Roger Wango, reaggeman burkinabè : « Je crois que le message de Bob Marley reste toujours d’actualité »

Il est l’une des grandes figures du reggae burkinabè. Véritable défenseur de la musique de Bob Marley, l’homme aura sillonné le monde entier avec son orchestre. Il avait une seule mission, celle de distiller de bons tubes aux mélomanes d’ici et d’ailleurs. Il est l’auteur des chansons à succès comme « Raga de Ouaga », « Je suis fan de toi ». Vous l’avez certainement déjà imaginé. Il s’agit de Roger Wango. A l’occasion du 11 mai 2021, date anniversaire de la mort de Bob Marley, Lefaso.net lui tendu son micro. Au téléphone, il nous donne de ses nouvelles.

Lefaso.net : Pourquoi vous-avez choisi le reggae comme style musical ?

Wango Roger : J’ai choisi le reggae parce que c’est ce qui me plaisait à l’époque. On avait monté un groupe au lycée qui s’appelait les « rastas for life Brother ». On ne jouait que du reggae. On a connu le reggae même avec des gens comme Jimmy Cliff. Il chantait des chansons de Bob Marley. C’est après qu’on a découvert que ce sont des chansons de Bob Marley. C’est la musique qui m’a fait à l’époque. Le message m’a touché. Le son me plaisait. On est tombé dedans. On a eu envie d’en faire avec quelques camarades.

Combien d’albums avez-vous mis sur le marché ?

J’ai produit cinq albums avec des singles

Qu’est-ce que finalement la musique vous a apporté ?

La musique m’a apporté beaucoup de choses. Ç’a même changé ma vie. Ç’a été le carrefour de rencontres pour le boulot, pour les tournées un peu partout. La découverte du monde, les grandes scènes, la compagnie, la rencontre aussi avec d’autres artistes, des artistes internationaux que je n’allais jamais rencontrés si je ne m’étais pas lancé dans ce boulot-là.

40 après la mort de Bob Marley, quel message retenir ?

Je crois que le message de Bob Marley reste toujours d’actualité. De toute façon quand il a démarré, c’était dans les années 70. C’étaient les combats pour la libération de l’homme noir. Il y avait encore l’apartheid, la guerre en Namibie, en Afrique de Sud. C’est quelqu’un qui est venu avec un message pour qu’on change de paradigme, pour qu’on prenne conscience que nous sommes des Noirs, que nous pouvons changer notre vie, que nous pouvons changer le monde. Il a apporté un message d’amour et de paix pour le monde entier, pour rassembler les hommes tout simplement. Je crois que ce message-là est toujours là aujourd’hui.

Vous n’êtes plus assez actif. Que devient Wango Roger ?

C’est vrai que je ne suis plus très actif sur scène, mais quand on m’invite, je n’hésite pas. Il est arrivé par exemple en plein Covid-19 qu’on m’ait invité à jouer à des festivals. Je me suis plutôt mis du côté de l’environnement. Je suis au village. Je plante des arbres. J’essaie d’apporter quelque chose, ma petite pierre pour les générations futures. Je travaille toujours en background. J’ai fait pas mal de musiques de théâtre. Je joue toujours avec des camarades. On fait un peu de studio quand on peut. On s’occupe toujours même si je ne suis plus actif comme avant.

Aujourd’hui vous avez des responsabilités traditionnelles. Comment vous arrivez à les gérer ?

Il n’y a pas de soucis. Quand je me suis retrouvé au village, je suis devenu chef même parce que j’ai mené des activités qui font en sorte que je me retrouve avec cette responsabilité. Je suis arrivé parce qu’il fallait se battre pour qu’il y ait un changement de mentalité. Comme je l’ai dit, je me suis investi vraiment beaucoup dans l’environnement, tout ce qui est plantation d’arbres, récupération de sols et compagnie. Je me suis battu pour les histoires de forages, l’école du village. Je me bats toujours pour être utile à ma communauté.

Propos recueillis au téléphone par Dimitri OUEDRAOGO
Lefaso.net

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