Activités transfusionnelles : A Tengandogo, le CNTS s’ouvre aux journalistes

Afin de mettre les professionnels des médias au parfum de l’activité transfusionnelle, le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a organisé une visite guidée sur les différents segments de la production des produits sanguins labiles, ce lundi 25 avril 2022 au Centre régional de transfusion sanguine de Ouagadougou. Après la visite, les hommes et femmes des médias ont vu leurs connaissances renforcées sur ce domaine à travers des communications animées par les responsables dudit centre.

Le sang collecté par le Centre national de transfusion sanguine subit un parcours minutieux, avant d’être déclaré conforme à l’utilisation. A son arrivée dans un site de collecte de sang, le donneur doit avant tout décliner son identité et répondre à un certain nombre de questions renseignant son état de santé.

Après cette étape, c’est le prélèvement qui s’en suit. Ici aussi, on se renseigne de nouveau sur l’identité du donneur. Celui-ci doit être agé de 18 à 60 ans et pesé au moins 50 kilogrammes. Une fois finie, intervient le prélèvement proprement dit. Dès que c’est acté, toutes les poches de sang recueillies sont envoyées en préparation.

Dr Josica Alice Zongo

Dr Josica Alice Zongo, cheffe de service préparation des produits sanguins labiles, explique que cette phase permet d’obtenir les produits sanguins de qualité. A ce stade, il faut le préciser, le sang n’est toujours pas prêt pour usage.

Les tests de base

Car il doit être soumis au laboratoire pour les quatre examens de base recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à savoir le VIH, les hépatites B et C et la syphilis.

« Notre mission c’est de coordonner les activités de préparation des produits sanguins labiles, c’est aussi de veiller à ce que tout produit sanguin qui rentre dans le service soit préparé en bonne et due forme dans les délais requis, et permettre de disponibiliser les produits sanguins en temps réel et le plus tôt possible pour les malades », a-t-elle expliqué.

L’étiquetage

Pour établir une traçabilité sur les différents produits sanguins depuis leur collecte jusqu’à la distribution, il y a une section informatique au niveau du service de préparation, qui s’occupe de l’étiquetage de toutes les poches de sang. « La phase informatique nous permet de renseigner toutes nos poches de sang », a précisé Dr Josica Zongo.

La phase de séparation

Il faut surtout noter que le travail fait au niveau de la préparation permet de séparer les différents constituants sanguins. Grâce à des machines qu’ils ont ici, en 12 minutes, ils obtiennent le concentré de globules rouges en bas et le plasma en haut de la plaquette. L’on a ainsi la séparation.

Avant cette technologie, souligne Dr Josica Alice Zongo, il fallait attendre 48 heures pour arriver à séparer les différents composants sanguins. Mais maintenant, ça se fait en quelques poussières de minutes.

Une machine qui permet la séparation des constituants sanguins en 12 minutes

A l’issue de la phase de préparation, des produits doivent être envoyés au laboratoire comme signalé plus haut. Mais pour réduire le temps de travail, les échantillons sont envoyés au labo au même le service de préparation y est dessus. Ce, pour satisfaire à la demande qui est d’environ 100 poches par jour. Bientôt ce nombre va accroître avec la période du paludisme qui arrive, selon les responsables.

Le CNTS dispose également d’un service qualité. Tous les produits sanguins déclarés aptes à l’utilisation sont soumis à un contrôle qualité. A ce niveau, certaines poches déclarées conformes pour l’utilisation des adultes, peuvent s’avérer après le contrôle qualité aptes pour les enfants. En clair, le CNTS fonctionne à l’image d’une industrie.

Le sang est périssable

Sur le fait que le CNTS connait chaque année des manques de sang dans ses réverses, surtout à la période juin-octobre, Dr Sinaré Coulibaly, directeur régional du centre régional de transfusion sanguine (Ouaga) a indiqué que le sang est un produit périssable, qui n’a que 45 jours de vie.

Dr Sinaré Coulibaly

Dépassé ce délai, il n’est plus utilisable. Ce n’est pas quelque chose que l’on doit commencer à stocker dès le début de l’année afin de palier à la période de forte demande, dit-il.

La situation sécuritaire du pays fait qu’aujourd’hui, les agents du CNTS ne peuvent plus se rendre dans certaines localités du pays pour des opérations de collecte. Alors que selon Sinaré Coulibaly, ce sont des opérations de collecte mobile qui renforcent les stocks. Du coup, le CNTS craint que la crise soit plus violente, cette année à cause de la dégradation de la situation sécuritaire.

Dr Céline Kiba Koumaré, directrice générale du CNTS salue cette visite et surtout les échanges avec la presse qui permettront aux journalistes selon elle, d’avoir un autre regard sur le traitement de l’information concernant la transfusion sanguine. « Et votre action contribuera sans nul doute à améliorer l’adhésion des populations au don de sang », a-t-elle conclu en précisant que le sang au CNTS n’est pas payant.

Willy SAGBE

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