Axe Namsiguia-Djibo : A quand la fin du laxisme des autorités burkinabè ?

Le tronçon qui relie Namsiguia (province du Bam, région du Centre-Nord) et Djibo (province du Soum, région du Sahel) est devenu une zone rouge. Il comprend plusieurs points de contrôles où des cars de transport et de marchandises sont fouillés, et les identités des passagers contrôlées. Sur cet axe, encore, le pays a enregistré une perte avec l’assassinat du grand imam de Djibo, le 15 août 2020. Malgré le nombre important de morts et le sang d’anonymes qui continuent de souiller ce tronçon, le silence des autorités fruste bon nombre de Burkinabè, et suscite une tempête de questionnements.

Les autorités ont été plusieurs fois interpellées sur le calvaire des populations sur le tronçon Namsiguia-Djibo. Mais rien, c’est le silence total. Seulement une trentaine de kilomètres qu’un pays souverain peine à sécuriser mais se dit capable de sécuriser tout un pays pour des élections. Un pays qui vient même de célébrer le soixantième anniversaire de son accession à l’Indépendance.

Comment peut-on comprendre que dans un pays, des cars de transport en commun, de marchandises et des véhicules personnels soient fouillés par des terroristes au su et au vu des autorités ? Et elles ne réagissent pas pour apporter des réponses adéquates à la situation. Cette zone est-elle une partie qui n’appartient plus au Burkina ? Si c’est le cas, que l’on informe les populations pour que chaque Burkinabè prenne ses précautions. Sinon, à cette allure, on n’est pas loin d’un État dans un État.

Quand les terroristes ont décidé, de mars à mai 2020, d’interdire l’accès à Djibo par cet axe, bloquant tout ravitaillement de la ville, rien n’a été entrepris pour sécuriser ce tronçon. Pourtant, le 18 juin 2020, lors de la visite en hélicoptère du président du Faso Roch Kaboré à Djibo (province du Soum, région du Sahel), les habitants avaient demandé́ la sécurisation du tronçon Namsiguia-Djibo. Mais rien jusqu’à ce que le grand Imam de Djibo, Souaibou Cissé, soit enlevé puis exécuté.

Après cet acte ignoble qui a plongé les habitants de Djibo dans le désarroi, le gouvernement burkinabè, à travers un communiqué, a condamné cet assassinat. « Où étiez-vous avant qu’on arrive à cette situation ? », se questionnent bon nombre de Burkinabè. Ce qu’on n’arrive pas à comprendre avec ce gouvernement, ce sont les communiqués toujours ponctués de certains vocables fâcheux. Dans le dernier communiqué suite à l’assassinat de l’imam, c’est le terme « lâche » qui a été utilisé. Ce terme, montre qu’elles ont échoué pour n’avoir pas pu protéger les populations et surtout l’imam, malgré les interpellations sur le tronçon.

Ces autorités, normalement, devraient avoir la dignité et le courage d’éviter certains vocables dans leurs communiqués. Elles ont échoué dans la sécurisation de ce tronçon dangereux de 30 kilomètres. Après les condamnations, les autorités sont passées à autre chose : la préparation de la course à Kosyam. Pourquoi rien n’est fait jusque-là ?

Sur cette question, la Grande muette est vraiment silencieuse, et le chef des boys ne donne pas non plus de signal positif pour stopper la peur. C’est le silence total et on ne voit rien sur le terrain. En attendant, au vu et au su des Burkinabè et même des autorités, les terroristes continuent de régner en maîtres absolus sur le tronçon Namsiguia-Djibo. Jusqu’à quand la fin du laxisme des autorités ?

Issoufou Ouédraogo
Lefaso.net

Related posts

Leave a Comment