Baccalauréat 2021 au Burkina : Les candidats entre stress et optimisme à la veille des épreuves

Le coup d’envoi du baccalauréat 2021 au Burkina Faso sera donné ce jeudi 8 juillet 2021. En attendant cette date, chaque candidat parachève sa préparation à sa manière. Certains en groupes, d’autres en solitaires… Des candidats que nous avons rencontrés ce mardi 6 juillet dans les lycées Nelson Mandela et Marien N’Gouabi à Ouagadougou se disent confiants. D’autres se disent stressés.

C’est aux environs de 10 heures et quart que nous arrivons au sein du lycée Nelson Mandela. Certains isolés sous les arbres, d’autres en groupes, des élèves des classes de terminale (Tle) passent en revue les différentes matières enseignées au cours de l’année scolaire. Inès Roumba, 20 ans, est une élève de Tle A. Retranchée dans une salle au fond de l’établissement avec dix autres camarades, elle fait des exercices de mathématiques en compagnie de leur professeur.

Dans un calme olympien, les onze candidats écoutent et suivent activement les explications et conseils de leur enseignant. « Je n’ai pas peur pour l’examen », affirme Inès Rouamba, assise au premier rang dans la salle. « Avec tout ce que j’ai appris au cours de ces neuf mois, je pense que j’ai les armes nécessaires pour m’en sortir », a-t-elle ajouté et promet de réussir son examen au premier tour, elle qui est à sa première fois.

Inès Rouamba déterminée à affronter le Bac

Abdoul Manaam Ouédraogo est lui aussi dans les mêmes dispositions d’esprit que sa camarade Roumba. Il dit être venu faire des révisions en mathématiques pour « combler ses lacunes » dans cette matière. Cette matière, dit-il, est notre « bête noire ». Toutefois, il espère lui aussi décrocher son baccalauréat dès le premier tour.

« Nous avons peur »

Mariam Ouédraogo, candidate au bac D, n’est pas dans le même état d’esprit que les autres. Nous l’avons rencontrée lorsqu’elle était en plein exercice de français avec deux autres candidates. Très discrète, les yeux rivés au sol, elle use de tous les moyens pour fuir notre micro. Après plusieurs tentatives, elle finit par céder et nous explique sa réticence. Elle se dit stressée et apeurée dès qu’elle pense à l’examen. « Nous avons vraiment peur surtout que les résultats du BEPC n’étaient pas reluisants », a-t-elle lancé. Elle craint que le scénario ne se reproduise au niveau du bac aussi.

Pour Mariam Ouédraogo, la peur sera vaincue le jour de la composition

Même appréhension exprimée par Boukari Ouédraogo qui a préféré s’isoler pour les dernières révisions. Pour lui, l’inquiétude s’explique par la manière dont les cours ont été achevés. « Nous avons fini nos cours, mais comment ? La crise qui a émaillé l’année scolaire a bouleversé les programmes. Il y a des professeurs qui ont achevé à la sauvette sans que les élèves n’y comprennent quelque chose. Imaginez si l’un des sujets porte sur un des derniers chapitres… », s’interroge cet élève de la Tle D, calfeutré dernière un arbre, loin des bruits. En tout état de cause, il espère décrocher avec brio son premier diplôme universitaire.

Pour le candidat Issa Kouanda, « l’heure n’est plus aux révisions », mais au « repos ». « Je me sens en confiance et je n’ai pas peur parce que j’ai déjà l’expérience », a laissé entendre ce redoublant qui, visiblement, n’hésitait pas à détendre l’atmosphère parmi les nouveaux.

Boukari Ouédraogo pense que le temps ne sied plus aux travaux de groupe

« Si jamais on nous trahit… »

Au lycée Marien N’Gouabi, l’engouement n’est pas le même qu’au Nelson Mandela. Nous avons aperçu peu de candidats à notre passage autour de 12 heures. Les quelques rares qui étaient sur les lieux, étaient pour la plupart de la série D. A partir de la porte principale du lycée, on pouvait entendre le langage mathématique : « si X et Y.… ». Un groupe de trois candidats que nous rencontrons exprime sa confiance. Faisant le parallèle avec l’examen du BEPC, l’un des candidats déclare dans l’anonymat : « Si jamais on nous trahit, nous allons siffler ». Pour lui, il y aurait eu trahison au niveau du BEPC avec un sujet unique dans les matières d’histoire-géographie et de sciences de la vie et de la terre (SVT). « Les élèves ne s’attendaient pas à un sujet unique. Et c’est ce qu’on leur a imposé », a-t-il lâché.

Pour cette année 2021, ils seront au total 154 775 candidats, toutes séries confondues, qui composeront à l’examen du baccalauréat 2021 sur l’ensemble du territoire national. On note également 27 598 candidats libres dont 15 527 garçons et 12 071 filles. Le plus jeune candidat est âgé de 15 ans et le plus âgé de 64 ans.

Serge Ika Ki (stagiaire)
Lefaso.net

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