Manifestation des élèves : « Aucune perturbation ne peut résoudre une crise », lance Elvis Somda, président de l’AEEEF

Les nouvelles réformes éducatives entreprises par le gouvernement burkinabè continuent de faire de gorges chaudes. Depuis quelques temps, des élèves manifestent dans certaines villes du pays pour dire non à des « innovations majeures » dans l’organisation des examens de fin d’année et la suspension des activités culturelles dans les établissements scolaires. Cependant, pour le président de l’Association des élèves et étudiants pour l’émergence du Faso (AEEEF), ces réformes sont essentielles pour le système éducatif burkinabè. D’où son appel à l’endroit de ses camarades élèves à savoir raison garder et à prôner le dialogue.

Elvis Somda est le président de l’Association des élèves et étudiants pour l’émergence du Faso (AEEEF). Cette structure qui a été créée en 2011 suite à la « crise Justin Zongo », regroupe les élèves et étudiants, ainsi que la coordination des délégués généraux des élèves de la région des Hauts-Bassins. Elle veut ainsi être un cadre d’échanges entre les élèves, les autorités administratives et les acteurs du monde éducatif, afin d’éviter les grèves notoires en milieu scolaire. Aussi, elle permet, à travers ses membres, d’interpeller les autorités pour qu’elles travaillent dans l’intérêt général des élèves et étudiants, dans le cadre scolaire et estudiantin. Selon son président, Elvis Somda, ces dernières grèves des élèves observées dans certaines localités du pays sont dues à une désinformation.

« Nous pensons qu’il y a une désinformation ou incompréhension, c’est pourquoi nous invitons nos camarades à aller à la source de l’information. A Bobo-Dioulasso, nous avons pu approcher la direction régionale de l’enseignement post-primaire et secondaire des Hauts-Bassins pour mieux comprendre ces nouvelles réformes éducatives. A l’issue des échanges avec le directeur régional et ses techniciens, nous avons compris que ces réformes ont plus d’avantages que d’inconvénients pour les élèves. Bien avant cette rencontre, les élèves racontaient partout qu’il n’allait plus avoir de second tour au BEPC et au Bac alors que ce n’est pas la vérité », déplore Elvis Somda.

A l’en croire, cette rencontre a permis aux membres de l’AEEEF de comprendre beaucoup de choses sur ces nouvelles réformes éducatives. « Concernant la suppression des sujets au choix au BEPC, parce qu’au Bac c’est maintenu, c’est bénéfique pour l’élève. Parce que souvent le choix du sujet prend assez de temps. L’élève peut prendre environ 15 minutes souvent pour lire un sujet et comprendre. Si pour chaque sujet il faut 15 minutes, déjà il perd 30 minutes en lisant les deux sujets alors qu’il n’a que deux heures pour travailler. Aussi, lorsqu’il commence à traiter le sujet et qu’il est bloqué à un moment, l’élève ne pousse plus la réflexion et décide de changer de sujet. Alors que cela le met en retard et le perturbe même souvent », a-t-il expliqué.

Elvis Somda invite les manifestants à la recherche de l’information juste

Il estime que lorsque c’est un seul sujet, cela permet à l’élève d’avoir plus de temps et de mieux se concentrer sur ce sujet. Selon lui, lorsqu’on prend cette réforme sous cet angle, elle a plus d’avantages pour les élèves. C’est pourquoi, il a invité tous les acteurs et particulièrement les élèves à savoir raison garder. Il a rappelé ainsi qu’avant, il y a eu des réformes sur le système éducatif, notamment au niveau du Bac où, il fallait passer un premier et deuxième tour avant de valider son examen. « Il faut que les gens se calment afin que nous puissions faire l’expérience et à la suite nous pourrions juger et voir ce qu’il y a lieu de faire », a souhaité Elvis Somda.

Bientôt un panel pour expliquer les nouvelles réformes aux élèves de Bobo
Pour le président de l’AEEEF, Elvis Somda, « aucune perturbation ne peut résoudre une crise ». D’où son appel à l’endroit des autorités et particulièrement des élèves à promouvoir le dialogue, la communication. « Il est important que les autorités du pays puissent communiquer plus sur ces nouvelles réformes et être réceptives, afin de recevoir les élèves qui ne comprennent pas, pour mieux leur expliquer. Aux élèves aussi d’approcher les personnes qui peuvent leur donner les informations justes parce que, généralement, certains s’informent auprès des personnes qui ne sont pas compétentes », a-t-il insisté. Avant d’annoncer l’organisation d’un panel à Bobo-Dioulasso pour bientôt, au profit de 1500 élèves et membres d’associations de parents d’élèves, pour mieux communiquer sur ces nouvelles réformes éducatives.

« Toutes les manifestations auxquelles nous assistons dans les autres villes sont au compte de la désinformation. Pour prévenir ces grèves à Bobo-Dioulasso, nous avons décidé d’accentuer sur la communication. Ce, dans le but de sensibiliser plus d’élèves et surtout prôner le dialogue. C’est l’un des objectifs visés à travers ce panel que nous allons organiser bientôt », a-t-il dit.

Il a par ailleurs salué la disponibilité et le sens d’écoute des acteurs de l’éducation dans la région des Hauts-Bassins, à savoir la direction régionale, les responsables d’établissements, etc. Elvis Somda a aussi déploré la mort de l’élève à Kongoussi, pendant les premiers jours de manifestation. Il a ainsi adressé ses condoléances à l’ensemble du monde éducatif.

Lefaso.net
Romuald Dofini

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