Réformes foncières au Burkina : Des propriétaires terriens de Saaba disent niet !

Des propriétaires terriens de la commune de Saaba ont annoncé le mardi 11 mai 2021 dans ladite localité, qu’ils s’opposent aux réformes foncières annoncées par le gouvernement. C’était au cours d’une conférence de presse organisée à cet effet. Pour eux, le gouvernement gagnerait à maintenir et conforter le droit des propriétaires terriens sur leurs terres.

La grogne contre les réformes foncières annoncées par le gouvernement continue. Après les propriétaires terriens de Pabré le 6 mai dernier, c’est autour des propriétaires terriens de la commune de Saaba à la sortie Est de Ouagadougou de monter au créneau. Regroupés au sein de l’association Nakolbzanga de Saaba, ils disent avoir une inquiétude et alerte ainsi l’opinion sur les enjeux que recouvre la mission confiée au comité de réflexion interministériel. Celui-ci doit prendre des mesures urgentes et fortes sur la promotion immobilière et en matière de gestion foncière au Burkina.

Pour Dipama Paul Baowendsom, un des membres de l’association, ces intentions projetées dans le contexte actuel les inquiètent. Cela, surtout que le travail et les engagements moraux et financiers déjà investis de part et d’autre dans le secteur est une réalité sociale à laquelle l’Etat doit apporter des réponses. Il se demande bien si le gouvernement a pensé aux conséquences sociales et économiques profondes que cela pourrait engendrer.

Les propriétaires terriens mobilisés pour la circonstance

Il a expliqué que pour eux propriétaires terriens, s’il faut tout remettre en cause, ils sont foutus. Au regard des engagements, ils se demandent s’il faut fuir ou mourir. Dans leur commune de Saaba, il a indiqué qu’ils ont cru bon de privilégier l’urbanisation en adhérant aux projets immobiliers. Ceci du fait que de par le passé, ils ont assisté à des lotissements gérés par l’administration où des autochtones n’ont pas pu bénéficier de parcelles.

En lieu et place des reformes, les propriétaires terriens demandent à l’Etat, pour une gouvernance foncière apaisée, de maintenir et conforter le droit des propriétaires terriens sur leurs terres. Ils souhaitent que le gouvernement facilite l’exécution des projets immobiliers déjà enclenchés. Ils suggèrent aussi la création d’un cadre de concertation tripartite (l’Etat, les propriétaires terriens et les promoteurs immobiliers). Les chefs coutumiers des villages environnants ont participé massivement à la conférence de presse. Ils rejettent tous les reformes annoncées.

Dimitri OUEDRAOGO
Lefaso.net

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