Déchets biomédicaux : Un nouvel incinérateur inauguré à Ouagadougou

Avec le soutien financier de la délégation de l’Union européenne et de l’Etat français, la ville de Ouagadougou vient de bénéficier d’un incinérateur moderne de déchets biomédicaux construit par l’ONG Expertise France dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Prévention des risques infectieux et sécurité en milieu des soins (PRISMS) ». L’inauguration a eu lieu le vendredi, 17 avril 2020, au Centre de traitement et de valorisation des déchets de la ville de Ouagadougou, sous la présidence du directeur général de l’offre des soins, Dr Salif Sankara, représentant la ministre de la Santé.

Chaque semaine, 31 992 kg de Déchets biomédicaux (DBM) sont produits par les structures sanitaires publiques et privées de la région du Centre. Les DBM comportant un risque infectieux doivent être incinérés dans les conditions de température élevée pour éliminer le potentiel infectieux. Pourtant, les structures de santé sur le plan national ont une grande insuffisance dans l’incinération de ces déchets, avec des pannes fréquentes des appareils qui ne sont pas adaptés et très souvent mal exploités. Afin de permettre l’élimination des DBM dans de bonnes conditions, un système de gestion mutualisé a été mis en place. Ce joyau a été acquis dans le cadre du projet « Prévention des risques infectieux et sécurité en milieu des soins (PRISMS) » mis en œuvre par Expertise France.

Cette infrastructure aménagée au Centre de traitement et de valorisation des déchets de la ville de Ouagadougou permettra de mutualiser le traitement des déchets biomédicaux de tous les hôpitaux de Ouagadougou et de ses environs, selon le représentant d’Expertise France, Tanguy Denieul. L’infrastructure est équipée d’un incinérateur d’une capacité d’environ 300 kg/heure, d’un local administratif de 50 m2, d’un local de stockage de DBM de 100 bacs de collecte, d’équipements de protection pour le personnel et deux camions de collecte spécifique à ces déchets. Le coût de la plateforme est de 311 millions de F CFA. Cette initiative de mutualisation de l’incinération des déchets touche d’autres régions du Burkina Faso. « Quatre autres plateformes régionales de 60 kg/jour à Ouahigouya, Kaya, Tenkodogo et Fada, d’un coût de 167 millions de F CFA », a confié M. Tanguy.

La plateforme d’incinérateur est le fruit d’une collaboration fructueuse

Le maire de la commune de Ouagadougou, Armand Béouindé, a situé le contexte qui a prévalu à l’organisation de la présente cérémonie. « Expertise France nous a approché en juin 2019 pour nous entretenir sur le dossier qui a immédiatement retenu notre attention. Car, la question de la gestion des déchets issus des hôpitaux est d’actualité sans pour autant trouver des solutions. Nous avons donc accueilli favorablement cette initiative et mis sans délai Expertise France en contact avec nos services techniques. Un hectare a été donné par la commune de Ouagadougou pour l’activité dédiée à la construction des DBM », a-t-il signifié.

Poursuivant son intervention, il a félicité le projet PRISMS et remercié l’Union européenne et l’Etat français pour leur accompagnement. La plateforme d’incinération des DBM est un bien commun. Et à ce titre, le représentant de la ministre de la Santé a sollicité l’engagement de toutes les parties pour sa bonne marche. Concernant la gestion, des échanges à venir permettront d’asseoir un modèle consensuel.

L’Union européenne, un partenaire fiable du Burkina Faso

La présente cérémonie d’inauguration fait également office de clôture du projet PRISMS. D’un coût global de 2,5 milliards de F CFA, ce projet, financé par l’Union européenne à hauteur de 90%, soit 2,4 milliards de F CFA, a couvert 21 hôpitaux et centres de santé des treize régions du Burkina Faso. Après 34 mois, la satisfaction est au rendez-vous.

« Il a permis d’accompagner la mise en place de normes, de protocoles et procédures dans les structures hospitalières ; de promouvoir la bonne gestion des DBM ; de former les agents ; d’acquérir et de mettre à disposition du matériel de stérilisation et d’hygiène et de réhabiliter des incinérateurs au profit des centres de santé, etc. », a relevé l’ambassadeur chef de la Délégation de l’Union européenne au Burkina, Wolfram Vetter, précisant que ces efforts concourent au renforcement de l’hygiène hospitalière et de la qualité des soins à travers la réduction des infections accidentelles. Au regard de la situation sanitaire, M. Vetter a réaffirmé l’engagement de l’UE à accompagner les plans nationaux de riposte contre le Covid-19, tant dans l’aspect sanitaire que dans l’économie et le social.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

Related posts

Leave a Comment