Utilisation du gaz butane dans les taxis : « L’essence est plus dangereuse que le gaz », se défend le président des jeunes taximen du Burkina

L’Association des jeunes taximen du Burkina nie en bloc la dangerosité de l’utilisation du gaz butane dans les taxis. Pour elle, il est au contraire moins dangereux que l’essence. Au lieu de l’interdire, le président de l’association, Moumouni Ouédraogo, suggère aux autorités une formation poussée pour améliorer leur technologie.

« Avec l’utilisation des bouteilles de gaz par les taximen, le risque de danger est très élevé », déclarait le directeur de la police municipale de Bobo-Dioulasso, Seydou Coulibaly, lors d’une opération inopinée de saisie de taxis utilisant le gaz butane, le 1er décembre 2020. Cette opération, a précisé en son temps le commandant Coulibaly, visait à sensibiliser les taximen aux dangers de l’utilisation des bouteilles de gaz. Mais les chauffeurs de taxi utilisant le gaz butane battent en brèche ce point de vue.

Selon Moumouni Ouédraogo, les véhicules fonctionnant avec de l’essence sont plus dangereux que ceux utilisant le gaz.

« L’utilisation de l’essence est plus dangereuse que le gaz butane », a lancé d’entrée Moumouni Ouédraogo, président des jeunes taximen du Burkina. En effet, selon son explication, une fois le gaz monté dans le taxi, il passe par plusieurs mécanismes avant de pouvoir démarrer le véhicule. A l’en croire, à la dernière étape, le butane qui sort, même si on allume du feu à coté, il ne s’enflammera pas. « C’est une quantité infime qui sort pour alimenter le taxi », a-t-il expliqué. Et d’ajouter que si le butane sort en grande quantité, le véhicule ne démarre même pas. Le président des jeunes taximen du Burkina a aussi clamé qu’en cas d’incendie, il est plus facile déteindre un véhicule qui fonctionne avec du gaz butane qu’un autre fonctionnant avec de l’essence.

Accompagner les taximen

Comme alternative, Moumouni Ouédraogo propose qu’au lieu de placer à la fourrière les taxis utilisant le gaz butane, les autorités accompagnent les taximen à travers des formations plus poussées, afin d’améliorer leur technologie. De son point de vue, mettre les taxis à gaz en fourrière, c’est augmenter le taux de chômage dans un pays qui suffoque déjà. « Pour mon expérience, au Togo, au Ghana, on utilise le gaz butane dans les taxis. Pourquoi les autorités ne sont pas à leurs trousses ? », s’est-il interrogé, avant de répondre : « C’est parce qu’elles ont accompagné ces jeunes avec des formations ».

« Avec la bouteille de 12 kg, on peut faire la semaine et faire de bonnes recettes », explique Moumouni Ouédraogo.

« La vie devient de plus en plus chère au Burkina »

« Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous avons basculé vers le gaz butane. Vous convenez avec moi que la vie devient de plus en plus chère au Burkina », a-t-il expliqué pour justifier leur basculement vers le gaz butane. Car l’utilisation du gaz butane, a-t-il poursuivi, détruit nos moteurs. D’après Moumouni Ouédraogo, avec une bouteille de gaz de 12 kg, un taxi, en fonction de ses courses, peut rouler une semaine et faire de bonnes recettes. Mais avec 10 000 francs CFA d’essence, a-t-il dit, c’est à peine si on peut faire la semaine. « Nous n’avons pas le choix vu que nous avons des familles à gérer. Avec l’augmentation quasi-trimestrielle du prix du carburant, il nous fallait trouver une alternative sinon nos enfants risquent d’abandonner l’école », a-t-il terminé.

Obissa Juste MIEN
Lefaso.net

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