Lutte contre l’extrémisme violent au Burkina : L’UNESCO lance un projet pour construire la paix à travers l’éducation

L’Organisation des Nations-unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a lancé le projet « Renforcer la résilience des jeunes face à l’extrémisme violent et leur engagement en faveur de la construction de la paix à travers l’éducation », ce jeudi 27 mai 2021 à Ouagadougou.

Pour l’UNESCO, le meilleur moyen de prévenir l’extrémisme violent et de lui faire perdre tout attrait est d’édifier des sociétés ouvertes, équitables, inclusives et pluralistes, fondées sur le respect des droits humains et offrant des perspectives économiques à tous. Ainsi, l’organisation onusienne a lancé le projet « Renforcer la résilience des jeunes face à l’extrémisme violent et leur engagement en faveur de la construction de la paix à travers l’éducation » dans trois pays à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Ce projet vise à renforcer la résilience des jeunes face à l’extrémisme violent et leur engagement pour la construction de la paix, à travers une approche préventive basée sur l’éducation. Il cible les élèves ainsi que les jeunes qui ne sont pas, ou plus, scolarisés.

Pour le représentant du ministre de l’Education nationale, par ailleurs chargé de missions du ministère, Jean-Noël Tagnabou, ce projet est la bienvenue, vu le contexte actuel du Burkina Faso. L’insécurité s’accentue et les écoles se ferment. « Nos enfants, au lieu de constituer l’espoir de demain, constituent plutôt le réservoir où les adversaires puisent pour alimenter ce que nous essayons de stopper », a-t-il déploré.

Une vue des participants à la cérémonie du lancement officiel du projet.

« Privilégier les compétences socio-affectives des jeunes »

Selon le représentant du Bureau régional multisectoriel de l’UNESCO pour l’Afrique de l’Ouest (Sahel), Guillaume Husson, ce projet cherche à renforcer la résilience des enfants et des jeunes face aux discours de haine et à la propagande qui légitiment le recours à la violence. « Le projet privilégie non seulement les compétences cognitives des enfants et des jeunes, mais aussi leurs compétences socio-affectives et comportementales afin d’encourager le respect de la diversité, de l’égalité des genres et l’engagement responsable », a-t-il insisté.

Ce projet intervient dans un contexte où le système éducatif burkinabè est affecté. A en croire le secrétaire général de la commission nationale pour l’UNESCO, Fatié Ouattara, à la date du 14 mai 2021, ce sont 2 227 établissements qui sont fermés, d’où 303 000 élèves d’éducation. Face à cette situation, il y a lieu de trouver une solution, car le Burkina Faso a besoin de tous ses enfants, a-t-il martelé.

Le représentant du ministre de l’Education nationale, Jean-Noël Tagnabou (à droite), et le représentant du Bureau régional multisectoriel de l’UNESCO pour l’Afrique de l’Ouest (Sahel), Guillaume Husson.

Le lancement officiel de ce projet intervient au lendemain de l’arrestation de trois enfants qui se faisaient passer pour des terroristes en semant la terreur à Daouirba, un village de la commune de Tougouri, région du Centre-nord. Fatié Ouattara fonde son espoir sur l’éducation afin d’aboutir à la paix, à la cohésion sociale et l’harmonie. « La paix est dans l’éducation, la paix se construit par l’éducation, il faut éduquer et se laisser éduquer dans et à la paix », a-t-il affirmé.

Ce projet est financé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangère de la France (MEAE) et mis en œuvre par l’UNESCO. La première phase a commencé en septembre 2020 et les résultats sont attendus en décembre 2022.

Cryspin Masneang Laoundiki
Lefaso.net

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