Formation sanitaire : Des professionnels prêts pour la prise en charge du psycho-traumatisme au Burkina Faso

L’Institut privé de médecine et sciences alliées (IMSA) a ouvert ses portes depuis quelques mois. Afin de poursuivre ses objectifs dans la formation en santé mentale, il a initié une formation certifiante dans la prise en charge du psycho-traumatisme. Cette formation a été couronnée, ce samedi 22 août 2020, par la remise d’attestations aux différents étudiants.

C’est la première formation certifiante que l’IMSA dispense, depuis son ouverture en novembre 2019. Cette formation est à l’intention des agents de santé, des psychologues, des travailleurs sociaux, des intervenants dans l’humanitaire, des Sapeurs-pompiers et des volontaires de la Croix-Rouge. Les décideurs aussi sont des candidats potentiels à cette formation parce que faisant partie des premiers exposés, et devant prendre une décision dans ces circonstances.

Selon Dr Pascaline Ilboudo, médecin, acteur dans le domaine humanitaire et participante à cette formation, « la prise en charge du psycho-traumatisme, c’est comment faire pour que les personnes qui ont vécu un événement traumatisant puissent accepter la douleur, la gérer, se relever et aller de l’avant ». D’après elle, personne n’est à l’abri du psycho-traumatisme ; tout le monde est susceptible d’être traumatisé un jour dans sa vie et il est important d’être pris en charge quand c’est le cas.

Dr Pascaline Ilboudo, participante à la formation de l’IMSA

Cette formation, qui est la première depuis l’ouverture de l’institut, se justifie par le contexte national. En effet selon le professeur Kapouné Karfo, un des promoteurs de l’établissement, « il y a la fréquence des attaques terroristes et récemment la survenue du Covid-19 avec leur cohorte de personnes choquées et de populations déplacées. On s’est très vite rendu compte avec les attaques terroristes qu’il y avait très peu d’intervenants qui pouvaient prendre en charge les personnes affectées. C’est suite à ce constat que nous avons jugé utile de proposer cette formation en première position pour palier un tant soit peu à cette insuffisance ». %

Pr Kapoune Karfo

De son expérience dans le domaine humanitaire, Dr Pascaline Ilboudo abonde dans le même sens. « Il n’y a pas assez de spécialistes en psychiatrie et psychologie, donc nous pouvons constituer un relais car ces derniers ne peuvent pas toujours se rendre sur le terrain comme nous. Et si on est limité, on peut toujours référer les patients aux spécialistes », explique-t-elle.

Elle se dit reconnaissante à l’IMSA et aux formateurs car cette formation lui permettra de renforcer ses capacités et surtout de travailler de manière plus légale.

Remise des attestations

Des formations inédites en santé mentale

La formation, d’une durée d’un mois, s’est déroulée tous les vendredis et samedis avec un volume horaire de 40 heures. Cependant, les promoteurs envisagent la boucler désormais en huit jours pour répondre aux souhaits de l’ensemble des participants, y compris ceux des futurs participants non-nationaux et de l’extérieur.
La prochaine session de formation certifiante comprendra, en plus du thème sur le psycho-traumatisme, un thème sur l’autisme (l’intervention en autisme).

Enseignants

Il n’y a pas que les formations certifiantes à l’IMSA ; il y a surtout des formations diplômantes. Il s’agit de formation en attaché en santé mentale, le master professionnel en psychologie clinique, la licence professionnelle en psychomotricité et enfin la licence professionnelle en orthophonie.

Les inscriptions pour les formations diplômantes commenceront le 15 septembre 2020.

Selon le professeur Kapouné Karfo, « les formations que proposent l’IMSA sont inédites au Burkina et pourraient être bénéfiques pour les populations ». Il insiste sur l’importance de la santé mentale, qui est la base d’un nouveau départ dans la vie de chaque personne traumatisée.

Remise d’attestations

Il invite, par ailleurs, « les ONG et organisations nationales et internationales, qui interviennent dans le domaine de la santé mentale, à prendre l’IMSA comme un institut qui va améliorer la qualité de leurs services ».
Retenons qu’il n’y a pas de santé sans santé mentale.

Adjaratou Tall (stagiaire)
Lefaso.net

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