Projet RESIANE : Une table ronde pour partager les approches réussies

L’ONG Action pour la faim (ACF) a organisé, le vendredi 24 janvier 2020, à Ouagadougou, une table ronde dans le cadre du projet « Renforcer durablement et de manière intégrée la résilience des populations vulnérables à l’insécurité nutritionnelle dans la région de l’Est (RESIANE) », un projet implémenté par le consortium ACF, Gret, Helvetas et Tin tua. Le budget alloué par l’Union européenne à travers le fonds fiduciaire est de 6 926 314 euros pour le financement dudit projet.

L’objectif de cette table ronde est de partager les approches innovantes réussies dans le cadre du projet RESIANE. C’est aussi l’occasion d’en tirer les enseignements pour une meilleure implémentation desdites approches. Des partenaires des membres du consortium Action contre la faim (ACF), Tin tua, Gret, Helvetas Burkina assistent à cette rencontre d’une demi-journée. Les approches innovantes réussies sont au nombre de cinq (05).

Il s’agit en l’occurrence de l’approche de développement de marché pour les populations vulnérables, mise en œuvre par l’ONG Helvetas Burkina ; l’approche SURGE, mise en œuvre par l’ONG ACF. A cela s’ajoutent l’approche Fonds de contingence, mise en œuvre par l’ONG ACF, l’approche utilisation des TIC Allo Lafi, mise en œuvre par l’ONG Gret et enfin l’approche Comité de suivi citoyen, mise en œuvre par l’association Tin tua.

Présentation des approches innovantes réussies dans le cadre du projet

Cette dernière approche, comme l’a souligné le directeur exécutif de l’association, permet une meilleure participation des communautés dans la vie de la commune. « On a des communes qui avant n’arrivaient pas à mobiliser suffisamment les taxes locales. Avec la sensibilisation par le comité de suivi citoyen, ces communes ont pu voir les recettes locales augmenter de 30 à 40%.

C’est vrai que ce n’est pas uniquement à cause de l’action des comités mais ces derniers ont beaucoup contribué. L’avantage aussi, c’est lorsqu’on approche ces communes pour leur demander d’investir sur fonds propres dans la santé, dans l’éducation, elles sont plus aptes à le faire parce qu’elles ont reçu de nouvelles sources de financement », a relevé Yembuani Yves Ouoba, tout en précisant qu’avec les autres partenaires, des réussites ont été observées au niveau de la sécurité alimentaire et nutritionnelle où les indicateurs se portent mieux dans la région de l’Est, selon lui.

Le directeur pays de l’ONG Action contre la faim, premier à partir de la gauche

De par le passé, cette région était avec le Sahel, l’une des dernières régions avec des indicateurs au-dessous du niveau national. A quelques jours de la fin du projet ROSIANE, le directeur exécutif de l’association Tin tua pense déjà à l’avenir : « Avec la situation actuelle, nous avons beaucoup de déplacés, l’idée de ce consortium, c’est d’apporter une réponse non seulement en prenant en compte les questions d’urgence mais en travaillant aussi en parallèle sur les questions de développement ».

Selon le directeur- pays de l’ONG Action contre la faim, ROSIANE est un projet multisectoriel qui est mis en œuvre par les quatre organisations précédemment annoncées. Il a officiellement démarré ses activités le 1er mai 2017 pour s’achever le 31 janvier prochain. Le public cible, les populations les plus vulnérables dans les provinces de Tapoa (8 communes), de Komandjari (3 communes) et du Gourma (commune de Matiacoali).

Les participants

D’un coût global de 6 926 314 euros, ledit projet poursuivait trois objectifs spécifiques. M. Grégoire Brou a, dans son discours, cité l’amélioration de l’accès des ménages et groupes vulnérables aux services de base et aux actions préventives de la malnutrition ; l’amélioration durable des capacités productives des ménages et groupes vulnérables et de leur accès à une alimentation diversifiée ainsi que l’amélioration des capacités communautaires et institutionnelles en gestion des risques et réponses aux désastres.

« Ce programme multisectoriel, holistique, global a eu de très bons résultats. Justement cette table ronde est là pour expliquer ces résultats au plus grand nombre pour que ça serve de modèle dans les projets futurs qui seront menés dans cette région », a-t-il rappelé. Il a par ailleurs souligné qu’en matière de nutrition, le projet a appuyé les ménages à travers la distribution de farine infantile et de cheptel. Il s’est également investi dans le renforcement des filets sociaux pour l’accès aux services de base des ménages très pauvres. Sur ces trois dernières années, environ 227 000 personnes ont bénéficié des activités de ce projet dans les 12 communes de la région de l’Est.

Aïssata Laure
Lefaso.net

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