Arrestations et exécutions extrajudiciaires dans la commune de Barsalogho : le MBDHP réagit

Le 1er Mai 2020, aux environs de 14 heures des Volontaires de la Défenses (VDD) de Barsalogho ont fait irruption dans le village de Kamsé-peulh et ont interpellé six (6) personnes que sont : Diandé Ganni, Diandé Sambo, Diandé Issa, Diandé Moussa, Diandé Yacouba et Diandé Guibrila.

Le 04 mai 2020 Barry Idrissa, un conseiller du village de Younoumba a été interpellé au marché de Gabou, un village situé sur l’axe Barsalogo-kaya ;

Le 05 mai , c’est au tour de Diandé Amadou, un ancien conseiller du village de Sanrgo et son fils Diandé Adama Agent de Santé à Base Communautaiure (ASBC) du village d’être interpellés.

Ces personnes interpellées sont accusées par les volontaires d’être de connivence avec les groupes terroristes qui sévissent dans la localité depuis un certain temps.

Saisi par les familles des personnes interpellées le 06 mai, le Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples (MBDHP) section Sanmatenga a pu rencontrer le substitut le 08 mai et le procureur près le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Kaya le 11 mai 2020 pour avoir les nouvelles des personnes interpellées car les familles sont sans nouvelles de leurs proches depuis leurs interpellations.

C’est dans ce contexte d’inquiétude et de peur généralisées des proches de ces personnes interpellées que malheureusement :

– Le 07 mai 2020 dans la matinée le corps de Barry Idrissa a été retrouvé par sa famille criblé de balles à Barsalogo ;

– Le 08 mai 2020 ce sont les corps de Diandé Amadou et de son fils Diandé Adama exécutés par balles que la population découvre à la sortie de Kaya sur la route de Pissila.

Au cours de la journée du 08 mai 2020, Diandé Moussa qui était souffrant lors de son interpellation le 1er mai décède dans sa cellule à la gendarmerie de Barsalogo.

Ces drames surviennent après tant d’autres intervenus dans la localité et restés jusque-là non élucidés comme :

– L’exécution dans la nuit du 20 au 21 juillet 2019 de cinq (5) jeunes d’une famille Sawadogo à Noaka dans le département de Pissila ;
– L’exécution à Kaya d’un ancien éducateur d’un lycée de Kaya et un commerçant au secteur 7 de Kaya en novembre 2019 ;
– L’exécution d’un jeune de la famille Sawadogo de noaka sur la route de pissila en septembre 2019 ;…

Au regard de tout ce qui se passe, le MBDHP condamne ces actes graves de violation des droits humains et rappelle que dans la lutte contre le terrorisme, le respect des droits humains, la présomption d’innocence, le maintien de la cohésion sociale et l’unité nationale constituent des principes indéniables pour venir à bout des terroristes et leurs parrains.

C’est pourquoi, il appelle :

– Les autorités et les acteurs sur le terrain à veiller à assurer de manière effective et efficace la sécurité des personnes et de leurs biens sans discrimination aucune ;

– Les autorités judiciaires à mener des investigations sérieuses et impartiales afin d’élucider ces tueries et à prendre des sanctions appropriées contre les auteurs de violation des droits humains.

Fait à kaya, le 13 Mai 2020

Le bureau de la section

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