Usine SECOBIO de Koudougou : Le tout premier directeur général installé

Nommé en conseil des ministres du 5 février 2020, le nouveau et tout premier directeur général de la société d’égrenage du coton biologique (SECOBIO) M. Bernard Zougouri a été installé le vendredi 21 février.

C’est le secrétaire général du ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat M. Boubacar Traoré, assisté de l’administrateur général de la SECOBIO, M. Wilfrid Yaméogo, par ailleurs directeur général de la SOFITEX qui a procédé à son installation. En procédant à son installation, le secrétaire général du ministère en charge du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat a rappelé que c’est le 30 janvier en marge du SICOT que le Président du Faso a personnellement procédé à l’inauguration de l’usine SECOBIO. SECOBIO faut-il le rappeler, intervient dans le sous secteur coton biologique, qui s’attaque à un marché de niches, a indiqué Boubacar Traoré.

Aussi, il a rappelé au directeur général installé qu’à ce titre, il ya beaucoup de défis à relever, surtout que plus de 8000 acteurs interviennent dans ce sous secteur, en milieu rural avec près de 58% de femmes. Agissant au nom de son ministre, le secrétaire général a soutenu que cela démontre l’importance de cette société pour le département du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, dont les activités vont contribuer à l’atteinte des objectifs de développement. Comme défis immédiats, Boubacar Traoré a indiqué que le nouveau directeur général aura à travailler pour lancer ce sous secteur du coton biologique et faire en sorte que la production puisse se positionner et ouvrir des perspectives à de milliers de personnes qui peuvent y investir.

Une usine de 4 milliards de FCFA pour booster le coton biologique

Se prononçant pour sa part, l’administrateur général de la SECOBIO, Wilfrid Yaméogo, DG de la SOFITEX a indiqué que SECOBIO est une société anonyme dont le capital initial est de 10 millions de FCFA pour les besoins de conduite du projet. Le capital de SECOBIO est détenu majoritairement par l’UNPCB a hauteur de 51% et minoritairement par la SOFITEX à 48% a précisé Wilfrid Yaméogo. Quant aux infrastructures qui y sont déployées, elles s’étendent sur un hectare environ avec une superficie bâtie de 5000 m2.

La conception de l’usine, son montage et sa mise en route sont du génie combiné des techniciens de la SOFITEX, a soutenu M. Yaméogo. L’usine a une capacité d’égrenage de 17 500 tonnes de coton graine par campagne, soit 125 tonnes par jour. Le coût global des investissements s’élève à 4 milliards de FCFA, a révélé Wilfrid Yaméogo à l’installation du nouveau directeur général.

A l’endroit des acteurs de la filière, il les invite à plus d’abnégation et de professionnalisme pour booster sensiblement la production du coton biologique au Burkina Faso. De l’avis du directeur général de la SOFITEX, l’installation du DG de la SECOBIO constitue une étape majeure pour tous les producteurs de coton, le personnel, ainsi que les opérateurs économiques car l’usine va apporter un souffle nouveau à l’économie locale.

Selon lui, le coton bio est un marché de niches à l’échelle mondiale, et constitue par conséquent, une source de retombées financières. C’est pourquoi son implantation constitue un message fort, un marquage de zones, afin d’aller davantage vers la conquête des champs pour une production plus importante. En acteur avisé du secteur du coton, le DG de la SOFITEX dit ne pas douter des qualités techniques, humaines et professionnelles qui guident les pas de l’usine SECOBIO.

Après son installation, le nouveau directeur général de SECOBIO M. Bernard Zougouri a indiqué que c’est un grand jour pour lui, dans la mesure où ça marque le départ d’une nouvelle société dans un sous secteur très important pour l’économie nationale. En termes de défis, il a précisé que le premier défi à relever est de travailler à accroitre la capacité de production cotonnière, pour pouvoir rentabiliser cet outil de production, installé à coût de milliards de FCFA. A l’endroit de ses collaborateurs, il demande leur disponibilité, à accepter aller au charbon, travailler d’arrache-pied, travailler à rationnaliser les dépenses.

Que peut-on retenir de l’usine SECOBIO

On peut retenir que SECOBIO est la toute première unité industrielle d’égrenage de coton dédiée au coton biologique au Burkina Faso et en Afrique de l’Ouest et du Centre. L’usine SECOBIO était attendue depuis de longues années par l’ensemble des acteurs de la filière coton, qui se sont lancés dans la production du coton biologique il y a une quinzaine d’années.

La mise en route de l’usine va permettre d’éviter la récolte tardive de la production qui entraine entre autres, un égrenage tardif du coton graine biologique ; des retards dans la commercialisation de la fibre du coton biologique ; un paiement tardif des producteurs ; des risques de contamination liés à l’égrenage dans des installations non dédiées par sous-traitance ; une mise en place tardive des semences pour le démarrage de la campagne agricole ; un découragement des producteurs et l’abandon de la production du coton biologique.

La fibre de coton produite par l’usine SECOBIO dans des conditions rigoureuses et conformément aux normes internationales de certification permettra au coton biologique du Burkina Faso d’être plus compétitif sur le marché international du coton durable.

Raogo Yaméogo

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