Nouveau plateau technique de l’Office national d’identification (ONI) : La capacité de production passe de 15 000 à 25 000 cartes d’identité par jour

Des journalistes ont effectué une immersion ce vendredi 20 décembre 2019 à l’Office national d’identification (ONI). Ils ont pu s’imprégner du processus de fabrication de la carte nationale d’identité burkinabè, qui a connu une interruption pendant quelques jours pour permettre le renouvellement du plateau technique.

Il y a quelques semaines, l’Office national d’identification (ONI) informait la population du ralentissement voire de l’interruption de la production des cartes nationales d’identité burkinabè du 25 novembre au 6 décembre 2019. Et ce, pour permettre la maintenance et le remplacement de son plateau technique. La production ayant repris et pour rassurer l’opinion, l’ONI a initié une immersion au profit de journalistes. Sur place, guidés par Amidou Enoch Sorgho, commissaire de police et directeur de la production de l’ONI, ils ont pu s’imprégner du processus de production de la carte nationale d’identité burkinabè (CNIB).

200 personnes réparties en trois équipes travaillent 24 heures sur 24 pour la production des CNIB. Des explications de M. Sorgho, il ressort que la production débute par la réception des données des demandeurs, puis elles sont envoyées au service « gestion lots ». Là, les données sont organisées en lots pour faciliter le suivi des demandes en fonction des localités. Après la création des lots, les données sont remises aux opérateurs de saisie qui scannent aussi les différentes pièces qui comportent la demande de CNIB.

Puis les demandes sont envoyées au service biométrie qui procède à la vérification en faisant des comparaisons pour déceler les cas de fraude ou les doublons. « La biométrie travaille en fonction des empreintes digitales, des photos et de ce qu’on appelle la reconnaissance faciale », explique M. Sorgho. Et d’ajouter « Si vous prenez l’acte de naissance de quelqu’un et vous venez, à partir de là on peut déceler. Et même si vous changez votre profession sans justifier, on peut déceler. Si vous amenez également la photo de quelqu’un d’autre, à partir d’ici, on peut déceler.

On peut dire que c’est le dernier rempart. »

Après cette étape, les données qui ont satisfait au contrôle sont renvoyées à la salle de production pour impression. Une fois imprimées, les cartes font l’objet de contrôle au service assurance qualité. Si après ce contrôle elles répondent aux normes, elles sont triées en fonction des localités par le service tri qui constitue des enveloppes avec des bordereaux puis les remet à la réception. La réception à son tour est chargée d’expédier les enveloppes contenant les cartes par la poste dans les différentes localités. Pour Ouagadougou, M. Sorgho assure qu’en 72 heures, un demandeur peut recevoir sa CNIB. Par contre, pour les autres localités, le délai d’attente peut atteindre trois semaines voire un mois à cause du transport.

Pour ce qui est des dossiers soupçonnés de fraude, M. Sorgho explique qu’ils sont envoyés dans le service d’investigation qui « va convoquer les différents protagonistes, les écouter et statuer. Ce service délivre également ce qu’on appelle des réquisitions au niveau des services de police et de gendarmerie et même au niveau de l’Etat civil pour avoir la confirmation des pièces qui sont introduites pour demander la carte d’identité. Si ce service constate qu’il y a une infraction qui est constituée, les personnes concernées et le dossier sont envoyés au niveau du Parquet au tribunal pour un jugement. »

1 400 000 CNIB produites depuis janvier 2019

A en croire Kayaba Aristide Béré, directeur général de l’Office national d’identification, de janvier 2019 à ce jour, ce sont près de 1 400 000 cartes d’identité qui ont été produites. Avec le renouvellement du plateau technique et la mise à jour des logiciels, la capacité de production a augmenté. Ce nouveau matériel permet en effet de produire 25 000 cartes d’identité par jour contre 15 000 auparavant. « Les capacités induites se ressentent aussi au niveau sécuritaire.

Le système de protection de la production a été renforcée. Nous allons aussi commencer pour l’année à venir la numérisation des actes de naissance. Nous avons aussi la possibilité de mettre en place un dispositif de vérification de l’identité des personnes à travers les banques, les sociétés, à travers les notaires et aussi à travers les sociétés de téléphonie mobile. Ce remplacement de matériel s’inscrit aussi dans cette perspective », explique M. Béré.

Kayaba Aristide Béré, DG ONI

En outre, l’ONI, sur demande de la CENI (Commission électorale nationale indépendante), a fourni les données des personnes majeures en vue de constituer la liste électorale. Et ce sont 8 750 000 personnes qui ont été identifiées comme ayant l’âge de voter.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

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