CMA de Pissy : SOS gynécologue pour la maternité

Ils sont au nombre de quatre (04) selon cette sage-femme qui nous a reçu ce weekend pour nous dire de repasser lundi. »Il faut venir très tôt, car ya beaucoup de patientes », nous prévient-elle. Et nous revoilà ce lundi 26. Il est 4h quand nous franchissons la porte du CMA, pour prendre le rang devant des bureaux non encore ouvertes. Quelques instants après, ce sont les dames chargées de la propreté qui nous sollicitent pour accomplir leur tâche, alors que le nombre de femmes en gestation grossissait de plus en plus avec les premières lueurs de l’astre du jour. Dans ce service, point de répis pour ceux qui y travaillent, encore moins celles en travail.

Entre les gémissements de douleur, les grondements de colère des sage-femmes et les plaintes des accompagnants, la nuit ne connaît guère de silence, animée également par les incessant aller et venu entre le dépôt pharmaceutique ou la pharmacie, le cas échéant, et les couloirs de la maternité. Seul le cri strident d’un nouveau-né, accompagné des « Alhamdulillah » ou « Alléluia », vient rompre l’atmosphère pesant de cet « univers inhumain » et rappeler qu’ici, pourtant, naissent des vies.

Il est 7h et quart quand le premier bureau s’ouvre pour recevoir ses premières patientes, la plupart référencée dans cette formation sanitaire. À peine rentrée, la première est ressortie toute triste : « elle dit de revenir mercredi ; ya pas de gynécologue qui consulte aujourd’hui. » Et le même refrain est répété à nombre d’entre elles, obligées de rebrousser chemin. Elles, qui ont attendu 4h d’horloge et souvent plus pour certaines, doivent revenir mercredi. Et ce n’est pas sûr : « depuis le 14 je fais les va-et-vient. nous sommes au 26 et je dois encore patienter jusqu’à mercredi. Pourtant j’ai subi deux césariennes et il m’est recommandé de ne pas attendre d’avoir mal. » Marmonne une des congédiées.

« À ce rythme, on finira par accoucher sans consultation gynéco » renchérit une autre toute triste.
Pendant qu’elles devisaient sur leur sort, un spécialiste fit son entrée et s’engouffre dans son bureau à 8h 10. Celles qui ne sont pas hatées de partir y accourent mais vont déchanter 30mn après. « Ce médecin est là pour les interventions et non pour les consultations. Ceux qui sont commis à cette tâche sont absents : il est un qui est malade et l’autre est en formation au ministère. » Explique une dame, visiblement dans le secret de l’information et qui est venue échanger avec le médecin. « Comprenez qu’il ne puisse pas faire les interventions et consulter à la fois; les cas de double cicatrisation de l’utérus qui ont des douleurs peuvent aller directement en salle d’accouchement. ce sont des cas d’urgence »précise-t-elle.

Et les voilà quitter les lieux tout en ruminant leur colère… et qu’elle colère? elle de femmes désillusionnées et ENCEINTES.
Gare à celui qui se retrouvera sur le chemin de l’une d’elles.
Courage à nos mères, nos épouses et nos moitiés !

 

Source: Alassane Ouedraogo sur sa page Facebook

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