Athlétisme : Le sénégalais Lamine Diack devant la justice française pour corruption

L’ancien président de la fédération internationale d’Athlétisme ou International Association of Atlhetic Federations (IAAF), le sénégalais Lamine Diack comparait depuis le lundi 8 juin 2020 devant le tribunal correctionnel de Paris. L’ancien patron de l’athlétisme mondial est poursuivi pour corruption, abus de confiance et blanchiment en bande organisée, notamment pour son implication présumée dans un système de corruption destiné à protéger des athlètes russes accusés de dopage. Cinq autres co-accusés dont son fils Papa Massata Diack ex-conseiller marketing de l’IAAF, comparaissent également devant la justice française.

Ouvert à Paris le lundi 8 juin 2020, le procès de Lamine Diack, ancien patron de la fédération internationale d’athlétisme se poursuit ce mercredi avec la deuxième audience. Etaient présents à la barre, Lamine Diack, son ancien avocat Habib Cissé et l’ex médecin de l’IAAF Gabriel Dollé. Les deux responsables russes et le fils de l’ancien président de l’IAAF Papa Massata Diack manquent à l’appel. Dès lundi, le tribunal a entendu Gabriel Dollé ancien responsable du service médical et anti-dopage de l’IAAF.

Poursuivi pour corruption passive, il dit avoir été sollicité par Lamine Diack en fin 2011 pour retarder les procédures de sanctions contre les athlètes russes soupçonnés de dopage. Toujours selon Gabriel Dollé, l’ancien numéro n°1 de l’athlétisme voulait obtenir des sponsors russes pour les jeux olympiques de 2012 car les comptes de l’organisation étaient dans le rouge. D’où la nécessité de freiner les sanctions en l’encontre des athlètes russes. Pour ses services rendus, l’ancien responsable du service médical et anti-dopage avoue avoir reçu 190 000 euros de la part de Lamine Diack et de son fils Papa Massata Diack.

Ce mercredi 10 juin 2020, c’est le tour de l’ancien dirigeant sénégalais de l’athlétisme mondial d’être entendu par les juges de la 32e chambre correctionnelle du tribunal de Paris. Pour le deuxième jour de son procès ce 10 juin, la cour s’est intéressée aux contreparties qu’aurait obtenues Lamine Diack en échange du ralentissement des procédures de sanctions des athlètes suspects.

Il s’agirait de contrats de sponsors et de droits télévisés pour la fédération, mais aussi d’un financement de l’opposition à Abdoulaye Wade pour les campagnes électorales de 2012 au Sénégal. Agé de 87 ans, Le parquet national financier français l’accuse d’avoir obtenu 3,45 millions d’euros auprès d’athlètes russes soupçonnés de dopage afin de dissimuler les allégations et leur permettre de continuer à participer aux compétitions, notamment aux Jeux olympiques de Londres en 2012. Des accusations jugées sans fondements par ses avocats.

C’est son ancien avocat et ex conseiller juridique de l’IAAF Habib Cissé, qui a ouvert la balle des auditions de ce mercredi. Souhaitant apporter des précisions sur certains éléments, l’ex-conseiller dit n’avoir jamais été un mandataire de Lamine Diack. « Je n’intervenais pas dans la négociation des contrats de sponsoring. J’intervenais dans l’assistance juridique et j’avais un rôle très limité » a-t-il déclaré à la barre.
Les auditions se poursuivent jusqu’au 18 juin 2020, date de la fin du procès.

Mamadou ZONGO (stagiaire)
Lefaso.net

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