Burkina-CEDEAO: « Si les autorités ne s’entendent pas avec la CEDEAO, il ne faut pas s’étonner que des sanctions commencent à tomber », Oumarou Koalaga

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’était réunie à Accra au Ghana le 25 mars 2022, pour statuer sur les questions du Mali, la Guinée et le Burkina Faso. Il a été donné au Burkina Faso jusqu’au 25 avril 2022, pour proposer un calendrier raisonnable pour le retour de l’ordre constitutionnel. Le porte-parole du gouvernement Lionel Bilgo a le 31 mars 2022, lors d’une conférence de presse, déclaré que le Burkina Faso « ne court pas derrière les délais». Et que «le seul délai auquel le pays court c’est l’instauration de la sécurité et le bien être de la population ». Oumarou Paul Koalaga, spécialiste des questions internationales nous donne son avis sur le discours du porte parole du gouvernement Lionel Bilgo. 

Par Rama Diallo

La sortie médiatique du ministre Lionel Bilgo, a permis de connaître la position du gouvernement du Burkina Faso, quant au délai de la Transition. Après l’ultimatum de la CEDEAO qui invite le pays à présenter un chronogramme acceptable sur la durée de la Transition, le porte-parole du gouvernement, Bilgo, s’est voulu on ne peut plus clair: le Burkina Faso « ne court pas derrière les délais ».

Lionel Bilgo a-t-il mesuré la portée de ses propos? Le Burkina peut-il éventuellement faire face à des sanctions de la CEDEAO? Oumarou Koalaga, spécialiste des questions internationales donne son avis à Libre info.

Oumarou Koalaga estime que les propos du porte-parole du gouvernement sont un peu trop osés. Et fait un peu de provocation à l’égard de la CEDEAO.

La CEDEAO a été jusque-là bienveillante avec le Burkina Faso dit-il, indiquant que de tels propos peuvent amener l’organisation à se braquer un peu..

«Le Burkina a souscrit à un certain nombre d’engagements notamment au principe fondamentale qui est la démocratie. La question du délai est un élément central pour le retour à l’ordre constitutionnel. Et cette question est un enjeu majeur», rappelle le spécialiste des questions internationales.

Il signifie que si les autorités ne s’entendent pas  avec la CEDEAO, alors il ne faut pas s’étonner que dans les jours à venir, les choses montent d’un cran et que les sanctions commencent à tomber.

Ces sanctions selon lui, seront prises à l’encontre des autorités d’abord. Et si rien ne change, les sanctions économiques pourraient suivre.

Si la CEDEAO venait à prendre des sanctions économiques. Cela sera difficile pour le Burkina qui est dans un contexte assez particulier, a laissé entendre Oumarou Koalaga. Et d’ajouter que si sanctions il y a, des pays voisins du Burkina peuvent être asphyxiés à un certain niveau.

Il faut analyser le contexte et voir les limites et les inconvénients, a-t-il poursuivi. «Est-ce que le citoyen lambda qui est à quelque 100 km ou a200 km de Ouagadougou va pouvoir  être assez résilient, déjà qu’on demande une certaine  résilience vis-à-vis de la situation sécuritaire et humanitaire? », s’interroge le spécialiste Koalaga.

Il demande à l’opinion nationale à savoir raison garder. Car la volonté de vouloir s’affranchir dans l’immédiat peut  pousser à prendre des décisions qui risquent d’avoir des effets très négatifs sur le pays.

Oumarou Koalaga pense qu’il faut plutôt aller dans la coopération et de mutualiser les efforts. Il rappelle aussi que le Burkina Faso a déjà une coopération avec la Russie sur un certain nombre d’aspects. Et qu’il n’a pas attendu cette crise pour diversifier ses partenaires.

Monsieur Koalaga espère que les autorités prendront les bonnes décisions pour éviter que le pays subisse des sanctions.

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