Marteen Rusch, ambassadeur des Pays-Bas au Burkina : « L’homosexualité est un droit et il y a des collègues ambassadeurs qui sont homosexuels »

Au Burkina Faso, depuis la commémoration du 8-Mars et de la fête de Pâques, de nombreuses voix se sont levées pour condamner des pratiques qu’elles qualifient d’homicides et qui ne contribuent pas au développement culturel du Burkina Faso. Parmi elles, le Cardinal Philippe Ouédraogo lors de la fête pascale ce qu’il appelle la culture de mort et la dictature de la pensée unique. Nestorine Sangare, ex-ministre de la Femme, a aussi interpellé les mouvements féministes à définir clairement ce qu’ils entendent par féminisme.

Face à ces sujets aussi divergents, nous avons approché l’ambassadeur des Pays-Bas (spécialisé dans le domaine des droits de l’Homme) pour avoir leur compréhension sur des sujets qui touchent à la vie de la nation : avortement, féminisme, homosexualité. Aussi avec le diplomate Marteen Rusch, bientôt en fin de mission, nous avons fait le tour des projets de son pays réalisés en faveur du Burkina. C’est un diplomate ouvert qui ne cache pas ses points de vue que nous avons rencontré le vendredi 16 avril 2021 dans sa représentation diplomatique à Ouagadougou.

C’est un diplomate assez serein et ouvert qui s’est prêté à nos différentes questions. A l’entame de ses propos, Marteen Rusch déclare que la coopération entre la Néerlande et le Burkina date de plusieurs années et se porte bien. Rompue en 2013 pour des difficultés financières, cette coopération a revu le jour en 2018. Envoyé la même année comme attaché diplomatique des Pays-Bas au Burkina, Marteen Rusch affirme que plusieurs projets ont été mis en valeur au profit du Burkina notamment dans le domaine de l’eau, de l’éducation sexuelle et reproductive des jeunes, des droits de l’homme.

Dans le domaine de l’eau, la Néerlande forte de son expérience en la matière a accompagné le ministère de l’Eau et de l’Assainissement du pays des Hommes intègres. En matière d’emplois, le projet ‘’promesse’’ est un nouveau projet adressé aux femmes et deux autres projets en faveur des jeunes.

Pour renforcer la confiance entre les populations vivant dans l’insécurité et l’autorité centrale, les Pays-Bas en coopération avec le ministère de l’Administration territoriale du Burkina initient un projet dénommé Gouvernance locale et cohésion sociale. Dans le domaine judiciaire, l’ambassade assiste le ministère de la Justice pour solutionner des situations difficiles des prisonniers.

Les transgenres ne sont pas des formes de féminisme

En dehors de la coopération entre les deux pays, nous avons abordé le sujet des droits de l’homme. Contrairement à certaines opinions qui contestent la pluralité du féminisme, Marteen Rusch pense que toutes les théories féministes ne sont pas à contester. Pour lui, il peut exister des avantages comme des inconvénients, mais l’essentiel repose sur le respect de l’égalité entre l’homme et la femme. Il ajoute :’’Il ne suffit pas d’être en désaccord avec d’autres courants de pensée féministes. L’essentiel, c’est de se faire comprendre par la majorité qui défende le féminisme’’.

Quant aux déclarations sur l’avortement, le diplomate se dit favorable si toutefois la femme veut. « Toujours la volonté de la femme doit primer au-dessus de tout. Elle a le choix libre d’enfanter ou d’avorter. Le reste des opinions sur l’avortement est secondaire », nous apprend le diplomate néerlandais. A la question s’il est favorable à l’avortement, il répond : « Oui dans certaines circonstances. Il faut que les femmes enceintes sachent ce qu’elles veulent ».

Dans le corps diplomatique, il existe des homosexuels

Sur la question de l’homosexualité, Marteen Rusch affirme : ‘’Elle est un droit et il existe des collègues diplomates homosexuels. C’est une question de droit de l’homme. On ne peut pas faire de discrimination sur la sexualité de quelqu’un’’. Il continue en disant : ‘’On doit respecter la décision de la personne qui découvre qu’elle est homosexuelle. Nous défendons les droits des hétérosexuels comme des homosexuels’’.

Pour Marteen Rusch, les gens n’ont pas la même compréhension sur l’homosexualité parce qu’ils trouvent que c’est un phénomène étrange, les homosexuels ont par ailleurs le droit d’être différents des autres. « Qu’on légalise l’homosexualité ou pas, elle va passer parce qu’elle est déjà là », insiste-t-il.

A ceux qui pensent que la plupart des diplomates sont homosexuels, Marteen Rusch conclut : « Je sais que dans le corps diplomatique, il y a des homosexuels même s’ils sont minoritaires. J’ai des collègues homosexuels. Je ne comprends pas ceux qui sont contre l’homosexualité. Ce n’est pas grave, qu’est ce qui les menace ? Quel est votre problème ? N’existe-t-il pas d’autres hommes et d’autres femmes comme vous ? » A Chacun son opinion.

BEOGO Gérard.

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