La cherté du permis de construire au Burkina Faso

Le permis de construire est très cher au Burkina Faso ! Et en plus d’être très chère, la procédure est longue, fastidieuse et semée d’embûches et de nids de rackets.

Déjà le prix, pour un projet avec au moins 2 niveaux (duplex) pour une parcelle de 300-400m2: plan de bornage établi par un expert géomètre assermenté (225.000 fcfa), l’étude de sol par le LNBTP (300.000 fcfa), l’étude de sécurité incendie (50.000fcfa), les frais de traitement au CEFAC (entre 80.000 et 150.000 fcfa selon leur humeur), soit en moyenne 700.000 fcfa pour les charges hors études.

Donc toi l’architecte, l’annonceur de toutes ces « mauvaises nouvelles » au client qui n’en savait absolument rien en venant te voir (encore faut-il que l’architecte soit assez honnête pour dire tout ça au client dès le debut), tu es même gêné de lui dire qu’après « tout ça », il va devoir payer tes honoraires d’études ainsi que ceux de l’ingénieur génie civil qui fera l’étude d’ingénierie. Si fait que les Burkinabè aiment accuser l’architecte d’être cher, pourtant en ratio de travail, dans toute la chaîne, l’architecte est de très loin le moins cher. En plus c’est votre premier allié qui reste avec vous du 1er au dernier jour. L’Etat Burkinabè doit vraiment revoir l’ensemble de la procédure, l’alléger, la rendre moins longue et plus accessible.

Le « petit fonctionnaire » Burkinabè qui a pris un petit prêt pour construire, tout son argent a 100% de chance de disparaître avant qu’il n’ait obtenu la 1ère pièce qui est le plan de bornage (en moyenne 45 jours). Bien sûr, les gens vous donnent les gros bons chiffres qu’on donne au programme Doing Business, mais en tant qu’acteur central du processus, je puis affirmer qu’il faut en moyenne 6 mois pour obtenir toutes les pièces et votre permis de construire.

Et là encore c’est parceque nous (encore Tahar et ses amis bagarreurs) avons fait une grosse bagarre au niveau du CEFAC et de la DGAHC sinon les dossiers étaient rejetés plusieurs fois pour des motifs farfelus juste pour que le client passe derrière mouiller la bouche de quelqu’un. De la même manière, nous nous sommes farouches opposés au Conseil de l’Ordre des Architectes qui voulait imposer l’an passé un cachet de l’Ordre dans la procédure: pas question d’alléger temps et prix de la procédure ! C’est dire que nous architectes faisons de notre mieux pour alléger la procédure mais l’Etat, vu les nombreuses ressources que ça génère (il faut avoir la quittance de paiement des 3 dernières années de la taxe de résidence) ne semble pas prêt à faire le moindre effort hormis les gros discours et gros chiffres alléchants servis au programme Doing Business.

Résultat : les Burkinabè préfèrent se « débrouiller » avec un tâcheron, un technicien qui n’hésite pas à se présenter comme architecte ou ingénieur ou une entreprise de construction qui se dit en même temps cabinet d’architecture (l’Ordre a traduit en justice plusieurs entreprises faisant ce genre de publicité sur facebook) plutôt que de recourir aux vrais acteurs avec tout ce que cela comporte comme risque pour la qualité finale de leur future maison. Vivement un vrai changement. Bonne journée les amis.

 

Source:  Lahousséni Tahar

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