Marcelin Somé, député-maire de Koper : « Je suis pour un redéploiement administratif avec une suppression des préfectures »

« Une petite commune mais belle », c’est l’appréciation d’un maire pour sa commune. Marcelin Somé, premier responsable de la commune de Koper ne cache pas ses sentiments pour sa circonscription. Commune rurale de la province du Ioba, Koper est située à 18 Km de Dano et une dizaine de Km de la frontière avec le Ghana. Elu député sous la bannière de l’UPC dans la province du Ioba, le bourgmestre de Koper s’exprime sur la vie de sa commune, la décentralisation au Burkina, l’enjeu d’être maire d’une commune rurale. Il donne également son avis sur les maires qui font face à la justice et le nomadisme politique.

Avocat de profession, Marcelin Somé a d’abord étudié les Sciences juridiques à l’université de Ouagadougou et ensuite au Canada pour le développement international. L’accession de Thomas Sankara au pouvoir a été selon lui, la boussole de son engagement politique.

Attaché au développement local de sa commune, Koper a une population estimée à trente mille habitants. Cette commune frontalière avec le Ghana tire sa richesse de sa production agricole. Elle est aussi réputée dans le domaine de l’exploitation artisanale de l’or. La population vit également de la maraicher-culture et de l’élevage.

Attaché aux règles du droit, la question du nomadisme politique n’est pas du goût du député-maire. Marcelin Somé pense que les acteurs politiques burkinabè qui font un jeu double, doivent être traités comme tel. Pour lui, ce sont des intérêts personnels et non pour l’intérêt général qui sont en jeu. Il ajoute que la décision du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation de suspendre le mandat de certains maires est une bonne décision qui permettra d’assainir le milieu politique.

La commune de Koper rencontre des difficultés

« La décentralisation en elle-même pose problème parce que l’engagement de l’Etat n’est pas effectif » selon M. Somé. La commune de Koper n’a pas d’agents administratifs et techniques disponibles. La mairie de Koper a un besoin réel de personnel. Les communes ont besoin d’un réajustement du programme de développement communal pour réadapter avec les besoins des communes. En matière d’infrastructures, les bitumes ont besoin de réhabilitation. Aussi, le maire de Koper ajoute que sa commune a besoin d’un accompagnement technique et financier. Les besoins en eau et en formation professionnelle sont également nécessaires, à entendre le bourgmestre.

Quant à l’annonce du Premier ministre d’un possible redécoupage territorial, Marcelin Somé n’est pas d’accord. Pour lui, ce n’est pas une bonne direction pour le Burkina. « Il faut plutôt renforcer les communes existantes », suggère-t-il. Il est plutôt favorable à un redéploiement administratif en supprimant les préfectures et en recadrant le fonctionnement des régions.

Les maires indélicats doivent répondre devant la juridiction

Les maires doivent répondre de leurs actes s’ils sont reprochés pour mauvaise gestion. C’est bien l’avis de Marcelin Somé. Chaque maire représente sa population et doit être transparent en matière de bonne gestion. A la question de savoir s’il y a des avantages d’être maire d’une commune rurale comme Koper, le député-maire répond par l’affirmative. Oui, parce que « nous sommes socialement bien traités. Aussi parce que nous sommes plus proches d’elles (populations) ».

Marcelin Somé dit être prêt à défendre la population de la commune et appelle de tous ses vœux l’engagement des partenaires.

Gérard BEOGO

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