Financement du monde agricole au Burkina : Plus de 1,3 milliard de F CFA pour commencer

Les ministres de l’Economie, des Finances et du Développement, Lassané Kaboré, de l’Agriculture, des Aménagements hydro-agricoles et de la Mécanisation, Salifou Ouédraogo, et le président du Conseil d’administration de la Banque agricole du Faso (BADF), Constantin Dabiré, partagent une même vision : Faciliter l’accès au financement du secteur agricole. C’est dans cette optique qu’ils ont matérialisé leur engagement commun en paraphant, ce mardi 9 février 2021, une convention de gestion du fonds de développement agricole. A travers ce fonds, l’Etat entend mettre 2 250 000 000 F CFA à la disposition de la BADF en vue de renforcer ses capacités d’intervention au profit du monde agricole.

Le secteur agricole burkinabè fait face à de nombreuses contraintes qui pénalisent ses performances dont la plus importante concerne le faible accès des acteurs du secteur au financement. Selon les statistiques de la BCEAO, publiées en 2020, la part du financement bancaire destiné au secteur agricole ne représente que 3,5%. C’est pour combler ce gap de financement que la Banque agricole du Faso (BADF) a été créée en 2018. Aussi, dans l’optique de disposer d’un instrument de financement des petits exploitants agricoles, il a été créé au sein de la BADF un guichet spécifique « Fonds de développement agricole (FDA) ».

Les participants lors de la cérémonie de signature de signature de la convention

La signature de convention de ce mardi 9 février 2021 consacre l’opérationnalisation de ce fonds, une promesse faite par le président du Faso, Roch Kaboré, en 2019, lors de la Journée nationale du paysan qui s’est tenue à Gaoua. Les partis signataires se sont réjouis du processus de création et d’opérationnalisation du FDA. En tant qu’instrument de mise en œuvre de la politique du gouvernement, le FDA sera abondé dès cette année par le budget national d’un montant initial de 1 350 000 000 F CFA.

Destiné aux petits acteurs du monde agricole intervenant dans les maillons de production, transformation et commercialisation, ce fond interviendra principalement dans des investissements d’acquisition d’intrants et de matériels agricoles ; des projets de fabrication locale d’équipements ou d’intrants agricole ; des activités de transformation artisanale ou semi-industrielle, de conservation et de commercialisation des produits agricoles, a indiqué le ministre en charge de l’Agriculture, Salifou Ouédraogo, dans son discours.

Le ministre de l’agricture temoigne sa gratitude aux PTF pour leur accompagnement

En plus de tout cela, le FDA servira d’instrument de financement de fonds de roulement au profit des transformateurs du riz national en vue d’assurer un succès à l’initiative présidentielle « produire un million de tonnes de riz paddy ». De ce fait, il constitue, d’après le ministre Ouédraogo, un instrument majeur de développement des chaînes de valeur agricoles du Burkina, tout en assurant une inclusion financière aux petits exploitants conformément à la vision déclinée par le Premier ministre Christophe Dabiré dans sa déclaration de politique générale, le 4 février 2021.

« Un prêt souple »

Concernant le montant à emprunter, il va d’un millions à 8 millions de F CFA pour les microprojets. S’agissant des industriels qui sont impliqués dans la transformation du riz, ils pourront bénéficier jusqu’à 100 millions de F CFA en terme de fonds de roulement. Pas de crédit sans intérêts. Contrairement aux banques classiques, les conditions de financement sont adaptées aux réalités des petits acteurs du monde agricole. « Les prêts qui vont être consentis dans le cadre du FDA, le seront à un taux maximum de 5%.

Le taux d’intérêt est de 5%

Ce qui n’existe pas sur la place bancaire habituellement. L’autre chose, c’est que les mises seront réparties dans le but de toucher le maximum d’acteurs du monde agricole notamment ceux qui sont porteurs de microprojets agricoles. Il y a un plafonnement du niveau, par exemple des concours, pour atteindre le plus grand nombre de personnes », a expliqué le directeur général de la BADF, Daouda Simboro. Le taux de 5% s’applique également aux acteurs de la filière riz. Les garanties ne sont pas une condition sine-qua-none pour bénéficier de cet accompagnement. En revanche, le comité de gestion va s’assurer de l’implication des porteurs de projets.

« 15 milliards de F CFA d’ici fin 2025 »

« Quand on vous donne un projet, quand vous n’avez pas un apport personnel, vous n’en prenez pas soin de la même manière que si vous avez sacrifié vos ressources personnelles pour faire avancer votre projet. A ce titre, il y a un apport personnel d’environ 10% qui sera assorti au montant que les promoteurs individuels vont demander », dira M. Simboro. De son côté, le ministre des Finances, Lassané Kaboré, a invité les acteurs du monde agricole à une utilisation efficace des ressources et surtout de veiller au remboursement des crédits qui leur seront accordés.

Le président du conseil d’administration a paraphé le document

Ceci en vue de permettre la survie du FDA et l’atteinte des objectifs assignés audit fonds. Quant au président du Conseil d’administration de la BADF, il a remercié les autorités burkinabè pour la confiance placée en son institution financière qui est « une banque créée pour accompagner le monde agricole et il interpelle aussi les PTF du Burkina Faso pour accompagner le FDA afin de permettre au maximum de Burkinabè de pouvoir bénéficier de financement pour produire ». Pour rappel, l’Etat ambitionne de financer le monde agricole à hauteur de 15 milliards de F CFA d’ici la fin du quinquennat.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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