Trafic d’armes : Le Burkina Faso à égalité avec le Niger, le Tchad et l’Ukraine, selon une étude internationale

Le Burkina Faso, avec un indice de 5.49 sur 10, est le 21e pays africain le plus affecté par le crime organisé dans le monde, selon l’Indice mondial sur le crime organisé. Le pays se classe derrière Madagascar et devant la Guinée Bissau. Sur le plan mondial, il occupe la 67e place. Dans le top 10 africain, la République démocratique du Congo détient la palme d’or (1er au plan mondial) suivie du Nigeria, de la Centrafrique, du Kenya, de l’Afrique du Sud, de la Libye, du Mozambique, des deux Soudans et du Cameroun.

Le « crime organisé » est défini comme l’ensemble des activités illégales, menées par des groupes ou des réseaux agissant de concert, en se livrant à la violence, à la corruption ou à des activités connexes afin d’obtenir, directement ou indirectement, un avantage matériel. Ces activités peuvent être menées à la fois à l’intérieur d’un pays et à l’échelle transnationale.

Vaste réseau constitué de plus de 500 experts à travers le monde, l’Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée a publié, début octobre 2021, une étude où les pays sont notés sur un score allant de 1 à 10. Plus un pays est proche de la note de 10, plus il a des niveaux élevés de criminalité organisée. Cette criminalité englobe le trafic et la traite d’humains, le trafic d’armes, de drogues, etc.

Ce rapport donne également le score de la résilience/résistance qui reflète l’existence, la capacité et l’efficacité des réponses des pays à la criminalité.

Trafic d’êtres humains en Lybie dans un marché d’esclaves

56e place pour le marché du crime

Il ressort du rapport que le Burkina, avec un indice de 5.49 sur 10, est le 21e pays africain le plus affecté par le crime organisé dans le monde. Pour ce qui est du score du marché du crime, le Burkina est classé 56e avec une moyenne de 5.35 derrière Haïti et devant le Tchad.

En matière de traite des êtres humains, le pays a un score de 6.0. Cela inclut l’esclavage moderne et le trafic d’organes.

Pour ce qui est du trafic d’armes, le Burkina affiche un score de 8.0 et est à égalité avec le Tchad, le Niger et le Venezuela, l’Ukraine.

En ce qui concerne les crimes liés à la flore et à la faune, le pays affiche respectivement un score de 4.0 et de 6.0 sur 10.

Le Burkina classé parmi les pays qui ont une faible résilience

Le Burkina Faso est logé dans la catégorie des pays ayant à la fois une faible criminalité mais aussi une faible résilience. Environ 40% des pays du monde (77) sont situés dans cette catégorie.

« Alors que les menaces actuelles du crime organisé dans ces pays peuvent être relativement minimes, les efforts de renforcement de la résilience doivent être avant-gardistes et orientés vers la prévention. Les résultats de l’Indice montrent que le crime organisé est un phénomène omniprésent et en évolution rapide. Il est donc important que des mesures de résilience soient mises en place pour répondre de manière adéquate aux nouvelles dynamiques de la criminalité, si elles devaient apparaître. Cela est particulièrement vrai pour les pays qui partagent des frontières avec des voisins classés comme ayant un taux de criminalité élevé », peut-on lire dans le rapport diffusé en anglais.

La deuxième place pour l’Afrique

Selon l’étude, l’Afrique est le deuxième continent enregistrant le niveau le plus élevé de crime organisé avec un score de 5,17 sur 10. Le continent se classe juste derrière l’Asie qui affiche un score de 5,30 et devant les Amériques (5,06), l’Europe (4,48) et l’Océanie (3,07).

Sur le continent noir, l’Afrique de l’Est enregistre les niveaux les plus élevés de criminalité organisée, avec un score de 5,66. L’Afrique de l’Ouest vient en deuxième position avec un score de 5,47, suivie de l’Afrique centrale (5,11). Des pays comme la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali et le Niger, sont logés dans la catégorie des pays ayant une forte criminalité et une faible résistance aux activités criminelles.

« En Afrique, de nombreux pays – plus de la moitié – sont moins résilients, mais ne présentent pas des niveaux élevés de criminalité. Beaucoup d’entre eux sont des pays en développement, ce qui limite la capacité de l’État à mettre en place des mesures efficaces, mais en même temps cela signifie qu’ils offrent moins d’incitations pour que le crime organisé prospère », avance le Global Organized Crime Index.

Dans le même temps, l’étude explique que les pays qui n’ont pas historiquement des niveaux élevés de criminalité n’ont pas eu la capacité de développer des mécanismes adéquats pour lutter contre le crime organisé. « Il existe également des pays comme le Nigeria et l’Afrique du Sud qui résistent assez bien au crime organisé, mais souffrent également d’un niveau élevé de criminalité ».

Le Sénégal, le Rwanda et le Botswana bien logés

Parmi les pays africains ayant une faible criminalité et une forte résistance à y faire, l’on retrouve le Sénégal, le Rwanda, le Bostwana, le Cap-Vert et l’île Maurice. Ces pays sont logés dans la même enseigne que des pays comme la Belgique, le Portugal, l’Allemagne, le Danemark la Suède, Israël, le Japon, la République de Corée, le Canada, l’Argentine, Singapour, le Quatar, etc.

Qu’est-ce qui rend un pays plus vulnérable au crime organisé ?

L’une des principales conclusions de cette étude montre que près de 80 % de la population mondiale vit dans des pays où la criminalité est élevée. Aussi près de 80 % vivent dans les pays à faible résilience face au crime organisé. « Cela ne veut pas dire, cependant, que la taille de la population est un facteur déterminant de la criminalité, mais plutôt une question d’impact.

Les populations qui vivent dans un environnement à forte incidence de crime organisé sont particulièrement vulnérables à l’influence criminelle qui, si elle n’est pas traitée de manière adéquate, peut imprégner les sphères politique, sociale, économique et sécuritaire des communautés, s’enraciner dans les sociétés et laisser peu de place aux activités formelles, légales et légitimes pour gagner du terrain », peut-on lire dans l’étude.

Selon l’étude, la coopération internationale est un autre domaine où la relation avec la criminalité est quelque peu ambiguë. « Les pays ayant des niveaux élevés de coopération internationale n’ont pas nécessairement des marchés criminels moins répandus que les pays ayant de faibles niveaux de coopération internationale. La Colombie, par exemple, qui a le score le plus élevé pour la coopération internationale (9,0), a également le deuxième score le plus élevé du marché criminel (7,20) ».

En clair, selon l’étude, le crime organisé est la menace la plus pernicieuse à la sécurité humaine, au développement et à la justice dans le monde aujourd’hui.

HFB
Lefaso.net

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