Liberté de la presse au Burkina : Une situation « plutôt bonne », selon le rapport 2020

La moyenne nationale de la liberté de la presse en 2020 chute de 2,5 à 2,41 sur 5. Toutefois, cette note correspond à une situation « plutôt bonne ». C’est ce qui ressort du rapport sur l’état de la liberté de la presse au Burkina.

Le rapport 2020 de Reporter Sans Frontières, qui classe le Burkina comme le meilleur élève en Afrique francophone en matière de liberté de la presse, n’est pas le seul indicateur de l’état de la liberté de la presse. Au plan national, une étude est régulièrement commanditée chaque année par le centre national de presse Norbert Zongo et a droit de cité. A l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée cette année sous le thème de la viabilité des entreprises de presse, le rapport a été présenté au centre national de presse Norbert Zongo.

« En choisissant ce thème, nous exprimons notre souhait de voir l’ensemble de la communauté politique, économique et médiatique consentir des efforts au profit de l’entreprise de presse. Ce maillon indispensable à la production de l’information est en péril », a déclaré le président du comité de pilotage du centre national de presse Norbert Zongo, Inoussa Ouédraogo.

Une moyenne en chute

Dans le rapport, il ressort que la moyenne de la moyenne nationale de la liberté de la presse a dégringolé de 2,5 en 2019 à 2,41 sur 5 en 2020. Et même si derrière cette chute, les acteurs s’accordent à dire que la situation est plutôt bonne, le rapport fait ressortir les obstacles ou faiblesses liées à ce recul.

Les obstacles du recul

Selon Dr Lassané Yaméogo, il s’agit entre autres de l’inadéquation du régime fiscal, les formes et actes de violation de la liberté de la presse. A ce sujet, 2020 a connu une valse de journalistes et techniciens des médias publics avec près de 370 agents affectés dans des services administratifs. Il y a eu également quatre cas d’intimidation et / ou de menace de mort à balle réelle, un cas de cambriolage et deux cas de condamnation, à Ouaga et à Diébougou.

Parmi les autres obstacles constatées et qui justifient ce recul de la moyenne, il y a la précarité des journalistes avec des salaires bas et une non-effectivité de la convention collective, le difficile accès à l’information publique (la loi 051-2015/CNT portant droit d’accès à l’information publique et aux documents administratifs, n’est toujours pas suivie d’un décret d’application), l’absence de soutien du marché de publicité par les agences de publicité et assimilés, l’absence d’indice d’audience, de chiffres de tirage et de statistiques sur la consommation des médias électroniques, etc.

Sur l’étude d’impact du Covid-19 sur le travail des journalistes burkinabè, réalisé à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, il ressort que les mesures prises par le gouvernement pour freiner la propagation de la maladie comme la mise en quarantaine de certaines villes a freiné le travail de collecte de l’information. Certaines rédactions ont travaillé pendant un moment à distance.
A propos d’impact économique, il ressort que des rédactions ont dû diminuer leurs effectifs et des salaires des journalistes pour pouvoir faire face à la pandémie. Cette situation a donc créé plus de pertes que de gain pour les médias.

Lefaso.net

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