Dégradation de la situation sécuritaire au Loroum : Les ressortissants de la province se serrent les coudes

Plus de 42 698 personnes déplacées internes à la date du 30 avril 2021 ; plus de 150 établissements d’enseignement primaire et secondaire fermés, jetant dans la rue plus de 17 000 élèves (désormais exposés au recrutement des forces du mal, des fillettes contraintes de vendre leur dignité pour se nourrir, tandis que d’autres enfants sont tournés vers les sites artisanaux d’or) ; des centres de santé fermés ; plusieurs dizaines de morts ; des services sociaux de base (dispositifs de télécommunications) détruits et emportés. C’est la cartographie de la province du Loroum (une des quatre provinces de la région du nord, située à environ 235 km de Ouagadougou), sous l’emprise des terroristes depuis quelques années maintenant.

Frontalière à la République du Mali, la province du Loroum se résume aujourd’hui, et essentiellement, à la commune urbaine de Titao (chef-lieu de la province), sur les quatre communes (Banh, Ouindigui, Sollé et Titao) qui la composent.
Le chef-lieu accueille la plupart des déplacés qui, malheureusement, continuent d’accroître (chaque jour ayant son lot d’exactions).

Dès les premiers moments du basculement dans ce cercle infernal, des initiatives se sont développées au sein des ressortissants, aux côtés des efforts du gouvernement et des partenaires, en groupes et par des approches individuelles. Et ce, au double aspect humanitaire et de quête de solution contre le mal. Mais les défis restent énormes et demandent davantage d’organisation et d’actions.

C’est pour mieux resserrer les rangs et peaufiner les actions pour plus d’efficacité et d’efficience que l’Association pour le développement de la province du Loroum (ADPL) a donné le ton par un appel au rassemblement général. Plus importante organisation réunissant les ressortissants de la province, créée en octobre 1999, et reconnue par les autorités nationales qui l’ont élevée, en décembre 2020, au rang de « Chevalier de l’ordre du mérite burkinabé », l’ADP a, tenant compte de toutes ces contraintes, envisagé un plan stratégique décennal (2021-2030) pour la localité. Pour valider ce plan, le bureau exécutif de l’association tient ce samedi 22 mai 2021 à Ouagadougou, un atelier.

Le président de l’ADPL, Hamadé Kagoné dit Matourkou.

Présidé par le haut-commissaire de la province du Loroum (absent à l’ouverture, car appelé à gérer des urgences suite à une attaque enregistrée dans la province, il y a quelques heures), l’atelier regroupe les députés de la circonscription, les maires des communes, les conseillers techniques de l’association, les représentants locaux de l’association, des représentants de l’association des élèves et étudiants ainsi que des partenaires au développement de la province.

La présentation du plan stratégique sera suivie d’échanges entre participants, en vue de le peaufiner. Ce référentiel, une fois adopté, sera assorti d’une feuille de route de mise en œuvre.

Boukari Jacques Nyampa (au micro), un des deux députés de la province.

L’ouverture des travaux a été une occasion pour le président de l’association, Hamadé Kagoné dit Matourkou, d’exhorter l’ensemble des filles et fils à resserrer les rangs pour sortir la province du bourbier. C’est tout aussi optimiste que le député Boukari Jacques Nyampa professe que le Loroum restera débout, invitant chaque « Loroumois » à se départir des considérations et mesquineries politiques pour mettre la main à pâte.

Lefaso.net

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