Alimentation : Les fast-foods, l’autre alternative des Ouagalais

La restauration rapide – communément appelée fast-food – est un secteur en pleine éclosion à Ouagadougou. Il propose à la clientèle, entre autres, des sandwiches préparés à la commande, constitués de produits censés être frais à moindre coût.

Avoir facilement de quoi manger dans la journée ou la soirée devient de plus en plus aisée grâce à l’expansion des fast-foods qui proposent un menu varié qui ravit les palais des Ouagalais. Le nombre de personnes qui s’adonnent à cette occupation a considérablement augmenté dans la cité. Victor Kaboré a commencé très tôt à s’intéresser à la restauration. Tout, dès son enfance, le prédestinait à se retrouver un jour au milieu des casseroles. Convaincu que sa vocation se trouvait dans ce métier, il se fait former avant de mettre ses compétences au service d’un restaurant de la place.

La vente de fast-food est une activité lucrative, selon Victor Kaboré

Plus tard, il se met à son propre compte en ouvrant un fast-food dénommé « Vicky Fast-food et pizzeria ». Logé au cœur du quartier Tampouy, à Ouagadougou, son point de vente ne désemplit pas. Quoique très discret, M. Kaboré est aujourd’hui un spécialiste dans le domaine. Hormis les pains « chawarma » qu’il achète chez un fournisseur libanais, il propose à la clientèle une variété de pains faits maison.
Une chose qui n’est pas souvent facile dans ce domaine, c’est la disponibilité des fromages dans les supermarchés mais aussi des œufs, affirme-t-il.

L’autre couac, c’est le manque de courtoisie de certains clients, et notre cuisinier évoque ce point avec regret : « Il y a des clients qui ne connaissent pas la valeur d’un cuisinier. Ils disent être venus avec leur argent pour payer leur repas. Le reste ce n’est plus leur problème. Même dans certains restaurants où j’ai eu à travailler, ce type de mésaventure ne manquait pas ».

Rude concurrence

Malgré tout, M. Kaboré ne baisse pas les bras car pour lui, la cuisine est tout d’abord une question d’amour. « J’aime ce que je fais », clame-t-il, d’autant plus que son métier lui permet de vivre…Il lui arrive parfois d’engranger entre 100 000 et 150 000 F CFA par jour, confie-t-il. Et encore plus les week-ends. Mais comme dans la plupart des activités commerciales, il se heurte à une rude concurrence. Mais Victor Kaboré se dit confiant, lui qui a à son compte neuf employés permanents. Pour ses connaissances, c’est un modèle de rigueur dans la gestion.

De son côté, Lanikon Drabo, gérant du fast-food chez Taltalfo, déplore l’affluence de la clientèle qui, de son avis, devient de plus en rare. « A chaque ruelle du quartier de Tampouy, on trouve des points de vente », constate-t-il dépité. A l’en croire, cette situation impacte négativement son marché. Mais, affirme-t-il, il met tout en œuvre pour appâter le client. « Il nous arrive de faire des recettes entre 15 000 F CFA et 40 000 F CFA par jour », confie-t-il. Preuve que, malgré tout, le secteur de la restauration rapide prospère.

Le métier comporte des risques, rappelle Lanikon Drabo

Devant ses fourneaux de 17 heures à 3 heures du matin, M. Drabo est parfois confronté à l’insécurité. Mais cela ne l’empêche pas de s’adonner à son travail avec enthousiasme. Le gérant de fast-food dit gagner sa vie à travers cette activité. « Grâce au salaire que je perçois à la fin du mois, j’arrive à subvenir à mes besoins et à contribuer aux dépenses de ma famille », ajoute-t-il.

Assis sur une chaise, vêtu d’un pantalon jean assorti d’un tee-shirt blanc, Prince Alassane Nabi, étudiant en 1re année en administration des affaires dans une école supérieure de la place, est l’un des fidèles clients de M. Drabo. Son attachement pour le fast-food s’explique d’après lui par le fait qu’il manque de temps pour faire la cuisine. « Je rentre à la maison pratiquement dans la soirée tous les jours. Avec la fatigue et les cours à réviser, je n’ai pas le temps pour faire la cuisine. Être célibataire et vivre loin des parents s’avère difficile », explique l’étudiant. Ce qui l’attire ici : la qualité du menu proposé dans une atmosphère conviviale, l’hygiène et le gérant accueillant. Un autre client, Yannick Ouédraogo, lui, confie avoir connu le lieu par l’intermédiaire d’un ami. Depuis lors, il compte parmi « les abonnés ».

Allier les études à la cuisine n’est pas facile, a dit l’étudiant en administration des affaires

Creuser sa tombe avec sa bouche

La consommation régulière des repas servis dans les fast-foods ne joue-t-elle pas sur la santé ? Affirmatif ! Répond Yasmine Sandrine Ouédraogo/Zerbo, diététicienne-nutritionniste d’Etat, spécialiste de la prise en charge nutritionnelle des maladies chroniques. « Les mauvaises habitudes alimentaires nuisent à la santé, parce que les repas servis dans les fast-foods sont riches en sucre, en sel, en gras saturées, peu rassasiants, hyperglycémiant, et vides en calories », précise-t-elle.

Cette alimentation, appauvrie en aliments vitaux tels que les enzymes riches en sucres et en mauvaises graisses, favorise l’apparition de maladies cardiovasculaires, conduit à une prise de poids pouvant aller jusqu’à l’obésité, augmente les risques d’affection cardiaque, de diabètes et de cancer, selon Mme Ouédraogo. Des repas trop riches mettent également le foie à rude épreuve.

Les fast-foods sont dangereux pour la santé, prévient Mme Ouédraogo

Afin d’éviter de creuser notre « tombe avec notre bouche », la diététicienne a prodigué des conseils pour une vie saine. Parmi tant d’autres, elle recommande de pratiquer une activité physique au moins deux fois par semaine ; boire de l’eau en quantité suffisante (au moins 2 litres par jour) ; consommer des aliments riches en antioxydants comme les fruits et les légumes de saison. Il faut également éviter autant que faire se peut de manger dehors, réduire la consommation du sucre, sel, gras, alcool mais aussi et surtout éviter les repas servis dans les fast-foods et les aliments en conserves.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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