Economie : Accusé de fraude et de collision avec des terroristes, Appolinaire Compaoré demande de l’aide au Médiateur du Faso

Le Médiateur du Faso, Saran Sérémé, a reçu en audience, ce lundi 17 mai 2021, le président du Conseil national du patronat burkinabè. Accusé de fraude et de collision avec des groupes armés terroristes évoluant dans le nord du Burkina Faso, Appolinaire Compaoré est venu demander l’aide du Médiateur pour se tirer d’affaire. Saran Sérémé a rassuré son visiteur de son soutien dans la mesure du possible.

L’affaire a été révélée dans une enquête de Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP). Reprise par la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest (CENOZO) et des médias burkinabè et d’autres pays, l’affaire fait actuellement grand bruit dans certains milieux.

Selon le rapport, le « patron des patrons » burkinabè est trempé dans un trafic illégal de cigarettes dans le nord du Burkina et dans d’autres pays de la sous-région. « Il dirigeait également un important entrepôt près de la frontière burkinabè avec le Niger et le Mali qui fournissait du tabac illicite aux militants du nord-Mali », mentionnent les enquêteurs. Les limiers vont jusqu’à attribuer au richissime homme d’affaires des fréquences peu recommandables notamment dans le milieu de la drogue.

« Pendant des années, il a travaillé avec le célèbre baron de la drogue nigérien, Chérif Ould Abidine, plus connu sous le nom de « Chérif Cocaïne », pour trafiquer la marque de cigarette Marlboro du nord du Burkina Faso à la Libye », ajoute le rapport pour qui, ces activités ont ouvert la route à des narcotrafiquants. « Les milliards de cigarettes que Compaoré achemine à travers le Burkina Faso financent des groupes armés et alimentent un conflit en ébullition qui tue des centaines de personnes chaque année. Les Marlboros qu’il fait traverser le Niger et le Mali pour être vendus en Libye ont aidé à établir des routes empruntées plus tard par les plus célèbres trafiquants de cocaïne et d’êtres humains au Sahel », renchérissent les enquêteurs.

Ces révélations ne font pas sourire le président du patronat qui a un sommeil très agité depuis la publication du rapport. Dans sa recherche de solutions, Appolinaire Compaoré était ce lundi dans les locaux du Médiateur du Faso. « Nous avons abordé plusieurs sujets dont la situation difficile que je vis actuellement. Des gens m’accusent de faire de la fraude et d’entretenir des terroristes. Pourtant c’est faux », indique le visiteur visiblement affecté par les écrits sur lui et ses activités.

« J’ai demandé au Médiateur de m’aider à m’en sortir en me soutenant. Lorsque quelqu’un a des problèmes qui nécessitent qu’on le soutienne, il doit en demander », a ajouté le président du Conseil national du patronat burkinabè.

Une promesse de soutien

Selon le patron de telecel et d’autres sociétés qui emploient des centaines de personnes, il a bénéficié d’une écoute attentive de la part du Médiateur du Faso. En effet, Saran Sérémé s’est engagée à épauler le président du CNPB dans ces moments difficiles.

« Lorsqu’un grand opérateur de la trempe de Monsieur Compaoré traverse des difficultés, il convient de les analyser et de voir comment nous pouvons nous accompagner dans la mesure du possible », a-t-elle indiqué. Pour le Médiateur du Faso, il existe plusieurs moyens possibles pour rétablir la vérité et laver l’image de M. Compaoré. Des enquêtes à l’aide de l’Etat, plusieurs pistes de solutions sont envisageables.

« On peut initier des enquêtes, prodiguer des conseils ou appeler l’Etat à accompagner la personne. Avec le concours des services chargés des enquêtes, toute équivoque peut être levée pour éviter qu’on salisse l’image d’une autorité économique de grand acabit. Parce qu’au Burkina Faso, nous avons pour mission d’accompagner tout Burkinabè qui développe des initiatives pour le bien-être des populations et pour la relance économique », a-t-elle conclu.

Au cours de leurs échanges, les responsables des deux structures ont aussi parlé des difficultés du patronat burkinabè dont les activités sont fortement impactées par la situation sanitaire. Ils ont aussi parlé du Festival international de lutte africaine, danses et chants traditionnels du Sourou qui aura lieu, le samedi 22 mai 2021 à Tougan, sur initiative du Médiateur du Faso.

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

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