Ramadan 2021 au Burkina : « Notre pays a d’urgence besoin de s’unir face aux adversités de toutes sortes », appelle l’imam Tiégo Tiemtoré

La fin du mois de jeûne 2021 au Burkina est marquée par la fête de l’Aïd El-Fitr, célébrée par les musulmans ce jeudi 13 mai. A Ouagadougou, et comme à l’accoutumée, le Cercle d’études, de recherches et de formation islamiques (CERFI) et l’association des élèves et étudiants musulmans au Burkina (A.E.E.M.B) ont organisé la prière sur le terrain Dabo Boukary de l’Université Pr Joseph Ki-Zerbo.

Jour de prières, de rassemblements et de partage entre les membres de la société, notamment les plus démunis, l’Aïd El-Fitr rappelle donc aux fidèles, l’ensemble des valeurs d’une vie en harmonie entre individus. En cette matinée de jeudi, les musulmans se sont massivement rendus aux points de prière. A l’Université Pr Joseph Ki-Zerbo, les nombreux fidèles ont d’abord eu une pensée pour les victimes de l’insécurité, rendu un hommage aux personnes qui oeuvrent pour la stabilité nationale et la préservation de l’intégrité du territoire national. Dans le contexte difficile que traverse le pays (insécurité, nombreux déplacés, pandémie de la COVID-19), ils se sont exhortés à redoubler de pensée pour les personnes en difficultés et surtout à agir en leur faveur.

Des propos corroborés par le Sermon de l’imam Tiégo Tiemtoré qui a dirigé la prière. « Être musulman, c’est vivre avec les hommes et les accompagner sur le chemin du bien-être ; c’est lutter pour faire sortir les humains de toutes les vulnérabilités qui handicapent la dignité humaine « , a soutenu l’imam.

Les fidèles musulmans ont reçu la visite des représentants et leaders des autres confessions religieuses.

Il précise plus loin : « Au-delà des discours, nous sommes attendus sur les chantiers, entre autres, de la prise en charge des personnes vulnérables et des malades, l’offre sanitaire et éducative de qualité, l’éducation de la jeunesse, la dénonciation des anti-valeurs, la lutte pour l’injustice, afin de contribuer au mieux-être des Burkinabè. Où se trouve notre foi, quand on est indifférent aux pleurs de l’orphelin, la misère de la veuve, la complainte du malade, la destruction de l’environnement, les déboires des enfants de la rue, l’injustice à l’égard d’autrui, etc.? ». C’est pourquoi exhorte-t-il les associations islamiques à se départir des clivages et des querelles byzantines à se concentrer sur l’essentiel, conformément aux exigences de la sincérité de la religion.

Tiégo Tiemtoré a également, pointant les moments difficiles que vit le pays, invité chacun à préserver la cohésion, l’harmonie et faire de la foi, un vecteur de progrès, de justice et de cohésion sociale. « Comprendre et accepter les autres et vivre en harmonie avec eux, plus que la tolérance, c’est un droit d’être et un devoir de présence. Vivre ensemble selon l’islam, c’est aller à la rencontre de tous et de toutes, apprendre de l’autre, partager des valeurs universelles de l’espèce adamique. Vivre ensemble selon l’islam, c’est être avec Dieu et vivre avec les hommes, au-delà de la couleur, de l’ethnie et des différences d’opinions », insiste l’imam Tiemtoré.

Regard sur l’actualité, le leader religieux a relevé que la réconciliation nationale est un impératif, compte-tenu des périodes sombres de l’histoire du pays, des frustrations, des incompréhensions, des actes de haine, de rejet des autres, de discrimination et du délitement des relations inter-communautaires. « Notre pays a, d’urgence, besoin de s’unir face aux adversités de toutes sortes », a appelé, plus loin, l’imam Tiégo Tiemtoré.

Il a, en outre, encouragé les dirigeants à ne pas se consacrer seulement aux élections, mais à surtout œuvrer avec dévouement pour les générations à venir, accorder une grande attention à la justice sociale et à l’équité.

O.L
Lefaso.net

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