Lutte contre l’extrémisme violent : L’Eglise catholique apporte sa contribution

Le ministre d’État, ministre auprès du président du Faso, chargé de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale, Zéphirin Diabré, a procédé, ce jeudi 18 mars 2021 à Ouagadougou, au lancement du Projet de prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent dans les régions du Nord, du Centre-Nord et du Sahel (PREVI).

Le Burkina Faso vit depuis 2015 une situation sécuritaire difficile marquée par des activités terroristes. Ces attaques sont, selon Zéphirin Diabré, la conséquence directe de l’extrémisme violent. Elles sont, pour la plupart, perpétrées par des jeunes burkinabè enrôlés par des groupes armés terroristes (GAT), endoctrinés et retournés contre leur pays, souvent malgré eux.

Conscients que quelque chose peut être fait pour permettre à ceux qui le désirent, de retrouver leurs communautés et surtout d’éviter que d’autres personnes ne se rendent complices de ces groupes armés terroristes pour différentes raisons, le Centre diocésain de communication de Ouahigouya et l’Association Jeunesse pour le développement du Sahel (AJDS) ont initié le projet Prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent dans les régions du Sahel, du Nord et du Centre-Nord.

Zéphirin Diabré, ministre d’Etat chargé de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale

Créer des activités génératrices de revenus au profit des jeunes et des femmes

Selon l’abbé Victor Ouédraogo, directeur du Centre diocésain de communication de Ouahigouya, il s’agira de « sensibiliser les jeunes et les femmes à se prémunir de tout ce qui peut les pousser à rejoindre les groupes armés terroristes ou à être des complices de ces groupes ».

Cela va passer par des actions de communication et de sensibilisation dans les médias et aussi auprès des responsables religieux, communautaires et d’établissements.

Convaincus que la pauvreté est l’un des terreaux fertiles du terrorisme, les initiateurs du projet comptent proposer des activités génératrices de revenus aux jeunes et aux femmes des localités couvertes par le projet. Aussi, le retour des jeunes enrôlés dans les GAT est un volet du PREVI. « Nous allons aussi mener des plaidoyers auprès des gouvernants afin qu’ils créent des cadres pour le retour des enfants du Burkina Faso qui se sont engagés dans ces groupes et qui veulent sincèrement revenir à la vie normale », a ajouté l’abbé Victor Ouédraogo.

L’abbé Victor Ouédraogo, directeur du Centre diocésain de communication de Ouahigouya

Trouver les moyens pour le retour des enfants du Burkina Faso

C’est aussi l’idée du ministre d‘État, ministre auprès du président du Faso, chargé de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale, qui s’est dit convaincu qu’il faut organiser le retour des fils et filles du Burkina Faso.

« Ces jeunes ont commis des actes contre leurs communautés, leur voisinage, leurs villages et leur patrie. D’ailleurs, il se pose ici la question de ce que nous voulons faire d’eux. Qu’on le veuille ou non ce sont nos enfants, ce sont des Burkinabè et il va falloir qu’on trouve les moyens de les faire revenir à la maison et qu’ils abandonnent ce comportement qui ne les honore pas et reprennent une vie normale », a indiqué Zéphirin Diabré.

Financé par les Pays-Bas à près de 700 millions de francs CFA, le projet sera mis en œuvre pendant 36 mois, soit du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2023.

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

Related posts

Leave a Comment