Agriculture : L’OCADES Caritas forme 50 jeunes au métier de fermiers agricoles à Dédougou

L’Organisation catholique pour le développement et la solidarité (OCADES Caritas Burkina à Dédougou) a procédé, le samedi 13 mars 2021, au lancement de la session de formation de 50 jeunes hommes et femmes sur le métier de fermiers agricoles. Elle a une durée de six mois et s’inscrit dans le cadre du Programme de développement intégré (PDI) financé par le ministère de la Coopération du Grand-Duché de Luxembourg.

La région de la Boucle du Mouhoun est l’une des plus grandes régions agricoles du Burkina Faso de par sa production agricole ; d’où le qualificatif de « grenier du Faso ». A l’instar des autres régions du pays, plus de 80% de sa population est agricole.

L’agriculture constitue donc la principale activité de la population, mais ne contribue qu’au moins 30% du PIB du pays. En effet, l’emploi agricole semble être dévalorisé comparativement aux emplois des autres secteurs de développement économique. Les acteurs produisent chaque année mais les résultats ne sont pas satisfaisants sur le terrain car des populations peinent à trouver à manger. D’où la nécessité de professionnaliser le métier de l’agriculture.

Le présidium lors de la cérémonie de lancement de la session de formation

C’est ainsi que l’OCADES Caritas Burkina à Dédougou a entrepris la formation de 50 jeunes hommes et femmes au métier de fermiers agricoles. Cette session de formation permettra, un tant soit peu, de valoriser ce secteur qui est la base de l’économie de la région. Elle permettra aux apprenants de mieux maitriser le domaine de l’agriculture et de l’élevage.

Ainsi, il s’agira au cours des six prochains mois d’apprendre à ces jeunes à produire des céréales, des légumes (le maraichage), à faire de l’élevage de la volaille, à entretenir les bœufs de trait et les matériels de travail. Pour le secrétaire exécutif de l’OCADES Caritas Burkina à Dédougou, l’abbé André Toé, cette formation vise ainsi à professionnaliser le métier de l’agriculture.

Visite de sites pour la formation des jeunes au métier de fermiers agricoles

« Pour cette formation qui durera six mois, il s’agira de façon spécifique, de renforcer les capacités des jeunes agriculteurs de sorte à faire d’eux, des fermiers professionnels. Il est vrai que nous avons appuyé et nous continuons d’appuyer toujours les producteurs à la base à travers des sessions de formation, des appuis techniques, mais cette fois-ci, nous avons voulu consacrer une attention particulière à ces jeunes à travers cette formation professionnalisante », a expliqué l’abbé André Toé.

Le secrétaire exécutif de l’OCADES Caritas Burkina à Dédougou, l’abbé André Toé

A l’en croire, cette formation sera sanctionnée par le diplôme de Certificat de qualification de base (CQB). A l’issue de leur apprentissage, il est prévu leur équipement afin que chacun puisse créer sa ferme. « Nous allons les accompagner pour qu’ils aient des micro-crédits, nous allons également assurer le suivi-accompagnement jusqu’à la fin du projet parce qu’il ne suffit pas de les former et les laisser », a rassuré la coordonnatrice du Programme de développement intégré, Zénabou Téguéra.

La coordonnatrice du Programme de développement intégré, Zénabou Téguéra

Améliorer durablement les conditions de vie des ménages

Cette formation s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de développement intégré (PDI) qui évolue dans la Boucle du Mouhoun depuis 2004. Le programme appuie de façon substantielle les bénéficiaires dans le secteur de l’agriculture. Il est financé par une ONG luxembourgeoise, « Chrétien pour le Sahel », et est intervenu dans une trentaine de villages.

Pour cette phase qui a débuté en 2019 et qui prend fin en 2023, elle intervient dans dix villages dont cinq de la commune de Dédougou et cinq de Tchériba. Son objectif est d’améliorer durablement les conditions de vie des ménages bénéficiaires à travers l’appui aux coopératives et aux CVD des villages d’intervention. Ainsi, sa mise en œuvre a permis de réaliser plusieurs micro-projets de développement dans le secteur de l’agriculture.

Le directeur régional en charge de la jeunesse, Siembou Zerbo

C’est ainsi qu’il est prévu le renforcement des capacités des 50 jeunes sur le métier de fermiers agricoles, en vue de leur permettre de moderniser leurs exploitations agricoles. Ainsi, chacun pourra apporter sa contribution pour l’atteinte de l’auto-suffisance alimentaire au niveau de la région et du Burkina Faso. Les bénéficiaires sont des jeunes hommes et femmes issus des dix villages d’intervention du projet.

C’est le directeur régional de la jeunesse, de la promotion de l’entrepreneuriat et de l’emploi de la Boucle du Mouhoun, Siembou Zerbo, qui a présidé la cérémonie de lancement de la session. Pour sa part, il a apprécié l’initiative du projet qui, selon lui, est en droite ligne avec les ambitions du gouvernement burkinabè. Il a par ailleurs souligné que pour aboutir à une agriculture où la production est de qualité, il faut une formation des acteurs. « C’est pourquoi, nous disons que cette formation est une initiative très louable. C’est sûr qu’à travers cela, les bénéficiaires pourront améliorer leurs conditions de vie et permettre à d’autres personnes de pouvoir bénéficier des acquis de cette formation », a-t-il laissé entendre.

La photo de famille à l’issue de la cérémonie de lancement de la formation

Il fonde espoir que ces jeunes puissent maintenir le cap afin que la Boucle du Mouhoun garde son titre de « grenier du Faso ». Pour cela, il les exhorte à suivre la formation avec plus d’assiduité et de ponctualité.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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