Gestion du Covid-19 au Burkina : L’UPC demande la démission de la ministre de la Santé

L’Union pour le progrès et le changement (UPC) a animé une conférence de presse à son siège à Ouagadougou, le jeudi, 30 avril 2020. La lecture du parti du lion sur la gestion de la crise sanitaire et le décès de la députée Rose Marie Compaoré, ont été à l’ordre du jour de cette conférence.

Dans sa déclaration, lue par le deuxième vice-président du parti, Adama Sosso, l’Union pour le progrès et le changement (UPC) dénonce une gestion catastrophique de la crise du Covid-19 au Burkina Faso. « Les circonstances de la disparition de notre sœur Rose Marie Compaoré/Konditamdé ont créé d’énormes polémiques », déclare le principal conférencier.

En effet, dit-il, les informations communiquées par la ministre de la Santé à la représentation nationale, ont été démenties par la famille de la défunte. C’est cette réaction de la famille et de certains journalistes qui a amené la ministre à s’expliquer plus tard dans le journal « Courrier confidentiel », en reconnaissant qu’elle avait menti.

Il faut le rappeler, l’UPC a perdu deux de ses vice-présidentes : la députée Rose Marie Compaoré et Mariam Sirima/Fofana, respectivement le 17 et le 30 mars 2020. Ce qui, selon les conférenciers, a contraint le parti au recueillement et au silence. Mais de façon générale, l’UPC trouve que le gouvernement a toujours menti au peuple concernant cette crise sanitaire. Le parti en veut pour preuves les déclarations de la ministre de la Santé, en janvier 2020, affirmant que le gouvernement serait prêt en cas de présence du Covid-19 au Burkina.

Adama Sosso, deuxième vice-président du parti, chargé des affaires politiques

La suite, tout le monde l’a constaté : le gouvernement n’était pas du tout préparé. Il y a aussi la déclaration du Pr Alkassoum Maïga sur un test encourageant à l’Apivirine sur certains malades du Covid-19, qui a été démentie par le coordonnateur du comité national de riposte, Pr Martial Ouédraogo ; la déclaration de la ministre de la Santé sur une éventuelle entrée de Chinois testés positifs sur le territoire burkinabè avec la compagnie Ethiopian Airlines, démentie par l’ambassade de Chine ; l’indignation générale autour du budget du plan de riposte qui prévoyait l’astronomique somme de 121 milliards de francs CFA pour la location d’hôtels.

Rabi Yaméogo, secrétaire général du parti

A cette série de mensonges s’ajoutent le dossier de la députée Rose Marie Compaoré, considéré par l’UPC comme un cas extrêmement grave, et le décès du vieux Maurice Dipama à son domicile après avoir vainement appelé la cellule de riposte au Covid-19. A la question de savoir l’attitude de l’UPC dans ce dossier de la défunte députée, le parti affirme n’être jamais resté silencieux.

Cependant la délicatesse de certaines questions exige un certain nombre de mesures discrètes. Mais, souligne le parti, l’enquête parlementaire engagée sur le dossier a été une initiative du parti qui a évoqué la question en premier. D’autres mesures ont également été prises dans le cadre de la recherche de la vérité sur cette affaire et se poursuivent, affirme l’UPC.

Henriette Paré, deuxième vice-présidente du Groupe parlementaire UPC

Tout compte fait, pour l’opposition, la série de mensonges a jeté le discrédit total sur la parole gouvernementale. A ce jour, de plus en plus de Burkinabè ne croient plus à l’existence même du coronavirus au Burkina, ce qui est dangereux. L’UPC déplore également un déficit de concertation, notamment avec les syndicats, les leaders religieux et coutumiers et l’ensemble des acteurs impliqués (commerçants, établissements scolaires, transporteurs, hôteliers…). Tout en saluant les mesures sociales prises, le parti dénonce du flou dans les autres mesures annoncées.

Au regard de cette cacophonie dans la gestion de la crise sanitaire, l’UPC exige la démission de la ministre de la Santé et un pardon officiel du gouvernement à la représentation nationale et à tout le peuple burkinabè. Pour finir, le parti appelle le président de l’Assemblée nationale à tirer toutes les conséquences du fait que le gouvernement ait menti à la représentation nationale et à tout le peuple burkinabè. L’UPC considère que toute autre posture de l’Assemblée nationale constituera un précédent très grave pour l’avenir de la démocratie et de l’Etat de droit au Burkina Faso.

Etienne Lankoandé
Lefaso.net

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