Projet FASST : Pour le maintien de 24 000 filles et adolescentes dans le système éducatif

Soutenir l’accès à une éducation de qualité pour les filles et adolescentes burkinabè âgées de 6 à 16 ans, directement affectées par l’évolution de la situation sécuritaire. C’est l’idée qui a prévalu à la mise en place du projet « Les Filles accèdent à une scolarisation sécurisée et à temps (FASST) », lancé officiellement ce lundi 24 février 2020, à Ouagadougou. Financé par le gouvernement canadien à hauteur de 16,2 millions de dollars (7,5 milliards de francs CFA), ledit projet sera mis en œuvre durant 3 ans dans les régions à fort défi sécuritaire que sont le Sahel, l’Est, le Nord et le Centre -Nord.

Ce n’est plus un secret : la dégradation des conditions sécuritaires au Burkina Faso a un impact négatif continu sur l’éducation scolaire des enfants. A la date du 15 février 2020, le département en charge de l’éducation enregistrait 2 457 établissements scolaires fermés et 328 411 élèves hors des salles de classe, du fait de l’insécurité.

Dans un tel contexte, l’on se demande comment les élèves, particulièrement les filles, pourraient jouir pleinement de leur droit à l’éducation dans un pays où cette question était déjà une problématique. D’où les initiatives prises par le gouvernement, avec l’appui de ses partenaires, pour venir à bout de cette situation inédite. « Quand Plan international et la Fondation Stromme ont commencé les discussions sur le concept de ce projet avec l’ambassade du Canada et le ministère, il y a plus d’un an, la crise sécuritaire n’était pas ce qu’elle est actuellement, et le système éducatif n’était pas aussi éprouvé qu’il ne l’est aujourd’hui », a rappelé le représentant résident de Plan international Burkina Faso, Yaouba Kaigama.

Aujourd’hui, dit-il, la pertinence de ce projet, inspiré d’ailleurs du Projet d’accès à l’école primaire par la stratégie de scolarisation accélérée à travers les centres à passerelle (PASS+), mis en œuvre depuis 5 ans par le consortium, reste indéniable et s’aligne sur la nouvelle stratégie d’éducation en contexte d’urgence du ministère qui entend soutenir les stratégies et actions favorisant l’accès ininterrompu a l’éducation de qualité. Cela, au profit des enfants de 6 à 16 ans, en particulier les filles, dans les régions affectées par la crise sécuritaire et humanitaire.

Et si le projet PASS+ aura permis de scolariser 181 074 enfants hors-école à ce jour, la directrice régionale de la fondation Stromme, Rokiatou Dembélé, affirme que son institution et l’ONG Plan international vont procéder, dans le cadre de la mise en œuvre du FASST, à l’ouverture de 225 centres, dans le cadre de la Stratégie de scolarisation accélérée /passerelle (SSA/P) et SSA2. Le but étant d’accueillir, durant 3 ans, plus de 5 600 enfants hors-école dans les régions du Nord, du Centre-Nord, du Sahel et de l’Est. En termes de bénéficiaires directs, on parlera de 51 000 enfants et adolescents âgés de 6 à 16 ans dont 24 000 filles et adolescentes. Le projet permettra également de toucher environ 48 000 familles où sont issues les filles et adolescentes.

« Le projet FASST bénéficiera non seulement aux filles, mais aussi aux garçons et aux communautés dans lesquelles ils vivent, en particulier leurs parents et leurs enseignants. Chaque bénéficiaire des localités concernées, aura à y gagner et je me réjouis de cette opportunité qui leur sera offerte d’accéder à l’éducation et d’y demeurer », a soutenu le chef du département de l’éducation, Pr Stanislas Ouaro, confiant que ce projet, soutenu par Affaires mondiales Canada (AMC), vient à point nommé. En effet, la vision de l’AMC étant de construire des sociétés pacifiques en mettant fin aux inégalités et à la pauvreté, l’ambassadeur du Canada au Burkina, Carol McQueen, a inscrit ce projet dans la Politique d’assistance internationale féministe de son pays, qui entend faire avancer l’égalité entre les sexes et contribuer à l’autonomisation des femmes et des filles.

En attendant l’opérationnalisation du projet FASST dans les jours à venir, les différents acteurs de mise en œuvre sont réunis à Ouagadougou du 24 au 26 février 2020. Ils s’attèlent à l’élaboration du plan de mise en œuvre dudit projet.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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