Crises sécuritaires au Sahel : La prévention, comme une des solutions privilégiées

La 6e session du réseau Solution think tank en Afrique de l’Ouest francophone (STT) se poursuit dans la capitale burkinabè, ce mardi 26 octobre 2021, avec des panels sur la sécurité au Sahel. Une session placée sous le parrainage du ministre de la défense et des anciens combattants, Barthélemy Simporé, qui a présidé la cérémonie d’ouverture hier lundi 25 octobre. Ladite session se tient du 25 au 27 octobre à Ouagadougou, dans le cadre du dialogue politique en Afrique de l’ouest organisé par la Fondation Konrad Adenauer Stiftung.

La mi-journée de ce deuxième jour de la 6e session du réseau Solutions think tank en Afrique de l’Ouest francophone (STT) a été marquée par deux panels sur la perception des acteurs locaux sur la crise sécuritaire et une analyse de l’état du Sahel d’aujourd’hui avec un examen de son passé. Deux panels animés par deux spécialistes sur les questions sécuritaires et la gestion des conflits en Afrique de l’Ouest francophone.

Il s’est agi de Sohadou Diasso, spécialisée en gestion des conflits et chercheure associée à Timbuktu institute- african center for peace de Dakar et du fondateur et directeur exécutif de Wathi (Dakar-Sénégal) Dr. Gilles O. Yabi. Au cours de leurs différentes interventions, les deux spécialistes ont montré des solutions et des pistes d’actions afin de faire face à la crise sécuritaire au Sahel.

La spécialiste en gestion de conflits et chercheure associée, Sohadou Diasso, a dans son intervention sur la perception des acteurs locaux sur la crise sécuritaire, prôné comme solution privilégiée, la prévention. Selon les confidences de la panéliste, la solution militaire n’est plus suffisante, il faut associer celle de la communauté. Une solution qu’elle dit proposer en se basant sur ses recherches qui ont montré que la société civile mène beaucoup d’actions sur le terrain qui contribuent énormément au niveau de la prévention.

Sohadou Diasso, spécialiste en gestion de conflits et chercheure associée à Timbuktu Institute- African center for peace de Dakar

Des actions qui contribuent, dit-elle, à éliminer certaines tensions internes. « C’est pourquoi, nous devons travailler à lutter contre tout ce qui peut être source de conflits. Donc, la solution militaire à elle seule n’est plus suffisante, il faut une participation citoyenne qui travaille sur la prévention afin d’éliminer d’éventuelles sources de tensions ».

Le deuxième paneliste du jour était le fondateur et directeur exécutif de Wathi (Dakar-Sénégal), Dr. Gilles O. Yabi qui est intervenu à travers une analyse sur l’état du Sahel d’aujourd’hui en examinant la situation sécuritaire actuelle avec un regard sur le passé. Lui a privilégié les pistes de solutions qui prennent en compte l’ensemble des dimensions.

Car il faut faire attention, explique-t-il, parce que les réponses qui seront apportées à court terme, vont avoir des impacts sur la durée. Et il faut s’assurer que ces réponses ne sont pas en train de créer des conditions de crise à moyen et long terme, précise le directeur de Wathi. Mais le plus important pour lui, c’est de changer la réponse sécuritaire et de faire en sorte qu’elle soit beaucoup plus efficace et qu’elle soit centrée sur des besoins de sécurité des populations.

Dr. Gilles O. Yabi, fondateur et directeur exécutif de Wathi

Autre piste d’action proposée par le spécialiste, c’est la question de gouvernance au regard de la perception que les populations ont des élites politiques. Et pour cela, dit-il, il faut changer les pratiques politiques et économiques dans la région et s’assurer que les ressources d’un contribuable sont bien utilisées, si on veut se donner une chance de changer la perception des populations concernant les élites politiques.

La base de résolution d’un problème passe par un bon diagnostic

La 6e session du réseau Solutions think tank (STT) se tient du 25 au 27 octobre 2021 dans la capitale burkinabè, dans le cadre du dialogue politique en Afrique de l’Ouest mis en œuvre par la Fondation Konrad Adenauer Stiftung. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre de la défense et des anciens combattants, Barthélemy Simporé, qui a salué la pertinence de l’idée de la mise en place de cette équipe d’experts de différents pays d’Afrique de l’Ouest pour mener des réflexions autour de la question sécuritaire. Selon le parrain, la base de résolution de tout problème passe par un bon diagnostic et il est plus évident qu’outre l’engagement militaire, l’expertise civile doit être mise à contribution afin d’assurer la sécurité des pays du Sahel.

Une photo de famille à l’ occasion de la cérémonie d’ouverture

Créé en 2018

La représentante résidente de la Fondation Konrad Adenauer Stiftung à Abidjan (Côte d’Ivoire) et directrice du dialogue politique en Afrique de l’ouest, Dr. Stefanie Brinkel, en s’adressant aux participants, a rappelé les circonstances dans lesquelles, le réseau Solution Think Tank de l’Afrique francophone a été mis sur place. Et selon elle, c’est un groupe multinational capable d’affronter les défis de son époque qui a été créé depuis 2018 au niveau de l’Afrique de l’Ouest francophone. Et même si sa mise en place est récente, souligne-t-elle, le travail effectué sur le terrain est à apprécier et il entend contribuer au développement, économique et social du continent.

Et au directeur exécutif du CAPES, Dr. Daniel Kaboré, d’ajouter que le réseau Solution Think Tank de l’Afrique de l’Ouest compote en son sein treize structures émanant du secteur public et privé de six pays membres fondateurs. Il s’agit de l’Angleterre, du Benin, du Burkina Faso, de la Cote d’Ivoire, de la Guinée et du Sénégal. Un groupe conçu, selon lui, sous le leadership de la Fondation Konrad Adenauer Stiftung.

Yvette Zongo
Lefaso.net

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