Pour lui, la solution viendra de la mobilisation de la jeunesse car, dit-il, les coups d’Etat ne seront pas des solutions, au regard de l’évolution historique du Burkina Faso.

Ont pris part à cette cérémonie de clôture, le Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B) et l’Union générale des étudiants burkinabè (UGEB).

Serge Ika Ki

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