Ouagadougou : la grande mosquée victime de mésententes partisanes

La grande mosquée de Ouagadougou a été fermée hier dimanche 30 août 2020 dans toute l’après-midi. Pour cause, des individus y ont fait irruption, ont défoncé des portes et changé leurs serrures. Qui sont ces manifestants ? Comment en est-on arrivé là ? Il y a tout simplement une crise de succession au sein de la communauté musulmane (CMBF).

Les relations sont au froid entre deux parties qui convoitent la présidence de la Communauté musulmane du Burkina Faso (CMBF). Il s’agit des partisans de l’imam El Hadj Abdou Rasmané Sana, président sortant de la CMBF, et ceux du Cheick Mahamoudou Bandé.

Tout serait parti de l’évènement du vendredi 28 août, quand l’imam El Hadj Aboubacar Kassoum Sana qui, après être rentré de France pour des raisons de santé, est allé prier à la grande mosquée de Ouagadougou. Cela n’a pas été bien perçu par certains fidèles qui l’ont clairement manifesté, empêchant ainsi celui-ci de prier le “Djouma”.

Plus tard, une vidéo a circulé sur les réseaux sociaux mettant en cause les partisans du président sortant de la CMBF, El Hadj Abdou Rasmané Sana d’être à l’origine des faits du vendredi dernier. Le président sortant a réagi à cette accusation en l’ayant démentie et a pointé du doigt les partisans du Cheick Bandé, un autre prétendant à la présidence de la CMBF, d’être à l’origine des faits.

Ce sont ces accusations mutuelles qui seraient à l’origine des manifestations d’hier dimanche qui ont abouti à la fermeture de la grande mosquée toute l’après-midi. En rappel, l’imam Abdou Rasmané Sana est en fin de mandat et une autorisation des autorités politiques est attendue pour tenir le congrès qui va permettre d’élire un nouveau président.

Une crise a cours depuis des mois au sein de l’association de la Communauté Musulmane du Burkina Faso. Le 16 juillet dernier, le ministère en charge de l’administration territoriale, avait même, dans un communiqué, enjoint le président sortant, à repousser la date du congrès ordinaire de la CMBF. Cette demande avait énoncée au regard de “la situation délicate actuelle, qui prévaut au sein de ladite association et qui pourrait engendrer de graves risques de troubles à l’ordre public”. D’autant plus que les démarches qui étaient cours pour une sortie de crise n’étaient pas terminées.

Siaka CISSE (stagiaire)

Infowakat.net

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