Réformes du système éducatif : Une « grève nationale contre Ouaro » avortée

Dans un écrit approximatif, des élèves avaient appelé leurs camarades de Ouagadougou à se mobiliser ce jeudi 20 mai devant le lycée Philippe Zinda Kaboré pour une « grève nationale contre Ouaro » (Pr Stanislas). Rien de concret ne s’est passé dans ce sens.

La marche des élèves contre le ministre Ouaro sur les réformes du système éducatif au Burkina Faso était annoncée pour se tenir ce jeudi 20 mai 2021. Lefaso.net a plutôt constaté la présence de la police nationale devant le ministère en charge de l’Education nationale de même que devant certains lycées (Philippe Zinda Kaboré, Nelson Mandela…) et la fermeture de certains établissements.

Note de la mobilisation pour une grève nationale contre Ouaro

Nous avons constaté aussi que la population vaquait paisiblement à ses occupations. Il n’y avait ni barricades ni coup de sifflets de la part des élèves ni gaz lacrymogènes du côté des forces de l’ordre. Aucun attroupement d’élèves comme d’habitude. Qu’à cela ne tienne, nous avons cependant pu interroger des élèves sur les réformes qui font des gorges chaudes ces temps-ci.

Des établissements vides

Si certains élèves ignorent toujours la cause des différentes manifestations, ce n’est pas le cas pour d’autres en classe de Terminale D au lycée Philippe Zinda Kaboré. Ils ont confié à Lefaso.net que le gouvernement a décidé de confier l’organisation du baccalauréat (jusque-là considéré comme le premier grade universitaire) au ministère de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MENAPLN) en lieu et place du ministère en charge de l’Enseignement supérieur. Pour eux, certes, les deux ministères ont lors d’un point de presse affirmé qu’il n’y aura pas de test avant d’avoir accès à l’université mais rien n’est sûr tant que cela n’est pas écrit noir sur blanc.

Des forces de l’ordre devant les établissements

Ensuite, le gouvernement entend également supprimer les sujets au choix pour les épreuves telles qu’Histoire-géographie et sciences de la vie et de la terre (SVT) afin d’imposer un sujet unique pour soi-disant préserver l’égalité de chance entre les candidats. Il y a aussi la suppression des examens blancs du BEPC et du Baccalauréat. Pourtant l’examen blanc, soutiennent les élèves, leur permet d’évaluer leur niveau afin de corriger leurs tares et de mieux se préparer pour affronter les épreuves des examens de fin d’année. « C’est parce qu’ils volent l’argent du contribuable pour scolariser leurs enfants hors du pays qu’ils pensent que toutes les réformes profitent aux élèves burkinabè », s’insurgent-ils puis d’ajouter : « C’est contre l’ensemble de ces mesures démesurées que les scolaires se dressent courageusement contre les réformistes pour dire NON, c’est assez et ça doit cesser ».

Les populations vaquent paisiblement à leurs occupations

L’exemple des devanciers

Ils ont par ailleurs expliqué qu’en 1999-2000, leurs devanciers ont brillamment lutté contre ces genres de réformes éducatives qui devraient consacrer l’organisation du baccalauréat par l’Office central des examens et concours du secondaire (OCECOS).

À l’époque, les élèves, les étudiants, les enseignants et d’autres acteurs de l’éducation ainsi que des patriotes se sont opposés victorieusement. « Aujourd’hui nous aussi disons NON ! », a déclaré l’un d’eux. Il reste persuadé que la présente réforme du BAC vise à réduire au maximum l’accès aux universités publiques. « Nous allons nous battre jusqu’à ce que mort s’ensuit » a-t-il prévenu.

Dofinitta Augustin Khan
Lefaso.net

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